Spéciale Viêt Nam, années 68-74
Phương Dung
Giao Linh
Thái Thanh
Thành Mái
Carol Kim
Spéciale Viêt Nam, années 68-74
Phương Dung
Giao Linh
Thái Thanh
Thành Mái
Carol Kim
L'enfant soupira, l'air frais sur sa peau la fit tressaillir, soupirer puis entrouvrir les yeux. Quelque chose était inhabituel mais elle due attendre un moment avant de voir que la fenêtre de sa chambre était ouverte alors qu'elle était certaine de l'avoir fermée. Il lui fallut une minute de plus avant qu'une impression bizarre ne l'incite à porter la main à sa gorge et moins de temps encore pour qu'elle se rue dans la salle de bains afin d'en avoir le cœur net.
Ensuite seulement elle hurla.
Que pensez-vous qu'il fasse ainsi, il joue, s'entraîne ?
Peut-être ne le sait-il pas lui-même, pas encore. Quelque chose s'est passé en lui qui le pousse à agir de cette façon. Je soupçonne qu'il sort juste de l'adolescence, il découvre ses envies, il se découvre à travers elles, le risque qui fait battre son cœur... Plus j'y pense et plus sa jeunesse m'apparaît.
Mais qu'en sera-t-il dans l'avenir, un jour ou l'autre l'idée lui viendra qu'il peut utiliser un autre instrument. Ça ne sera qu'un fantasme durant quelques temps puis l'idée deviendra envie, l'émotion croîtra en proportion du danger qu'il courra, durant son passage à l'acte mais aussi, surtout, ensuite.
Il sourit en regardant la jeune fille endormie, d'un doigt il effleura sa gorge...
Ne nous effrayons pas inutilement.
Cela faut-il dire que nous ne pouvons qu'attendre qu'il se passe quelque chose de pire, jusqu'à quand ? Ne serait-ce pas déjà une façon de nous dire que s'il voulait tuer ce serait facile alors qu'il se contente de tracer un trait rouge sur la gorge de ses... de ses cibles, victimes étant, pour l'instant, un peu fort ?
Une espèce d'avertissement, une bande annonce en laquelle lui-même ne croit pas forcément, il joue d'abord avec lui-même mais qui sait si l'idée ne viendra pas d'aller plus loin, pas forcément pour tuer, pas tout de suite, mais pour inquiéter un peu plus, pour augmenter
Une façon de monter la mise de départ, endormir sa proie, égratigner sa gorge, laisser une arme sans autre indice.
La pointe de métal s'approcha de la peau...
La démence est parfois intelligente, elle s'avance masquée, ouvre devant l'esprit un abîme sans profondeur dans lequel il peut plonger son regard et son imaginaire, y revenant il verra plus loin, plus profond dans les ténèbres, le vertige deviendra une sensation plaisante, dans un premier temps, frustrante ensuite, il voudra une dose plus forte.
Doucement il tira la fenêtre derrière lui, monta sur la rambarde pour s'accrocher au balcon supérieur avant, à la force des bras, de l'escalader pour accéder au niveau supérieur. Finalement son entraînement à l'escalade lui servait à quelque chose.
Les portables des deux policiers sonnèrent simultanément.
Que mes crimes soient punis s'ils s'avèrent inutiles.
Les sangs qui s'écoulèrent ont étanché ma soif,
Puis coulant sur ma rage en aiguisèrent le fil.
Moissonnant mille esprits pour façonner ma coiffe.
Une vie est sans prix aimez-vous rabâcher,
Par ce biais, quelle valeur croyez-vous obtenir ?
Cent fois cent feraient un, étrange égalité,
Le zéro est seul qui puisse y parvenir.
La vie nourrit la vie, la mort est un mirage,
Quand à l'âme, parlons-en, j'ai aiguisé la mienne,
Son alliage est unique, indifférent à l'âge,
Plus fidèle à mes vœux que le serait une chienne.
Qui vivrait sans tuer serait immatériel,
Alors l'éternité deviendrait accessible.
Être soi, en conscience, malgré l'insubstentiel,
Je peux l'imaginer... Et si c'était possible ?
Spéciale Thaïlande, années 60-70
Onuma Singsiri
Louise Kennedy
Chutima Duang Porn
Buppha Saichon
Ruengrudi Phaengphongsai
Il ne vint pas, trop occupé que j'étais à vivre, à dévorer, à grossir sans me soucier de son usage, accumulant ceci, cela, du plaisir, des joies, du pouvoir et de ces objets qui, sur les murs, soulignent l'apparence et masquent l'ignorance. Tant de gens les admirèrent dont je sais qu'ils en ignoraient tout. Quel plaisir de les voir plus bêtes que moi.
Pourquoi le souvenir revint-il de cette enfance dont je n'ai gardé que frustration et cette faim que jamais je n'ai pu, ou voulu peut-être, assouvir. La boîte était où je l'avais laissée, sous une couche de poussière preuve du temps passé, chaque grain devait représenter une heure d'oubli, un jour peut-être. Un moment d'hésitation et puis j'ai retiré le couvercle. Une étrange odeur m'a sauté aux narines, celle des espoirs rongés par la réalité, j'ai soufflé sur quelques rêves desséchés, ils s'évaporèrent, illusions en lesquelles je n'aurais pas cru assez pour qu'ils vécussent plus d'un instant.
De l'ambition ne restait rien, de l'envie, pas davantage, des deux j'avais tout utilisé. Enfin, dans un vieux journal je retrouvais cette âme depuis si longtemps délaissée qu'elle en était flétrie.
Une chose si petite aurait-elle pu changer ma vie, en mieux... Aurais-je accordé plus d'importance à mes sentiments si je l'avais gardée avec moi, vécu davantage d'émotions et ressenti autre chose que ce manque continuel quoi que je fasse.
Les regrets ne la ranimeront pas, surtout s'ils ne sont pas sincères, et la sincérité est manquante dans cette boîte aux souvenirs. En aurais-je été pourvu que ma carrière et ma vie eussent été moins... enrichissantes. Nulle trace d'innocence ici, pas même une esquille, ce bien n'appartint jamais à ma famille et j'en ai transmis l'absence à mes fils, tant mieux, ils feront prospérer ma fortune. S'il y a une chose dont je suis certain c'est qu'eux, d'âmes, ils sont dénués.
Un jour ils ouvriront ce coffret... Je devine qu'ils en jetteront le contenu au feu faute d'en comprendre la nature.
Une âme ça ne sert donc à rien, à rien, à...
Rien ?
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |