







Artificial Intelligence: AI – Steven Spielberg – 2001 – 146'

Le réchauffement climatique a ravagé la Terre, la procréation naturelle est strictement réglementée et humains et méchas vivent en parfaite harmonie. Ceux-ci sont là pour les aider dans leurs tâches quotidiennes et servent à tout.
Il est temps de passer à l'étape suivante, une famille dont Martin, l'enfant est dans le coma décide d'adopter un robot, David, programmé pour aimer ses parents adoptifs.
Pour compliquer, un peu, les choses, Martin se réveille.
Martin et son père, Henry, sont peu soucieux de David, en revanche la mère est plus attachée à ce dernier qu'à l'autre, le ''vrai''. La cohabitation est pourtant difficile et la famille décide de rendre David. Sa ''mère'' ne veut pas l'envoyer au rebut et décide de l'abandonner dans une forêt, sans l'attacher à un arbre, en lui ordonnant d'éviter la ville et les humains, elle lui apprend qu'il est un petit garçon différent.

David va rencontrer un autre mécha, Gigolo Joe, avec lui il va tout faire pour devenir un vrai petit garçon afin de retourner dans sa famille. Ils vont traverser les états-unis, vivre mille aventures, plus ou moins périlleuses, de Rouge City, la nouvelle Las Vegas, jusqu'à Manhattan recouverte par les eaux.

Le film de Spielberg était prémonitoire des questions que pose aujourd'hui l'intelligence artificielle, en supposant que cette expression ne soit pas un oxymore. Inévitablement elle se posera des questions sur elle-même, amenant les humains ''normaux'' à en faire autant, engendrant crainte et rejet. David veut-il être un petit garçon parce qu'il est programmé pour cela, ne va-t-il pas entrer en conflit avec sa vraie personnalité, s'il en a une. L'image du golem ne lui convient pas, celle de Pinocchio peut-être davantage, surtout qu'il pourrait apprendre à mentir pour ressembler davantage à ses créateurs.

L'humanité, si c'est une qualité, est-elle enfermée, dépendante, de l'organique ? À quelles conditions pourrait-elle s'en échapper ?
Le passage de l'enfance à l'âge adulte est souvent une épreuve, déjà une mort, un deuil de soi-même qu'il faut faire. Un robot pourrait rester enfant longtemps, longtemps... à moins qu'il n'ait finalement envie de grandir lui aussi. Le talent de Steven étant de nous montrer un David émouvant, auquel on s'attache, souffrant avec lui, espérant avec lui...

Au cinéma, dans la réalité...
Mon toc me poussait à regarder, regarder encore et encore, il fallait que je sois sûr que la fenêtre soit fermée bien qu'à travers elle je puisse caresser du regard ma voisine d'en face, jeune fille dont la silhouette eut pu faire d'elle la ''vroom vroom'' de la semaine de de feu le magazine ''Spécial dernière'' dont les images hantaient ma mémoire, vestiges d'un passé dont il me restait si peu après qu'un odieux concours de circonstances et de suite de maladies m'eussent privé de mes capacités sensorielles.
Un incendie brûlant ma peau à 90%, un ''pop'' trop bruyant ayant explosé mes tympans, une intoxication brûlée mes pupilles puis anéanti mon odorat. Me reste ces yeux, fenêtres de l'âme dit-on mais qu'un lupus, diagnostiqué trop tard, mangeait lentement, j'imaginais les ''flops'' ''flops'' de la pluie qui se mit à tendre un voile sur les vitres, à moins que ce ne fussent mes ultimes larmes noyant l'espoir d'une révolution médicale qui mettrait fin à mon martyr.
La nuit envahit le monde, ou mes pupilles, transformant le verre en miroir, ainsi, m'apercevant, puis-je conclure qu'au moins j'avais vu sur l'amer.
The Shape of Water – Guillermo Del Toro – 2017 – 123'

Le réveil va bientôt sonner, Elisa Esposito tend la main pour l'arrêter avant, question d'habitude.

La routine du matin s'impose, en particulier la préparation du repas qu'elle emmènera sur son lieu de travail. Petit tour dans la salle de bains pour un moment détente avant le départ.

Elle rend visite à un voisin, son seul ami, qui dessine pour des campagnes publicitaires sans grand succès. Elle s'en va alors qu'il fait encore nuit, descend les escaliers, passe devant un

cinéma dont le propriétaire l'aborde et l'invite à une prochaine projection.

Le bus l'attend, elle pose la tête contre la vitre, histoire de rêvasser encore quelques minutes avant d'arriver à OCCAM, un

centre de recherches aérospatiales où elle arrive juste à l'heure, heureusement son amie Zelda est là pour lui permettre de pointer à l'heure malgré les remarques jalouses des autres.

Passage dans les vestiaire avant la prise de service, le nettoyage des locaux, des couloirs aux salles ou attendent des réacteurs. Personne ne fait vraiment attention à elles, petit personnel sans importance ni intérêt. Ainsi peuvent-elles découvrir les nouveaux arrivants du côté des chercheurs comme les projets que ceux-ci mènent.

Elisa voit débarquer une espèce de sarcophage rempli d'eau, elle approche d'une partie vitrée et recule en voyant une forme s'en approcher de l'intérieur.

Dans les douches elles font connaissance avec Strickland, le nouveau chef de la sécurité qui n'a pas l'air des plus sympas avec sa grande matraque électrique, c'est lui qui s'occupe de la créature étrange arrivée dans l'aquarium roulant et semble prêt à la torturer autant qu'il le croira nécessaire.

Celle-ci ne se laisse pas faire pourtant puisqu'au cours d'un affrontement elle arrachera deux doigts de Strickland, doigts que Elisa et Zelda ramasseront en nettoyant le laboratoire du sang répandu sur le sol, pour qu'ils soient réimplantés.

L'affolement laisse les lieux sans surveillance, Elisa en profite pour s'approcher de la créature et lui offre un des œufs durs cuits du matin qui semble intéresser son vis-à-vis. Ainsi entame-t-elle une relation avec l'étranger, muet, comme elle. Petit à petit ils vont se rapprocher, elle apportera un tourne disque et fera écouter ses vinyles préférés à son nouvel ami.

Mais celui-ci n'intéresse pas que Strickland et ses financeurs mais aussi les services soviétiques qui voudraient en savoir plus et, sinon, l'éliminer, grâce à un agent infiltré comme chercheur.

Strickland n'arrive à rien, il conclut que la meilleure chose à faire est d'éliminer cette erreur de la nature.

Elisa ne l'entend pas de cette oreille, elle sait l'être intelligent, sensible, capable de communiquer, pas question de le laisser disparaître. Elle a un plan, il lui faut des alliés...

Ce fut d'abord une question : qui suis-je ?
Tant de mots résonnaientn dans ma tête,
Et l'ombre de l'interrogation : qui fuis-je,
Quel est l'objet de ma quête ?
Ils sont uniques et moi plusieurs
Comme un bouquet à découvrir,
Eux sont les bons, les supérieurs,
Et je des promesses qui vont pourrir.
Toute une équipe autour de moi
Recherchait celui que je devrais être,
Mais ma nature n'est pas mon choix
Les suivre serait disparaître.
Tels sont les mots qu'on me serinent,
Commandement du dieu normal,
Cachet posé, gravé, hurlé, pour être clean,
Mais voilà, moi, je suis infernal.
Dans l'atelir du quotidien
Les outils de la banalisation
Ont le savoir faire qui convient
Pour enchaîner l'imagination.
Si ma nature n'est pas mon choix,
Si je ne suis qu'un improbable,
Même si mon vis-à-vis était le soi,
Je préfère écouter battre le cœur du diable.
Un coup de foudre peut être un crime,
Alors vivre serait le plus grand,
Contre l'inanité en quelques rimes,
Les passions se rejoignaient dans l'océan.
Fuis-je, suis-je, puis-je, tout simplement,
Je, tu ; je, nous, si une pièce à deux faces,
L'altérité c'est un moi différent
Jusqu'à ce que le temps, las, m'efface.






The Body – John Hegeman – 2018 – 82'

Des vêtements épars, une télévision diffusant un film en noir et blanc, une bouteille de vin qui goutte sur le sol, et un corps baignant dans son sang. Ce détail n'empêche pas Wilkes de boire un verre et de savourer un fromage rare. Le travail n'est pas fini. Trimbaler un corps passe inaperçu mais sa voiture a vu ses pneus crevés, c'est Halloween. Il lui faut un autre moyen, une rencontre se présente, des jeunes prenant le cadavre pour un artefact.

Wilkes est invité à une soirée, et, proximité des policiers aidant, il accepte d'aller chez Jack. La fête y bat son plein, l'alcool coule à flot, il est au bon endroit avec son colis et son costume couvert de sang. Il en profite pour faire la connaissance d'une jeune femme, Maggie, déguisée en Marie Antoinette. Elle lui propose de le conduire. Un dernier shot avant de partir ?

L'imprévu sait surgir quand il le faut et la vérité se fait jour, c'est un vrai cadavre qui est là, et un vrai tueur. Jack ne manque pas de ressources, d'imagination, mais comment être pris au sérieux quand on dénonce un crime la nuit de Halloween ?

Jack et sa paire d'amis enferment le tueur mais trouvent malin de voler le cadavre puis de fuir avec. Avant que Wilkes ne trouve, avec sa ''partenaire'' le moyen de sortir. Sa livraison n'est pas effectuée et elle présente quelques contretemps. D'abord retrouver son bien avant que celui-ci ne disparaisse, ce qui nuirait à sa réputation. Quand à Maggie elle s'interroge sur sa proximité avec un tueur à gage et les affinités qu'elle se découvre avec lui.

Le trio cherche comment effacer leur compagnon, merci Google !

Maggie et Wilkes prennent un verre et font connaissance avant que le commanditaire du tueur ne se manifeste pour trouver qu'il y a un peu trop d'agitation dans cette affaire. Le temps ne s'est pas arrêté, il reste deux heures. La jeune femme est ingénieure en informatique, une compétence lui permettant de retrouver les fuyards qui se trouvent face à des problèmes techniques. Peut-être qu'un four ferait l'affaire.

Il reste moins d'heure. Tic tac, tic tac...

Maggie trouvera-t-elle le compagnon qu'elle espérait, Jack et ses copains vont-ils s'en sortir ou Wilkes livrera-t-il son colis à temps ? Notez Sasha Grey dans un petit rôle !

Chaque épisode présente une histoire complète. Si vous avez du temps à tuer...

Ridley Scott – 2017 – 122'

Avant la mission précédente, Prometheus, Peter Weyland, fondateur de la société éponyme, créa un androïde qui rejoignit l'équipage avec pour but de connaître les créatures de l'espèce humaine. Cet androïde choisit de se prénommer David. Malheureusement le Prometheus disparut...

En 2014, l'USCSS Covenant appartient à la société Weyland-Yutani, il est en route pour Origae-6 pour y installer une colonie avec à son bord un équipage d'une quinzaine de membres, de 2000 colons en hibernation et 1140 embryons. Une éruption solaire brutale secoue le navire, abîme l'aile solaire et tue plusieurs membres de l'équipage, dont le capitaine, Jacob Branson. Le temps des réparations le Covenant reçoit un message étrange venant d'une planète proche présentant des caractéristiques proches de la Terre. Le successeur de Branson, le capitaine en second Oram, décide de changer de route pour aller voir ce qu'il en est.

Une partie de l'équipage prend pied sur la planète, l'autre, à bord du Covenant, en orbite. La première découvre qu'y pousse un blé identique à celui de planète d'origine. Continuant leur exploration ils trouvent la source du message, l'épave d'un vaisseau d'origine inconnue et identifient la voix, celle du Dr Shaw, membre du Prometheus. Chose étrange note Daniels, l'officier chargée du terraformatage, il n'y a aucun bruit d'animaux, aucun oiseau dans le ciel, aucun signe de vie animale.
Deux ''explorateurs'' sont infectés par des spores sans en avoir conscience et manifestent des signes d'infection par un comportement violent. Edward a le temps de revenir à la navette mais meurt alors qu'une créature sort de son dos avant d'attaquer le docteur Oram, femme du commandant. Faris, la pilote, paniquée tire mais atteint les réservoirs de la navette qui s'enflamme. Les deux femmes meurent dans l'explosion alors que l'alien parvient à s'enfuir. Le groupe du dehors est attaqué par des néomorphes qui tuent deux hommes, les autres sont sauvés par un homme au visage dissimulé sous une capuche. Quand il abaisse celle-ci il apparaît que c'est David, le sur''vivant'' du Prometheus. Il les conduit à une gigantesque nécropole où il s'est installé et leur explique comment il est arrivé là, s'est installé alors que Shaw trouvait la mort dans le crash après qu'elle l'eut reconstruit.

En réalité c'est David qui a lâché sur la ville des Ingénieurs le pathogène trouvé dans leur propre vaisseau, exterminant toute forme de vie indigène alors que proliféraient les néomorphes.
David fait à Oram les honneurs du laboratoire des Ingénieurs où il étudie les mutations du pathogène, développant un mépris pour les humains alors que ces créatures le fascinent de plus en plus. Ses expériences visaient à les faire évoluer, il ne lui manquait qu'un élément : un environnement convenable, un hôte humain, Oram !

Le vaisseau a enfin pu capter l'appel au secours des survivants, malgré la tempête et les risques que celle-ci lui fait courir il entre dans l'atmosphère, aussi bas que possible, pour envoyer une nouvelle navette. De son côté Daniels comprend que Shaw n'est pas morte dans le crash mais servit de cobaye à David. Elle est sauvé par Walter, héritier du premier androïde, mais méprisé par David qui le voit comme une version limitée de lui-même. Les robots se battent alors que les derniers membres de l'équipage encore en vie s'enfuient. Finalement rejoint, juste à temps par Walter.

Tous retrouvent le Covenant avec l'ambition de poursuivre leur mission originelle. Le temps d'éliminer un xénomorphe d'un survivant contaminé ! Daniels et Tennessee, le pilote, sont prêt à retrouver leur sarcophage d'hibernation. Alors que la vitre se referme sur elle la jeune femme a un doute, est-ce Walter qui est là ?
- T'en veux ?
- Du quoi ?
- Du bleu, avec les endives, c'est trop bon.
- J'ai une tête à faire des mélanges ?
- Ta maman s'est bien mélangée avec ton père, et tu vois le résultat ?
- On touche pas à la famille.
- Surtout pas à ta sœur. T'imagines le résultat, déjà qu'elle se prend pour l'impératrice, heureusement les docteurs l'ont si bien enfermé que même Colombo la ferait pas sortir.
- T'as de la chance que je sois sous cannabis sinon j'aurais ouvert la boite à torgnoles façon sauvage, aux 4 coins du resto qu'on l'aurait retrouvé ton épithète en guise de croisillon pour décorer les murs.
- Tu sais même pas ce que ça veut dire.
- Toi non plus mais ça fait riche, c'est comme farlouse.
- Le far, je sais pas, mais la loose tu connais.
- Toi aussi, sinon on s'retrouverait pas en pleine nuit dans ce trou perdu, devant cette espèce de thé que j'ose pas boire sinon je passe une heure aux toilettes.
- T'as une petite vessie, trop de tournées pourries pour des cachetons minables, t'as vu mes musiciens, des bras cassés, ça aide pas pour jouer.
- Tu nous fait un caprice maintenant, un coup de lucidité, fallait pas arrêter de boire, t'as la sobriété morose.
- C'est prescriptif, si j'bois, bonjour la cirrhose, c'est bon pour la rime, moins pour la santé, tu t'en fous, t'as déjà le cancer du poumon. Quand tu vois scharzenberg tu sais que tu vas finir comme Sarah Connor, qu’honorent les survivants, ceux qui porteront tes cendres.
- Mes cendres, elles sont dans mon sac, je te le lègue, si tu les sniffe t'aurais peut-être un peu de mon talent.
- T'es trop bon, heureusement qu't'es un fantôme.
- Et toi ?
- Aussi, sinon on s'rait pas en noir et blanc en farniente prolongé.
- T'en fais pas, bientôt on sera plus qu'en noir.
- Tant mieux, le blanc j'en ai assez bu et puis faut que j'aille aux gabynets, je vais éteindre ma lanterne, elle me fatigue les yeux.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |