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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 05:16
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 05:43

     

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L’envie suintait de lui comme d’une éponge gorgée d’un liquide trop sombre pour être de l’eau.

- Cet endroit aurait pu servir autrement, en démonstration. Imaginons un petit délinquant, sa carrière commence par un acte anodin, pour le convaincre de respecter les lois il suffirait de le conduire ici, de lui présenter ce spectacle en précisant qu’à persister il changerait de côté de la vitre. Je suis certain qu’il aurait montré par la suite une honnêteté à toutes épreuves. Tenez, je devine que cette idée fut envisagée, commentée, avant d’être repoussée, agir ainsi aurait eu un tel effet dissuasif qu’il n’y aurait plus eu personne pour se retrouver là. Ce lieu n’existe que pour ce qui se passe ici, son coeur et son âme.

- Le secret est bien gardé, rares sont les personnes au courant. Les gardiens, mais ce mot est mal choisi, sont des prêtres.

- Prêtres de quel culte, le connaissent-ils, en ont-ils envie ?

- Diaboliquement diabolique.

- N’est-ce pas ? Ce lieu a-t-il un nom ?

- L’Antichambre.

- Jolie périphrase, signifiante.

- Nous nous comprenons.

C’était vrai, nous étions d’accord.

L’Antichambre : Promesse, menace… Si la première était la pire ?

 

Ma couche est dure, je m’y sens bien, elle se fait oublier, la pierre m’accepte. En moi flotte un voile d’angoisse agité par le vent d’une excitation montante, mon esprit frémit de dégoût, et plus encore de constater qu’il aime ça, ce n’est pas une surprise si je veux me souvenir du passé, de ce que ...

Ainsi mon destin est d’être dévoré, de devoir lutter pour quelques heures de plus. Après tout, par des vers ou humains... C’est puéril, ridicule, trop simple. Il a suffit d’une vitre pour que la civilisation croie avoir progressé, laissant derrière le verre ce qu’elle renie et redoute. Cela ne la protège pas, au contraire.

Conserverais-je assez longtemps ma lucidité pour résister à l'envie de m'abandonner à l'instinct ? La pensée est malédiction, damnation. Voilà le mot ! Je suis maudit. Je suis, mot dit !

Et j’aime ça.

Il n’y a qu’un moyen d'échapper à la démence, c'est la folie. Je comprends mal ces mots mais je sais qu’ils expriment la réalité, bientôt je saurai, il n’y aura pas d'ensuite à vivre avec.

Avant de m’allonger, j’ai mangé. Reconduit j’ai découvert des aliments sur le sol, viande et légumes sur une tranche de pain. Je n’ai rien laissé et tant pis si ces aliments profiteront bientôt à d’autres. Mordant je me vis devoir me nourrir d’autre chose. Une seconde d’hésitation et j’ai laissé l’avenir où il se trouvait, dans l’inexistence. J’ai découvert également de quoi écrire, de l’encre, du papier, une plume, me retournant pour interroger mon guide je n’ai vu qu’obscurité.

J’ai mangé voracement. Je relate ces moments, témoignant sans savoir pour qui. Sûr que nul avant moi n’eut cette offre. Encouragement ou prime ?

Sommeil sans rêve, réveil, à nouveau des aliments ainsi que des cubes de glace, ils ne veulent pas me donner un gobelet, pas non plus me déshydrater, parfait.

 

Je reprends la plume après un petit voyage. Le couloir étant éclairé, je m’en suis approché. Personne, je me suis enhardi. Une promenade qui ne m’appris rien, des couloirs, des couloirs et encore des couloirs avant de retrouver mon antre.

Détail : je n'avais vu aucun angle, sûrement pas un hasard.

 

Des jours, des nuits, mots qui n’ont plus de sens mais que je conserve pour me comprendre. Des appels, si le labyrinthe s’offre à moi ce n’est pas pour rien. L’absence de découverte est de ma faute. Qui éclaire, qui m’attire…ou quoi ? Attendant depuis combien de temps, si ce mot a un sens pour…Cela !

 

Le rythme du temps est hypnotique. Le quotidien disparaît, je retrouve ce que je ressentais jadis. Écrire fut longtemps mon activité principale, une menace pour la société alors que mes textes me paraissaient anodins. Signe que d'autres lisaient par-dessus mon épaule et qu'ils souhaitent le faire encore.

 

Cette fois c’est la fin, bientôt il me faudra partir.

 

Une nouvelle fois la lumière m'attira, habitué, mon esprit ne fit plus attention au décor immuable. Mais je fus surpris quand en me retournant après une heure de marche je découvris l'entrée de ma demeure. Cette fois le rituel allait être brisé.

 

Un nouveau demi-tour, devant moi une ouverture sombre, je m’en approchai, au moins voir ce qui s’y trouvait. Impossible, les ténèbres refusaient la lumière, ils acceptèrent mon corps et je me retrouvai dans un tunnel. Les murs n’étaient pas lisses comme au-dehors, travaillés par d’autres mains peut-être. J’étais là, autant avancer, ce que je fis jusqu’à un escalier, le premier, une rupture avec le reste de l'édifice.

Je crus que la descente ne cesserait jamais jusqu’à ce que je trébuche sur le sol tant mes jambes avaient pris le rythme des degrés. Une nouvelle salle, gigantesque à en croire les échos de mes pas. Quelques secondes d’arrêt, sans bouger les pieds je tournais la tête jusqu’à m'adapter à une infime luminosité qui me suffit pour visualiser l’endroit où je me trouvais, une caverne phénoménale semée de piliers colossaux, je devinai qu’en les prolongeant ils déboucheraient dans la salle que j’avais traversée une fois les portes d’argent passées.

Sans le savoir, le vouloir, j’avais découvert ma destination.

Je me mis en marche jusqu’à distinguer un mur blanc devant lequel je m’arrêtai, ce que je ressentais était si violent que je ne pouvais douter avoir trouvé le secret qui m’avait appelé.

En tremblant je touchais cette surface étrange, elle n’était pas lisse, plutôt parcourue de reliefs doux, non, ce n’est pas ça, c’était comme un cocon, une boule constitué d’un fil…

Je posai mes mains, l’émotion fut intense, de prodigieuses visions envahirent mon esprit. J’eus froid, puis chaud, j’entendis un vent que je ne ressentis pas, des bruits étranges, des sons gutturaux, des cris qui me semblèrent ordonnés, maîtrisés, je n’étais plus dans une caverne mais ailleurs, je ne sais où, entouré de sphères qui me parurent minuscules alors que je les sentais immenses. L’air me manqua, au moment de m’évanouir je perçus au cœur du tumulte les éclats d’un rire indicible qui me secoua sans que je puisse lui résister.

Ensuite ? Je ne sais pas ! J’ai rouvert les yeux dans ma cellule. Tait-ce un songe ? Tout semble l’affirmer, c’est peut-être la vérité mais qui sait ce que montrent les rêves ?

Écrire, vite, les mots m’échappent, je ne sais plus les utiliser tant ce que je voudrais décrire dépasse mon savoir, mon expérience.

Ce n’est pas de la peur que je ressens, pas seulement, du trac, de l’appréhension, comme avant un examen.

Que puis-je gagner ?

Mon guide m’attend, quelques mots encore, Un adieu ? A qui, à quoi ? Le monde est loin, les autres ne me ressemblaient pas, ou était-ce l’inverse ? Trop à dire, pas le temps, l’éternité serait insuffisante pour expliquer, eux, comprendront-ils ?

Une ultime faveur, j’ai envie de… Je ne sais plus, trop tard pour vouloir, je suis secoué par trop d’émotion, trop de violence.

Le gouffre est tentant, sauf si la chute ne doit jamais cesser.

Je laisse ces pages derrière moi, avant de disparaître.

 

Il m’attend !

Je me sens sourire, c’est bon signe.

 

Mais pour qui ?

 

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 05:40
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 05:37
 

                                                 3

Quand l’enfer apparut je sus avoir trouvé ma destination par la force que je sentis couler dans mes veines, embrasant mes os et purifiant mon âme dans un brasier impossible.


Décrire ?

Chacun conçoit l'enfer à sa façon. Beaucoup contemplant ce spectacle auraient vu des démons livrés à leurs turpitudes, peu auraient acceptés une proximité avec ces créatures dépouillées des apparences culturelles et réduites au fondamental, à cet originel que l'humain voudrait oublier faute de savoir l'effacer.

Je m'ouvris aux images qu’elles éveillèrent, je découvris des recoins de mon âme où croupissaient des formes étranges, des désirs impossibles, mais si excitants ! Je me perçus bloc attendant la force qui lui donnerait forme.

Une vaste étendue sans relief hormis une espèce de fontaine en son centre ; couverte de traces, parsemée d'ossements parfois encore vêtus, avec, immobiles mais attentifs quelques êtres ressemblant à des souvenirs. Chacun se tenait dans des frontières visibles, territoire qu'il défendrait jusqu'à la mort, veillant sur son trésor, quelques os porteurs de lambeaux de chairs, synonymes pour lui d'un temps supplémentaire avant qu'à son tour... J'en vis un mordiller ce qui me parût un tibia en marmonnant. Prière ou malédiction ? Fable ou poème ? Restes d'une vie que les crocs du présent n'avaient pas, encore, rongés.

La voix me ramena au réel, face à mon avenir je l'avais oubliée.

- Je fus à votre place. Dans l’obscurité et l'angoisse, quand la vitre fut découverte, que mon regard vit ce qui est là, je ne pus retenir un sursaut, pourtant… Peu importe, revenons à vous qui avez su absorber cette vision sans en souffrir, d’autres perdirent la raison, il en fut qui ne virent qu’une salle déserte, ceux-là ne firent pas long feu une fois dans la place. A ma connaissance jamais il n’y eut de réaction comme la vôtre, c’est bien…

Je sentis qu’il voulait dire autre chose, ses lèvres se retinrent de trahir un secret qui m’en eut trop appris trop tôt.

- La société, à leur image, refuse de voir et se laisse dévorer.

- Dans le miroir attend la vérité de qui ose s’y accepter.

- Vous voyez-vous ?

- Oui, enfin, jusqu’à alors je me suis refusé, évité.

- Aurez-vous le temps de profiter de cette rencontre ?

- La compréhension prime, le temps n’a plus de sens puisque la fin est inéluctable. La mort, ses bras glacés, son haleine fétide, ses chairs gonflées... Voici sa réalité que l'on voudrait oublier. Contre elle le défi consiste à gagner une bataille, deux, plus peut-être, en sachant que la guerre s’achèvera par une défaite.

- Ensuite ?

- J’ai subi une éducation qui affirmait une continuation, elle a glissé sur moi, le moment venu je ferai face à ce qui se présentera. Si rien ne vient, si le néant m’accueille j’espère avoir le temps de pousser un soupir de soulagement.

- Je n’ai rien à vous apprendre.

- Et moi ?

- Ma situation m’ouvrit des portes, j’en fus ravi avant d'admettre qu’une resterait close. Des courants nous charrient, nous prenant ici, nous déposant là, nous réunissant puis nous séparant, contre eux nous ne pouvons rien.

- Devant nous se trouve une île hors de ces courants. C'est l'entrée que je vois sur la gauche ?

- Oui, le débouché d’un toboggan, impossible de le remonter. Voyez, personne n’en est proche mais tous guettent.

- L’odeur, les maladies ?

- La première est partout, les secondes sont rares, l’air est aseptique. La résistance du corps est prodigieuse pour lors que l’esprit ne le vampirise plus en se limitant au minimum.

- Quel est le record de survie ?

- Certains tinrent longtemps, la chance joue son rôle.

- Si l’esprit est un ennemi intérieur je tiendrais peu.

- Cela dépend de sa façon d’agir.

- Oui… S’il sait flotter sur la réalité.

Je le sentis approuver, satisfait comme un professeur découvrant que les espoirs mis en son élève préféré sont fondés.

- Ont-ils tentés de s’entendre ?

- Les intérêts sont trop personnels pour qu’une association dure.

- Depuis quand cela existe-t-il ?

- Peu après l’abrogation de la peine capitale.

- Officiellement.

- Que voulez-vous dire ?

- Ce lieu est antérieur. Cette salle est emplie de souffrance. Sentez autour de nous une ancienneté phénoménale que notre civilisation n’effleure pas, tant s’en faut. Je me souviens d’un conte faisant allusion à un lieu mystérieux, un château découvert vide et dont personne ne put donner l’âge, comme s’il avait toujours existé. Les légendes reposent souvent sur un fond de vérité. Cet endroit est caché mais pas inconnu, au cœur d’un territoire interdit pour raison de sécurité mais la sécurité de qui ? Je sais que ce puits est là depuis si longtemps que je me demande si ceux qui le creusèrent nous ressemblent.

- Vous êtes perspicace.

- Ce qui ne vous étonne pas, vous me connaissez, m’attendiez.

- Diaboliquement perspicace.

- Comprendre est œuvre satanique?

- On le dit.

- Ici c’est donc une qualité.

Il approuva.

- Cet endroit recèle un secret, vous le ressentez sans moyen de le percer et m'enviez en pensant que peux m'en approcher. Le prix est important, certes, mais pas prohibitif bien qu'au-dessus de vos moyens. Votre intelligence s'oppose à votre éducation, la première questionne, la seconde vous interdit d'approcher la réponse. C’est souvent ainsi, le savoir enferme, les territoires à découvrir restent visibles, pas le moyen d’y parvenir.

- Diabolique, vraiment.

- Seulement ?

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 05:30
 

                                                 2

Je frémis, des récits entendus dans mon enfance me revinrent. Des légendes, de ces histoires semblant nées dans de sordides imaginations que les vieux racontent aux enfants parce qu’eux-mêmes les endurèrent. Une menace souriant de sa certitude, de l’impression qu’elle produit sur celui qui vient vers elle pour se perdre, anticipant à cette vision un sort pénible.

Approchant je jaugeais cette silhouette, sa taille dépassant ce que j’avais connu, le soleil jouait sur les murs comme un enfant caresse un fauve qui le veut bien.

Plus près encore je fus frappé d’un détail, d’une absence, pas de solution de continuité, hormis la porte aucune ouverture. Cet édifice semblait taillé dans un seul bloc.

Le dater ? Je connaissais les styles anciens, aucun ne convenait. Autour de cette forme planait une aura effaçant les âges une somme d’années incompréhensible. Quel esprit avait pu vouloir cela, dépassant les limites de sa vie pour anticiper sur une réalisation nécessitant des siècles de labeur.

En quelques secondes je vis les générations qui s’étaient échinées à creuser, à polir, à faire d’une montagne cette merveille d’acharnement, roche nourrie de sang et de cadavres pour acheter sa complicité dans l’agression qu’elle subissait.

D’étranges contes me revinrent, marqués du sceau d’une terreur insidieuse réveillant en chacun sa peur la plus intime.

Les yeux clos je me rencognai dans mon siège, l’image était là, agitant des fantômes brûlants, des spectres ricanant du nouveau venant grossir leurs rangs. Jamais je n’avais fait de cauchemar, je compris pourquoi en sentant sur mes lèvres se dessiner un sourire amusé. L’avenir qui m’était imposé ne m’effrayait plus, s’il l’avait jamais fait, il m’excitait. La Forteresse était une créature au repos, en laquelle j’avais envie de pénétrer, je percevais une pulsation venue du fond des âges, un autre, au moins l’avait entendu, lui possédait les moyens de la traduire en une forme de pierre. Moi… Je ne sais pas, pas encore ! Une attente sans nom fut assouvie quand un seigneur découvrant l’écho de cet appel en comprit le sens

Enfant j’avais été menacé d’un endroit comme celui-ci. Je le reconnus, je savais d’où venaient ces insinuations alors que ceux qui les utilisent l’ignorent. Un lieu d’où l’on ne revient jamais, où règnent des démons soucieux d’apporter à leurs invités une éternité de souffrance.

Plus près je découvris qu’elle était entourée d’un précipice fantastique et naturel, elle semblait reposer sur le centre de la Terre. Derrière moi le désert, la nudité, une vie vampirisée par ce lieu mythique à l’instar de ces arbres si grands et voraces que rien ne pousse à leurs pieds.

Deux ponts-levis s’abaissèrent l’un en face de l’autre, chacun parcourant la moitié du vide, deux mondes se frôlant, seul moyen de passer de l'un à l'autre.

Dans les deux sens ?

Nous nous arrêtâmes, la porte du fourgon fut ouverte, une main anxieuse me fit signe de descendre, nul ne m’indiqua le chemin.

Inutile !

J’allais au bord du précipice, indifférent au véhicule qui repartait. La Forteresse me dominait sans que je ressente de frayeur, l’abîme me souriait. Une échappatoire ? Combien avant moi, saisis de panique avaient-ils choisis cette voie ? J’entendais leurs hurlements remonter comme si leur chute était sans fin. Il eut été indigne de ne pas poursuivre l’aventure jusqu’à son terme.

A ce moment j’en savais peu, maintenant… J’avancerais encore.

L’air changea une fois que je me fus engagé sur le premier tablier. Le fond du gouffre n’apparaissait pas, une obscurité éternelle, un piège grossier. Je continuais jusqu’à la porte.

Un couloir étroit, sombre, et, lointaine, une pointe de lumière. Les murs étaient colossaux, lisses, ainsi que le sol et la cour que je découvris. Je levais les yeux vers le donjon sans en apercevoir la cime noyée dans une lumière qui me parut autre que celle du dehors. Silence complet, rien ne troublait ma contemplation.

Le choix des mots est difficile pour expliquer ce que je ressentis, une volonté qui progresse sans savoir vers quoi, se découvrant un peu plus à chaque pas. Je sentis entre nous une connivence qui ne me surpris pas, l’absence de doute nous unissait.

Aucune présence perceptible mais je savais n'être pas seul.

Des marches hautes, un seuil allant en se rétrécissant, une porte immense en argent massif, vaste surface sculptée de milliers de formes minuscules. En les observant je sus que chacune était l'âme prisonnière de ceux qui avant moi avaient passé cette porte, réunis dans l’immortalité immuable du minéral.

Les vantaux s’écartèrent, lèvres verticales dévoilant une gueule sombre à l’haleine lourde des vies qu’elle avait accueillies.

Ils se refermèrent avec un murmure, regret, espoir…

Mes yeux s’habituant à l'infime luminosité découvrirent une salle immense semée de piliers prodigieux. A la considérer ainsi elle me parut plus grande que de l’extérieur, quelque subtil effet de perspective pensais-je sans y croire.

J'aperçus un couloir, le parcourant je découvris ici ou là d’autres voies, celles-ci restant obscures j’en conclus que la lumière m’indiquait me guidait, ainsi je serai sûr de ne pas me perdre.

Façon de parler !

Mes pas ne résonnaient pas, mes bruits me parvenaient ouatés par une distance incompréhensible, pas une seconde je ne sentis s’estomper l’attention qui m’entourait. D’un certain côté c’était flatteur, d’un autre… moins !

Finalement j’aboutis à une espèce de cellule sans porte, une pièce en forme d’entonnoir, ainsi du seuil était-il possible de la visualiser dans sa totalité, d’autant qu’elle était dénuée de meuble, ne présentant qu’une longue niche dans un mur. Le lit pensais-je avant de m’en approcher.

Mes hôtes ne s’étaient pas mis en frais pour moi, service minimum. D’un autre côté c’était le lieu idéal pour regarder sa vie d’un point de vue différent. Le passé resté au-dehors ne signifiait plus rien, l’avenir…

Dans mon dos la lumière se retira, je fus soulagé qu’il en aille autrement dans ma geôle, j’avais besoin de m’habituer.

Repartir en tâtonnant ? Ridicule ! Je ne concevais pas d’être seulement condamné à mourir dans cet isolement, autant m'abandonner dans le désert.

L’explication viendrait, me faire un sang d’encre était superflu, je m’allongeais sur la couche qui m’était offerte, le sommier était dur, le matelas inexistant, le tout pas si inconfortable que cela.

Les paupières baissées vinrent des pensées moins rassurantes.

Je les accueillis avec joie.

Mon esprit s’échappa en quête des mystères qu’il percevait, j’en parle comme d’une créature extérieure, c’est un peu vrai. Que savons-nous de lui, de ce qu’il est ou veut ? Mes mots traduisent mal ces sensations aux origines imprécises. Quelque chose était, est, proche, une puissance étrangère sans être inconnue. Il est des gens parlant de vies antérieures, d’un passé mystérieux, jamais je ne m'étais interrogé à ce sujet ne me sentant pas concerné, maintenant je ne sais plus. Délire ? peut-être, l’âme du lieu agissant pour me faire entrevoir l'improbable, tout se heurtait en moi, un moment j’allai dans une direction, l’instant suivant j’optai pour le chemin contraire. Y avait-il dans l’air un gaz mystérieux agissant sur mes sens ? Entre mes paupières se faufilait la lumière, douce, présente, prenante, oppressante finalement par l’absence d'ombre qu’elle imposait.

L’imagination permet des miracles, l’esprit l’utilise pour refuser la réalité, il dresse des plans fantastiques sur des toiles qui ne sont que des masques. Vite en forger un autre, puis un autre encore. L’usure s'accélère, plus de temps pour réfléchir, pour laisser venir la vérité, la peur fait peur jusqu’à se créer elle-même sans plus reposer sur rien.

Je me sentais marionnette, pantin sentant les fils sciant son corps mais refusant de lever la tête, sachant qu’il verrait ce qu’il ne saurait jamais oublier.

Résister ? Au contraire, que viennent les pensées le désirant, rester spectateur jusqu’à ce qu'elles s’épuisent.

Durant ces heures j’appris beaucoup, découvrant des sensations inexprimables. Le sommeil m’emporta vers une terre sereine comme la réalité ne l'est plus depuis que la vie s’est imposée.

Rouvrant les yeux j’eus une fraction de seconde la crainte de retrouver mon univers d’avant, l’évidence chassa ces funestes pensées. Je soupirai, me redressai, rien n’était différent de…

Si ! Il y avait une différence, de taille. Debout au niveau de la porte. Une forme normale, en apparence du moins car je ne vis qu'une robe dissimulant le corps, un large capuchon s’occupant de couvrir la tête. Pas un pouce de peau n’apparaissait. Les pieds mêmes étaient invisibles.

Me jeter sur elle ? J’y pensai, fugacement, j’avais pris pied sur un monde autonome dont je ne savais rien hormis que la violence que je pourrais manifester se retournerais contre moi.

Supplier ? non, restait la patience, ma principale qualité.

Elle vint vers moi comme flottant sur le sol, par ce mouvement je fus sûr qu'il s'agissait d'un homme d'une taille largement au-dessus de la mienne. Je respirai calmement, pourquoi s’affoler avant d'avoir une raison pour cela ? Je n’aime pas le gaspillage.

Ses mains, si mains il avait, se décroisèrent la longueur de ses manches laissaient tout supposer.


- Pardonnez cet accueil minimal. Nous pensons préférable que nos invités découvrent les lieux eux-mêmes. Cet endroit porte à la réflexion, la solitude et le silence ont cet effet. Ici, en plus, l’éloignement amène à laisser de côté un passé rapidement oublié. L’esprit n’est plus perturbé par la futilité, il peut chercher d’autres chemins, un jeu pour lui d’en découvrir d’innombrables, l’important étant que chacun reconnaisse le sien. Vous savez cela. Pour avoir fréquenté nombre de vos prédécesseurs je lis un peu en vous et vous comprends. Avant d’arriver en ce lieu vous eûtes plusieurs opportunités de fuite, beaucoup préférèrent cette solution, peu osèrent entrer car personne ne fut jamais forcé à cela, ou si peu… Vous attendez la suite ? Bien, prenons les choses comme elles viennent et les événements en feignant de les avoir souhaités tels qu’ils sont.

Je hochai la tête, donnant à ce geste une nuance d’approbation.

- Vous avez connu la violence, la souffrance physique et morale, l’espoir et l’affliction. Ces mots ne signifient plus rien, ce qui vous attend est... différent de ce que vous pouvez concevoir. En matière d’imaginaire vous êtes un maître. Vous connaissant j’ai décidé de limiter votre attente, vous le méritez.

Je perçus dans sa voix une sincérité juste soulignée.

- Le silence permet de préserver ses forces pour le moment opportun, il ne tardera plus. Vous avez raison de ne rien tenter contre moi. Je vous invite à me suivre, vous n’y serez pas contraint mais ma proposition ne sera pas renouvelée.

Bouger me fit du bien.

Nous nous engageâmes dans un labyrinthe dont je perdis vite le fil. Lui s’y déplaçait sans hésitation. Dans l’air flottaient d’innombrables murmures, menaces et suppliques. Des spectres passèrent devant moi, des souvenirs cherchant un écho, un instant de partage, d’apaisement. Combien de temps avant qu'une figurine à mon image finisse dans l’argent ?

Pris dans mes pensées je m'aperçus à temps qu’il avait stoppé.

- Je ne suis pas déçu. Laissez aller votre esprit, il le peut encore. Le corps lui ne sortira jamais d’ici. Certaines portes passées il n’est plus permis de retour, quand bien même s'en aperçoit-on au bruit du battant claquant derrière soi.

Je crus percevoir une intonation personnelle, une once de regret, dans ses paroles, nos regards se croisèrent je n'eus pas besoin de voir ses yeux pour en acquérir la certitude, il avait compris qu’en moi ses mots avaient trouvé une résonance.

- Dresser la liste des comportements possibles en un tel moment serait facile, seul importe le vôtre. Le calme que vous affichez, le caractère dont il est l’émanation. Ceux qui vous envoyèrent ici pensaient que vous étiez rigide, vous êtes l’inverse, rien n’est plus facile à briser que l’entêtement d’une volonté concentrée dans un seul but. Vous êtes souple, malléable au point d’épouser la forme que l’on vous donne mais revenant à l'origine dès que cessent la pression. Avant de poursuivre notre promenade je me dois de vous faire un petit discours. L’épreuve sera brève, je vous rassure. Vous savez ce que sont le monde, la société, la civilisation. Trois mots paraissant avoir le même sens, mais en ont-ils un ? Autant de costumes se voulant magnifiques qui ne sont que guenilles voilant la face de la réalité. Les organisations sociales écartent ceux qui les perturbent. Une éviction plus ou moins longue, il fut un temps où elle était définitive. Le progrès aidant… le progrès… un mot à rajouter aux précédents, passons, le progrès aidant, donc, cette condamnation ultime fut considérée comme infâme, une trace de sauvagerie à gommer, elle fut abolie. Rien ne changea, la société s’adapta, mieux elle utilisa ses opposants pour se développer. Vous le savez les vrais gêneurs sont ceux qui indiquent un possible différent, ni refus ni approbation béate, vous faites partie de cette catégorie.

Je souris de plaisir, pour un peu j’aurais rougi.

- Une nouvelle peine fut créée, l’exil, sans jamais, officiellement, susciter d'interrogation. Ceux qui le firent, officieusement, furent déportés en un territoire réservé, une disposition parfaite, non ?

J’opinai.

Il reprit sa marche, un long couloir montant nous mena dans une pièce immense, voûtée, à la lumière insuffisante.

- L’exil… Écoutez ! Sentez ! Comprenez !

Des sons ? Si… Oui, c’est loin mais ça s’approche, et puis cette odeur pesante, inquiétante, qui me pénètre et me souille d’un sens que je refuse encore. Des cris des plaintes, des menaces, une gamme complète, rare. J’ai toujours joui d’une acuité auditive exceptionnelle, une tension de tout mon être me permettant, m’imposant souvent, d’entendre des sons imperceptibles à un autre.

Je cherchai autour de moi, la salle était vide à part nous, cela ne venait pas d’en haut… Un assaut de panique faillit me disloquer, éparpiller mon âme à jamais, le regard de mon guide fut le soutien dont j’avais besoin pour résister.

Un bruit, un glissement proche, sur le sol un rai de lumière apparaît allant en s’agrandissant.

Le sol est une vitre immense.

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 05:23
 

                                                 1

Le destin sourit. Sur ma nuque son regard est moins insistant. Maintenant que me voici rendu où il le voulait une autre proie le distraira. Il sait ce qui m’attend, là, tout près. Un avantage ! Ainsi puis-je me dissimuler derrière cette ignorance pour excuser mon absence d’effort pour échapper à l’inéluctable. Un de mes mots préférés, je sais maintenant à quel point il me recouvre en me dévoilant, tel un linceul trempé.

Cette chaîne était forgée avant ma naissance, le collier se fit si doux que je ne le sentis jamais, je me suis adapté à la longe imposée, une laisse glacée et rassurante.

Dire : " Je savais, cela fut mon choix ! " serait mentir, je ne savais rien, je ne vis rien venir mais maintenant je n’ai pas de regret, seulement une sourde angoisse, une compagne qui ne s’éloigna jamais et que je croyais amicale.

Résumer ma vie ? Les circonstances qui font que je suis là maintenant ? Exercice inintéressant, des faits simples, une suite logique, jamais ou presque, je ne me suis posé de question sur mon avenir, je ne sentais pas la crainte m’attendant au tournant, et pour cause, elle était déjà en moi, l’avenir cessait au pas suivant ! L’effroi sourit, j’entends ses crocs crisser retenant leur envie de me déchiqueter pour que rien ne subsiste de moi.

Le passé ? Une famille quelconque, jamais d’opulence ni de pauvreté. J’en conserve peu de souvenirs, quelques images, comme si j’avais vécu ces instants sans m’y intéresser, rêvant, cherchant un monde que la réel ne pouvait m’apporter.

Une scolarité perturbée dès son début. Précoce, décalée, je me retrouvai avec des grands qui m’accordèrent peu d’importance, je la leur rendis, avec intérêt. La solitude fut ma complice en ces années, riche de lectures, de rêveries, de promenades. Les lieux m’attiraient par leur tranquillité, les arbres, le vent, l’absence de regard, autant de raccourcis vers un univers plus plaisant, à ma mesure. Évoquer ainsi le passé me fait revoir des professeurs qui semblèrent, brièvement, s’intéresser à moi. Que ressentaient-ils pour ce garçonnet à l’écart, seul et content de l’être ?

Je fis quelques bêtises, rien de grave, pourtant ces écarts furent les premiers pas m’écartant de la route commune, menant à cet endroit et ce qui m’y attend.

Je fus étiqueté dangereux, non par mes actes mais par un comportement d’indifférence vis à vis de la société. Elle m’aurait accepté si j’avais pris les armes qu’elle me tendait pour cela. Je n’avais rien contre elle, pas un instant je n’ai cherché ou voulu la détruire. Insupportable ! Je montrai un ailleurs inacceptable de proximité. Assassin, la marque d’infamie aurait pu s’effacer.

Des propositions me furent faites afin de me socialiser, de me normaliser, de me dresser à adopter un comportement adéquat, mais non, silencieux, serein, j'encaissai coups et brimades sans paraître en souffrir. Une partie de moi s’adaptait, avalait drogues et sermons, mon esprit riait sous cape, attendant l’occasion de se relever en affichant un regard goguenard et déplaisant.


Mon comportement devant provenir d'un psychisme altéré la psychiatrie remplaça la violence.

J’aurais pu mentir, feindre… J’aurais pu choisir un destin différent. Facile maintenant, l’avenir n’est pas modifié par des remords de dernières minutes puisque le passé n’en est pas affecté. Le défi n’est pas terminé.

Voix douces, attentions, paroles amicales et insupportables. Les hurlements s’étaient perdus, les murmures en firent de même.

- Tu peux cohabiter avec nous, cela ne dépend que de toi.

- Mais je suis vivant !

Derrière le sourire apparaissait une face brutale vite retirée pour d’autres promesses, d’autres mensonges, deux mots qui se ressemblent tant.

- La société te tend les bras, elle t’offre le bonheur.

- Je n’en veux pas.

Les yeux se perdaient, noyés d’incompréhension.

- Tu es intelligent, tu le sais.

- Et vous ?

Miroir, je renvoyai à mes interlocuteurs leur vérité. Dès lors ils n’eurent d’autres choix que me briser, que ne subsiste de moi ni trace ni souvenir, autant d’échardes dans une peau trop sensible, de risques que la plaie infectée s’étende.

Leur avenir était doux, un pré d’herbe tendre et artificielle ou paissent les moutons. Parfois il en naît un sans laine, incapable de bêler, il hurle alors afin que les autres restent sages.

La piste du néant est tentante, une pente douce, un joug léger sur un dos qui prend aisément la position adéquate. Le regard explore le sol, l’esprit oublie le ciel. En moi trop de voix désiraient s’exprimer, refusant le bâillon d’une apparente sérénité, se mêlant en un chant attirant mais inacceptable. Renoncer et un jour j’aurais senti une entêtante odeur de moisi sans pouvoir en déceler l’origine.

Ma vie s’écoula, surveillé, retenu ou libre. Lentement en moi s’imposa une violence qui couvait, un incendie qu’ils avaient deviné et entretenu afin que, se libérant, il leur fournisse l’occasion qu’ils attendaient.

Le jugement fut rapide et définitif. Il soulignait les efforts faits pour me remettre sur le droit chemin. Inadaptable ! Restait à me repousser hors d’un monde pour lequel je n’étais pas fait.

Condamné !

Ni peine, ni joie, la logique s’imposait. Une porte claqua derrière moi, un sourire couronnant une longue attente.


Le geôlier me regarde par l’œilleton, lui sait ! Son regard hésite entre moquerie et compassion. Il ouvre la porte et m’enjoint de sortir, on m’attend.

Nos pas résonnent. Sans les avoir vu je savais de nombreux condamnés dans chaque cellule. Aucune rencontre n’est possible, aucune communication. Les murs sont épais, les portes sans interstice et d’une lourdeur décourageante. Une seule fenêtre, inaccessible, une salle d’attente pour laminer l’esprit, peut-être en récupérer quelques-uns, les moins solides qui craquent au dernier moment et peuvent être remis en circulation.

L’inconnu m’attendait, ce vieil ami oublié.

Ma geôle me plaisait, allongé sur la paillasse je retrouvais les mondes qui me plaisaient, parfois ils s’estompaient, attaqués par une sombre inquiétude que je feignais de ne pas remarquer.

L’air libre ! Si j’ose dire ! Froid et triste. Le ciel est gris, le soleil ne veut pas me voir partir. Un véhicule m’attend, sa porte ouverte m’est indiquée et les visages avenants des gardes m’incitent à y pénétrer. Pas un mot, je suis un réprouvé, un rejeté bientôt effacé promis à un sort funeste que je devine.

La route devant moi est à sens unique comme la vie.

La portière claque, à l’intérieur pas de poignée, les vitres semblent d’une solidité décourageante.

Vu l’exiguïté du lieu un seul voyageur à la fois peut profiter du monde qu’il quitte histoire de lui faire regretter son entêtement. Je m’installe, le véhicule m’emporte.

Des rues désertes, une ombre parfois se faufile comme si apercevoir ce sombre cortège portait malheur. La ville, les faubourgs, la campagne enfin.

Vouloir rime avec illusoire, je me sens bien.

La longueur du voyage implique des arrêts brefs dans des relais obscurs et inquiétants, rien ne doit retarder la livraison.

Peu m'importait le temps du voyage, j’attendais en rêvassant.

Nous atteignîmes une grande forêt, des arbres immenses aux frondaisons enchevêtrées dissimulant le ciel. Nous allions aussi vite que le permettait la route, je me plaquais contre une vitre pour admirer ce paysage étrange, inédit. Je n’entendais rien du dehors mais je devinais un monde d’absence comme si ces arbres étaient un décor, un lointain souvenir, une trace oubliée que la vie ne voulut, ou ne put, réinvestir. Pas un mouvement, pas un animal pour risquer une tête en surveillant notre passage. Une indifférence totale, désincarnée.

La lumière revint d’un coup, je fermais les yeux avant de m’y réhabituer, découvrant en les rouvrant un paysage différent, désertique, une roche nue, un sol sablonneux, une étendue plate que barrait la forêt que nous venions de traverser, celle-ci disparue à l’horizon restait un infini sans ombre. Nous venions de passer une frontière pour pénétrer un univers vide qui ne saurait nous supporter longtemps.

Machinalement, ai-je cru, je me portais de l’autre côté du véhicule, j’attendais la même étendue désolée, ce fut vrai d’abord, avant que je ne distingue au loin une ombre verticale, un phare dressé au milieu d’un océan minéral.


Je dus attendre avant de découvrir la Forteresse.

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 05:26

Ne pas réaliser ses rêves pour rêver encore et refuser la formolisation.


La souffrance est l'inutile qui brûle en l'âme.


J'anticipe l'apparition d'une psychologie légale autopsiant l'esprit pour en découvrir l'origine.


Tant puisent dans la religion le mobile pour rester un foetus informe baignant dans les fausses certitudes de croyances amniotiques.


La dignité ne se prend pas, elle s'abandonne, elle ne se vole pas, elle se rend, elle est le regard que l'on porte sur soi plutôt que la dépendance au regard d'autrui.


Ne nous étonnons pas que tant privilégient leur apparence, autant soigner l'emballage de ce qui est sans valeur.


La perfection ne se dessine que sur le vide.


Se parer de belles idées, de grandes pensées pour oublier son vide intérieur. La bête craint le regard qui l'affronte mais se nourrit de la peur qu'elle inspire.


Connaître ses pulsions pour les maîtriser, sinon gare à l'inverse !


Il est inquiétant de se découvrir capable d'obéir à sa propre volonté.


La psychanalyse guérit du désir de guérir.


Se poser une question c'est creuser un gouffre aux dimensions d'un abîme ou d'un caniveau. Chacun avec ses moyens et sa sensibilité au vertige. Heureusement tant de fausses réponses existent pour permettre des interrogations en trompe l'oeil.


Le spectaculaire est rarement intéressant. L'absence se nourrit d'illusoire.

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 05:24
 

Qui nous prend au sérieux quand on a moins d'sept ans ?

On croit au Pèr' Noël, on écout' ses parents,

Les copains, les poupées, c'est le plus important,

L'école est maternelle et l'on vit en rêvant.


On se prend au sérieux quand on a dix-sept ans,

Bientôt c'est décidé, on sera étudiant,

En construisant demain nous serons des géants,

Mieux que des chiens hurlants ou des manifestants.


Deviendrait-on sérieux quand on a vingt-sept ans ?

Emportés par la vie, le boulot, les enfants,

Crédits à rembourser, bref les emmerdements,

Pour supporter tout ça y'a les tranquillisants.


Y'a mieux que le sérieux à cinquante-sept ans ?

On se sait adipeux, on se voit grisonnant,

L'ambition a fondu, la retraite est devant,

Keski¹ reste à gagner quand on est grands-parents ?


Le sérieux est contraint quand on a nonante ans,

On voudrait s'amuser, occuper tout ce temps,

Qui est là devant nous, on voudrait… mais comment

Garder son appétit quand on a plus de dents ?


Plus gâteux que sérieux quand on a cent-vingt ans,

On se moque de tout, plus rien n'est important,

Parkinson pour copain, Aloïs pour amant,

Enfin on a compris qu'on s'ra mort pour longtemps.


 

¹ général Polonais célèbre pour sa traversée de LavÕ Dkă

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 06:35
 

Pas bon, non, pas bon ! Moi je n’aime pas !


Elles ? Je ne sais pas, la mare est tellement plus sympathique, il y a des insectes, de l’espace, du jour… Bref la nature. Non, je n’aime pas cet endroit où l'art est net mais froid, pourtant il m’arrive d’y pénétrer, de m’y abriter, de les regarder. Moi aussi je suis sensible à la curiosité.


Dans le coin où je me trouvais la première fois je les ai vu entrer, lentes, presque rampantes, formes noires sur fond obscur, fantômes à l’envers. Il était tard mais j'ai eu envie d'en savoir davantage.


Elles se sont arrêtées, esquissant un mouvement pour se baisser, sans y parvenir mais en gémissant. Un pas sur le côté, un pilier, je les vois tremper un doigt dans une petite vasque puis se toucher le front la poitrine et les épaules. Je me suis approché tant ce comportement m'intriguait.



Je regrette maintenant de comprendre ce qu’elles disent, leurs paroles sont aussi sombres que leurs tenues. Ce que je n'apprécie pas en revanche c’est qu’on les appelle des amphibiens de bénitier, alors là je ne comprends pas pourcoaaaaaaa…

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 05:22
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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