Penchons-nous, si j'ose dire, sur quelques projets à venir.
Le 27 avril, ses fondations achevées, la Kingdom Tower dépassait la surface avec pour ambition, ses 167 étages achevés, de culminer à plus de 1000 mètres pour un coût d'environ 936 millions d'euros. Des fragments de façades préfabriqués arrivent sur le chantier, le puzzle se monte petit à petit et devrait être achevé fin 2018. Sa taille définitive n'est pas révélée et pourrait dépasser largement les estimations. Pour se faire une idée la tour Eiffel ne fait ''que'' 324 mètres et la plus haute tour actuelle aux Émirats arabes unis s'arrête à 828 mètres.
Plusieurs défis étaient, et sont encore, à relever pour aboutir à ce résultat : quelle profondeur doivent avoir les fondations, quels matériaux utiliser, comment assurer la stabilité et la fabrication elle-même, il faudra bien monter les matériaux jusqu'en haut ! Sans oublier la silhouette de la tour pour assurer sa pérennité. Un concours international fut lancé et vit la victoire du cabinet de Peter Weismantle, dirigé par Adrian Smith, déjà à l'origine de la tour Burj Khalifa. La forme retenue sera celle d'un tripode, considérée comme la meilleure pour assurer la stabilité en limitant la quantité de matériaux à utiliser. Pas de longerons métalliques ici, trop longs et compliqués à installer, pas de matériaux nouveaux, que de l'éprouvé mais poussé à ses limites. D'autres problèmes techniques se posent, la résistance au vent, la gestion des besoins en énergie, la fiabilité des 57 ascenseurs ultra rapides tirés par des câbles ayant un noyau à baise de fibre de carbone, couler du béton à grande hauteur...
270 piliers de 50 à 110 mètres ont été enfoncés dans une roche jugée assez stable pour ancrer l'édifice. Trouver l'endroit adéquat dans le pays demanda une longue étude géologique. Couler par dessus une chape de béton de 5 mètres d'épaisseur et de 3719 m² et vous aurez la base nécessaire pour supporter un tel édifice. Pour lutter contre la corrosion un courant électrique constant parcourra chape et piliers. Sans oublier des capteurs permettant d'observer la moindre déformation du sol.
Reste à faire preuve de patience pour admirer le résultat final.
Si vous craignez le vertige, rassurez-vous, la tour ne sera pas habitée au dessus de 650 mètres, un hôtel de 200 chambres accueillera les voyageurs qui n'auront pas acheté un des 530 appartements disponibles. Au dessus seuls des locaux techniques seront installés dans la flèche !
La course au gigantisme des buildings ne s'arrêtera pas là. La pyramide de Khéops culmine à 146 mètres, la cathédrale d'Ulm s'arrête à 161 mètres ; il a fallu la sidérurgie pour aller plus haut et l'idée de William le Baron de créer une construction à ossature en acier.

Le premier gratte-cil, le Home Insurance Building, construit en 1884 à Chicago s'élevait à 42 mètres ''seulement''. En 1931 l'Empire State Building parvint à 380 mètres, il domina New York jusqu'en 1972 et la construction du Word Trade Center. La première tour dépassant le demi-kilomètres était la tour Taipei 101 à Taïwan en 2004.
Le record sera sûrement battu lors de la décennie prochaine, ou celle d'après, jusqu'à ce qu'une véritable limite physique soit atteinte, ce pourrait être aux alentours de 1500 mètres. D'autres idées existent pour continuer : des tours en duo, en grappe...
Quand à vivre à de telles hauteurs ça reste à tester ! Je vous laisse, il faut que j'aille faire les vitres. Je reviens dans six mois.

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