Au large de la Colombie Britannique croisait le Béluga, sous-marin atomique gorgé de missiles affamés. Il tournait au ralenti, fauve aux abois, attendant la proie promise qui ne tarderait plus. Son commandant, plein de caféine jusqu’au cristallin observait le terminal ou s'inscrirait l'ordre fatal, alors,d'une phalange frémissante il appuierait sur le bouton létal, compterait jusqu'à 10 avant que les tuyères vrombissantes fassent trembler l'esquif féreux. Sans contretemps fâcheux cela ne tarderait pas. Il pensa à ses enfants encore juvéniles, plein d'illusions, et de rêves, qui disparaîtraient lentement, remplacés par les radiations des bombes et les céphalées insupportables qu'elles provoqueraient immanquablement.
Il contint son sourire quand apparut l'ordre, diodes vertes clignotantes, clin d’œil moqueur d'un démon satisfait. Son doigt enfonce le bouton, les infrastructures tremblent, de peur peut-être, de plaisir sûrement. Les hublots s'ouvrent et à travers l'océan les ogives se fraient un chemin vers un ciel encore pur. Plus pour longtemps.
''Immersion profonde ! '' voulut-il dire, mais les torpilles du submersible ennemi l’empêchèrent de finir ces mots. L'eau s'engouffra dans les coursives, les marins crièrent, l'animal de fer grinça et ce fut, cette fois, comme le rire moqueur de la fatalité.
Les probabilités qu'il y ait des survivants étaient faibles, espoir était l'antonyme de l'avenir qui les attendait. Supersoniques les fusées allaient frapper... Une seconde avant l’impact une paire de Nike air émergea au large de la Colombie britannique.
Sur l'une était marqué ''une fois :'', sur l'autre : ''Il fut !''

















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