Charles Binamé – 2014 - 100'

Santa Clara – Cuba – 1947, un enfant écoute, caché, une soprano chanter avant d'arracher un à un les pétales des roses qui lui tombent de la main.
Il est l'heure de se réveiller pour Michael, mais l’ambiance de l'hôpital n'est pas des plus motivantes.
Janvier 1966, le dialogue est enregistré entre deux médecins psychiatre, l'interrogatoire porte sur la rencontre entre le docteur Green et Michael, ils ne se connaissent pas, pas encore, mais la secrétaire, Mme Petersen, est inquiète de ce qui peut arriver. Green rapporte ce qui est arrivé lors de cette rencontre. Michael commence par se moquer de madame Petersen, sa façon de déstabiliser le docteur Green, il sait en effet ce qui s'est passé entre eux, qu'ils se connurent, eurent une enfant, Rachel, et que celle-ci est morte !
Il s'agit pour Green de retrouver le docteur Lawrence qui a disparu depuis quelques temps, mais Michael est un manipulateur, intelligent et pervers. Les anciens époux ne se sont pas vus depuis trois ans, une paie !
Michael est connu dans l’hôpital, il aime jouer, avec les gens, il aime aussi les éléphants, parler d'eux, périphrases des animaux qui se prétendent humains.
Mais le sujet de la rencontre est la disparition du docteur Lawrence ! Ce dont Michael semble se foutre complétement. Green pourtant continue l'interrogatoire, mais Michael semble ne se souvenir de rien, à l’inverse des éléphants qui ont une fabuleuse mémoire.
Patient vs impatient !
Michael finit par avouer savoir où est le docteur Lawrence, en échange de quoi il veut trois choses : que le Green ne lise pas son dossier, sa dose de chocolat quotidienne, que Mme Petersen ne soit pas impliquée !
La discussion continue, Michael fait tout pour énerver le médecin, il y parvient si bien que celui-ci finit par le gifler ! Faute majeure de la part d'un thérapeute.
Michael en est satisfait, c'est une victoire pour lui, une source d'excitation. Il n'est pas en colère, ni bouleversé, ni angoissé ; il jubile ! Tout ça parce que Mme Petersen s'absente à chaque fois qu'elle a ses règles.
Michael reconnaît avoir étranglé Lawrence, et l'avoir mis dans le placard, juste là, emballé dans un sac poubelle pour qu'il ne sente pas trop fort. Il suffit d'aller voir.
Green y va, il ne trouve qu'une boîte, noire... qui ne contient qu'un éléphant en peluche : Anthony.
Michael s'amuse beaucoup. Il finit par sous-entendre que le docteur Lawrence eut avec lui un comportement ''inapproprié''...
Un deuxième scandale sexuel dans la même clinique, ce serait insupportable. Le docteur et lui étaient amants ! Mais Michael veut arrêter. Pour convaincre Green il lui parle de photos, convainc le docteur de regarder dans un tiroir. Green hésite, accepte, trouve des photos d'éléphants, puis des images de nus...

Michael sait bien des choses sur Michel, Mme Petersen, il utilise ce savoir pour frapper les uns et les autres, là où ça fait mal, jouant sur la culpabilité, l'angoisse ou l'inquiétude.
Mais tout cela ne nous dit pas ce qui est arrivé au Dr Lawrence. Quoi qu'il ait fait, quoi qu'ai subit Michael, qu'est-il arrivé au médecin ?
Cette fois le malade modifie ses aveux, il n'est plus question d'attouchements mais d'amour. Le Dr, James, est amoureux de son patient, et c'est réciproque ! Ce pourquoi celui-ci lui offrit les photos.
Mais le docteur Green va recevoir une visite...

La rencontre, le duel devrait-on dire, continue, parler de soi pour faire parler l'autre, Michael se souvient de la raison qui lui fait aimer les éléphants, de son père... il se souvient de la chanson : ''Un éléphant ça trombe, ça trompe, deux éléphants ça... ''
Pourquoi votre mère ne vient-elle pas vous voir ?
Je l'ai tuée, reconnaît Michael. Indirectement, pour l'avoir retrouvée alors qu'elle s'était empoisonnée, il n'appelle pas les secours mais chante. Il en est à '' 78 éléphants ça trompe...'' quand elle meurt.
Finalement... mais je ne vais pas ici vous dévoiler la fin de ce film, tiré de la pièce de théâtre de Nicolas Billon, ici scénariste, que je n'ai pas pu voir. En connaître la fin n'en retirerait qu'un minimum de plaisir. Au moins cette partie d'échec ne se conclut-elle pas par un nul.
Un seuil doit exister pour que l’on tente de le franchir.
La graine donna une fleur qui en pourrissant retournera enrichir le sol pour une futur graine dont la fleur…
Je vous vois, je vous comprend, comment voulez-vous que je vous supporte ?
Si Jésus Christ pendant que Louis Braille on ne va pas s’entendre.
Ce n’est pas de l’écriture c’est une hémorragie.
Être encore jeune à cet âge c’est refuser la vie.
S’ils n’ont pas de valeur qu’ils aient une utilité.
Finalement je suis de plus en plus de mon avis.
Même l’impensable est possible.
Chacun veut le changement à condition d’être le seul à en profiter.
Je veux être compréhensible, mais pas explicable.
Tous m’entendront mais ceux qui me comprendront ne croiront pas en moi.
Hwang Sun-won - traduction de Ko Kwang-dan et Benjamin Joinau) – Zulma
/http%3A%2F%2Fecx.images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F41XRMRQ2WQL._SX313_BO1,204,203,200_.jpg)
Pak Hun est le fils d'un noble, Ojang-nyeo est fille du métayer de celui-ci. Comme il fallait s'y attendre ils tombent amoureux et en cette période de sortie de la colonisation japonaise en Corée ce n'est pas la situation la plus simple. L'idée n'est pas neuve de mettre en scène un couple socialement différent dans un contexte contraignant. Et pour ce qui est de l'être dans ce qui va devenir la Corée du Nord ça se pose un peu là. C'est le parfait prétexte pour, en suivant nos héros, découvrir le climat d'un pays en gestation, d'une société qui se construit dans la peur et sous la férule d'un dictateur.
L'Histoire de la Corée moderne se joue, et même des Corée, d'un côté le Nord soutenu par la Chine et l'URSS, de l'autre, le Sud et son allié américain. Hwang Sun-won nous montre l'établissement d'un état qui n'a pas changé depuis soixante-dix ans profitant des ''restes'' de l'administration occupante ; la vie quotidienne et son cortège de difficultés, l'angoisse de chacun redoutant l'autre, manœuvre d'un régime empêchant ainsi toute union qui se ferait contre lui.
L'épigone de Staline à Pyongyang suit l'exemple de son maître, se suivent purges, exécutions sommaires, procès truqués et jugements programmés d'avance. Les tribunaux, à l'image de la République, n'ont de populaires que le nom.
Le temps s'est arrêté en Corée du Nord, le pouvoir en place imaginant assurer sa pérennité de cette façon, et jusque-là ça a fonctionné ! L'idéologie communiste se veut égalitaire mais les apparatchiks ont remplacés les nobles, et pas pour le mieux. La pauvreté n'a pas reculé, la faim n'a pas disparu, les paysans essaient de s'en sortir comme ils peuvent, vivant au jour le jour. Certains savent pourtant profiter du vent qui a tourné, ainsi le père de Ojang-nyeo sut se mettre du côté du nouveau maître. Mais le vent qui vous pousse peut aussi vous faire tomber.
Qui est responsable ? Ceux qui profitent des événements en sont-ils pour autant à l'origine ? Les acteurs du drame, d'un drame, sont-ils mieux que des marionnettes tenant un rôle qu'ils ne comprennent ni ne maîtrisent ?
Hwang Sun-won regarde et raconte sans juger, ni les dominants d'hier, ni ceux d'aujourd'hui. Il croit en l'Humain, bon mais confronté à des forces qui le dépassent, des systèmes qui le broient. Attitude facile, ces systèmes qui les établis, ces crimes, qui les commet ?
Pak Un fait face à un dilemme, mais en bon confucéen, ne sachant pas choisir, il ne peut pas agir.


Vetrarborgin - Arnaldur Indridason – 2005

Tout commence au pied d'un immeuble de la banlieue de Reykjavík, le corps d'un enfant y est découvert et d'abord il semble qu'il soit simplement tombé d'une fenêtre. À l'examen il apparaîtra qu'il n'en était rien et qu'un coup de couteau fut la cause de son décès.
Cette fois le commissaire Erlendur est confronté aux problèmes engendrés par l'immigration en Islande, la petite victime étant métis, fils d'une mère thaïlandaise et d'un père islandais. Il va découvrir une situation qu'il ignorait, les difficultés d'immigrés se retrouvant dans un univers à l'opposé du leur.
Quels pays peuvent-il être plus différents que la Thaïlande et l'Islande, malgré leur parenté phonétique ?
Le crime est-il raciste ? L'enfant était-il bien accepté dans son école, s'y sentait-il à l'aise où avait-il du mal à vivre entre deux cultures, d'autant que son frère ainé, né d'un père thaïlandais, lui, semble désireux de quitter cette terre froide et hostile. Aurait-il été victime d'un pédophile ayant profité d'une opportunité où la vérité est-elle encore ailleurs.
Pour Arnaldur Indridarson c'est le prétexte d'observer son pays et ses habitants confrontés à une population venue d'ailleurs, eux qui vécurent longtemps en autarcie. Certains acceptent ces étrangers, d'autres s'en méfie, les voyants comme des envahisseurs mettant en danger leurs culture et traditions.
Erlendur est toujours hanté par son enfance, la disparition de son frère alors qu'ils s'étaient perdus tous les deux dans une tempête, il a les mêmes difficultés à s'entendre avec Eva Lind, sa fille. Pour ne rien arranger, son ancienne mentor, Marion, est au stade terminal de son cancer. De plus il reçoit d'étranges coups de fils et pendant qu'ils viennent d'une femme disparue depuis quelques mois et dont le mari est soupçonné du crime.
Les fils s'entremêlent et le commissaire devra faire preuve de sagacité pour trouver ce qui s'est vraiment passé.
Quel meilleur vecteur que le polar pour observer un milieu, une population, un pays ? Indridarson l'utilise pour ausculter ses concitoyens confrontés à une nouvelle immigration. Son héros est l'incarnation d'une époque qui disparaît, celle d'une Islande agraire et pauvre, habituée au froid et à la dureté du temps. Il utilise chaque enquête pour oublier sa propre vie et ses tourments, sachant bien qu'il ne peut leur échapper longtemps.
Probablement l'auteur utilise-t-il un ordinateur pour la rédaction de ses livres, mais à l'intérieur de celui-ci se tient un scalpel maniée par une main de maître. À ne pas rater !
Les dossiers de La Recherche N° 2
Définir la vie !
Juli Peretó – Jesús Catalá – Álvaro Moreno
En 1790, Emmanuel Kant propose : ''Il s'agit, par essence, d'une forme spéciale d'organisation dotée de sa propre finalité''. Pourtant ce n'est que depuis quelques dizaines d'années que les scientifiques tentent de définir scientifiquement la vie alors que cette question était jugée sans intérêt, portés par l'évolution des sciences donne une nouvelle importance à cette interrogation. Les études sur les origines de la vie sur Terre et de traces de vie sur d'autres planètes, l'ambition de créer une vie artificielle et l'appréhension des organismes vivants en tant que systèmes globaux.
/http%3A%2F%2Fpxhst.co%2Favaxhome%2Fd2%2F07%2F003607d2.jpeg)
Deux difficultés principales se présentent. D'abord la diversité des formes d'organisation du vivant, la seconde du fait qu'il est permis de penser qu'il en existe d'autres, ailleurs.
Considérant qu'elle naquit à partir de matière inerte nous pouvons déduire quelques principes généraux applicables à toutes. Définir la vie, outre l'effort intellectuel, est devenu un programme de recherche expérimentale : révéler la nature essentielle de la vie grâce à sa production en laboratoire.
Deux tendances se présentent. D'abord considérer les organismes individuels comme l'expression fondamentale de la vie. Ses partisans imaginent un réseau de réactions récursives. La théorie de l'autopoïèse illustre ce concept, il est basé sur l'existence d'un réseau de processus de production de composants régénérant constamment le réseau qui les a produits et constituant le système en tant qu'unité distincte dotée d'une limite physique. La seconde met l'accent sur l'historicité de la vie, la connexion temporelle entre les populations successives, et en constante évolution, formées par ces individus. Les organismes individuels ne sont dont qu'une partie d'un processus collectif historique qu'ils contribuent à perpétuer et dont ils sont également le résultat. La capacité d'évoluer étant la caractéristique essentielle des êtres vivants.
L'évolutionniste britannique Richard Dawkins considère la vie comme la simple sélection naturelle de gènes ou de réplicateurs (entité recopiée à l'identique de génération en génération) alors que la NASA la voit comme un système chimique autonome capable de suivre une évolution darwinienne. Un facteur commun résume la définition génétique de la vie : un système capable d'évoluer à travers la sélection naturelle.
Pour autant la vie ne se limite pas à de la matière auto-organisée, une tornade ou la flamme d'une bougie présentant cette caractéristique.
La vie n'est pas une substance mais un processus autonome et complexe. Un processus où la structure de chaque organisme est causalement liée aux structures qui l'ont précédée. L'historicité est présente dans l'étude de la vie depuis Charles Darwin. Les êtres vivants sont ce qu'ils sont pour des raisons historiques. La comparaison entre tous les êtres vivants montre que les similarités biochimiques sont plus frappantes que les dissemblances, ce qui témoigne de legs au fil du temps. La dynamique et les contingences de l'évolution façonnent la biodiversité tout au long des temps géologiques.
La vie terrestre prend la forme d'un réseau planétaire d’entités reliées dans l'espace par leurs activités métaboliques, et dans le temps, par leur descendance. La matière vivante est radicalement différente de la matière inerte, la biologie est une science essentiellement différente d'autres sciences telles que la physique.
L'évolution seule permet la complexité, l'intégration d'une série de contraintes héritées, élaborées au cours du processus évolutif. La vie est donc de la matière dotée d'une histoire individuelle, ontogénétique, et collective, phylogénétique.
L'origine de la vie serait le moment du découplage entre le génotype et le phénotype, le moment où les instructions génétiques et leur exécution se sont séparées en différentes familles chimiques-acides nucléiques et protéines. C'est-à-dire après l'invention du code génétique et de la synthèse protéique.
Le vieillard voit venir une ombre qui l'effraie,
Dont il doit accepter qu'elle était toujours là,
Seule à n'avoir jamais promis ou affirmé,
Belle amante glacée qui lui ouvre les bras.
Quand s'approche la fin, que valent les souvenirs,
Comment être certain d'avoir vécu tout ça
Un album illustré mêlant meilleur et pire,
Images floues et jaunies que nul n'emportera.
La mémoire peut s'enfuir alors que l'organique
Est encore cohérent, résistant jusqu'au bout.
Vivre n'est pas un drame, c'est tout au plus comique.
Un chemin bien long pour un simple rendez-vous.
L'enfant et le vieillard ne sont que parenthèses,
Un éclair disparu sitôt qu'il a jaillit.
Dans les cendres oubliées ne restent plus de braises,
Le dernier soupir est l'écho du premier cri.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |