Le
de implique de lire au moins cinq livres, pour le respecter j'ai pensé que je pouvais m'attaquer
aux textes fondamentaux de la Chine, impossible de ne pas commencer par le plus influent des penseurs d'Asie. Impossible que vous n'en ayez jamais entendu parler, ne serait-ce que sous forme de
''proverbes chinois'' qui, pour la plupart ne sont pas de lui. Autre avantage, ce texte est gratuitement dans une traduction de Séraphin Couvreur !
Parfois appelés Analectes, ces Entretiens compilent des discours et déclarations de
Confucius, de ses disciples et des dialogues entre ces derniers. Le Confucianisme fut quasi ''religion'' d'état, jusqu'à la formation de la République de Chine, étudier ces textes était
indispensable pour passer les ''examens impériaux'' passage obligé pour devenir fonctionnaire d'état.
On ne prête qu'aux riches dit-on, ainsi attribue-t-on à Confucius sans doute plus
qu'il ne fit et son œuvre agrégea probablement celles d'héritiers qui pour autant ne trahirent pas la pensée du maître donnant à ce livre une unité et une force qui lui permit de traverser le
temps en conservant une influence considérable.
Vivant à l'époque des Royaumes Combattant il passa sa vie à offrir ses services aux
divers princes mais mourut avant que la Chine ne s'unisse sous la férule de Qin Shi Huang. Ce dernier partisan de l'autoritarisme ne permit pas à la doctrine confucéenne de s'imposer, il fallut
que sa dynastie se voit remplacée par celle des Han qui érigea le confucianisme en doctrine officielle.
À l'instar d'autres penseurs son enseignement fut utilisé, détourné, falsifié suivant
les besoins de l'époque, le transformant tour à tour en humanisme respectueux de l'individu ou en tenant d'une hiérarchie sociale immuable. De fait, lisant, et relisant, ce livre vous découvrirez
un homme ''normal'' cherchant à améliorer la vie de ses concitoyens, aimant la musique et le gingembre (avec de la vodka, hm!), passant de l'espoir à l'affliction mais restant animé d'une joie
inaltérable, un optimisme dont je me demande s'il est synonyme de lucidité quand aux aspirations ''humaines'', impliqué à tel point qu'il en oubliait de manger.
XX chapitres segmentés en courts paragraphes, maximes et brefs dialogues mettant en
scène princes et fermiers illustrent la pensée de Confucius quand aux comportements à afficher, au respect à montrer sans pour autant se montrer jamais impératif. Le confucianisme n'a rien du
joug des religions d'autant que jamais il ne sort du cadre de la vie, de la naissance à la mort, de l'individu simple jusqu'à la conduite de l'État, incitant à se pencher sur les causes des
problèmes sociaux, la classe dirigeante se devant de montrer l'exemple, autant dire que tous les politiciens que nous connaissont devraient lire ce texte, de là à ce qu'ils le comprennent bien
sûr...
Cinq principes encadrent la pensée confucéenne : bonté, droiture, bienséance,
sagesse et loyauté, il préconisait le retour (déjà!) à la morale, soutenait les droits des faibles et les devoirs des puissants.
Pas d'au-delà, d'Enfer ni de Paradis, de menace ou promesse ; pas de dieu mais un
ordre cosmique dans lequel chacun doit tenir sa place.
Même moi ?
L'exemplarité et l'illustration valaient pour Confucius plus que théories ou rites
contraignant, la vie avant tout.
Kǒng vit le jours vers -551, il serait mort en -479 fu et zǐ signifient ''maître'', son nom 孔夫子fut latinisé par les Jésuites (de quoi je me mêle ?).