Vous savez que Molière n'écrivit jamais que des pièces banales, les meilleures jouées sous ce nom furent écrites par Corneille. Ainsi la question se pose-t-elle de la paternité des œuvres signées Shakespeare dont l'auteur ne serait pas l'acteur portant ce nom mais un noble dont le rang interdisait qu'il se livrât à l'écriture.
Telle est l'intrigue de ce film de Roland Emerich qui en profite pour nous montrer les jeux de pouvoir autour d'Elizabeth 1re. Trahisons, mensonges, primauté des apparences, sourires de vipères et lâchetés diverses sont le quotidien de la cour paradant aux côtés d'une reine vieillissante mais aimant le théâtre et cet auteur extraordinaire capable d'exprimer les tourments de l'âme humaine comme personne tout en donnant à certains de ses personnages l'apparence d'influentes personnes de la Cour, qui, se reconnaissant, tentent d'interdire cette horrible chose qju'est le théâtre.
Un prétendant au trône qui privilégie l'art des mots à celui des armes, considérant que
les premiers valent bien les secondes, est indigne de la couronne quand bien même...
Pour en savoir davantage, mais pas la solution de l'énigme historique, vous pouvez aller voir ce film. Emerich sort des films catastroph(iqu)es comme 2012 pour démontrer sa maîtrise en recréant le Londres des environs de 1600 et le cadre dans lequel William évoluait.
À noter dans ce film la présence de Joely Richardson, également présente dans Millenium, elle joue Elisabeth jeune, Vanessa Redgrave, sa mère dans la vie, jouant Elisabeth vers la fin de sa vie. Une curiosité, la ressemblance, fortuite je pense, entre Ben Jonson et l'autoportrait de Gustave Courbet.


