Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 09:00

01net Hors-Série – Juillet-Aout 2016

ROBOTS

Stéphane Barge, avec Sylvain Biget

''Rien n'existe dans notre intelligence qui n'ait d'abord été dans

nos sens'' disait Démocrite. L'Homme s'en remet à ses sensations, les droïdes en font autant, l'intelligence artificielle serait inutile sans perception de l'environnement. Le problème étant de doter les robots d'aptitudes façonnées par la nature pendant des millions d'années. Heureusement, ou pas, le boom des nanotechnologie est en passe de nous, et leur, donner les moyens d'y parvenir en permettant la conception de capteurs minuscules et performants. Les machines sont en route pour l'empire des sens.

Yingluck Shinawatra, ex première ministre de Thaïlande, s'est fait faire un robot goûteur. E-delicious analyse notamment currys et soupes Tom yam pour vérifier que les recettes sont conformes aux goûts de sa patronne. Il utilise des capteurs électroniques imitant nos papilles distinguant cinq saveurs primaires – le sucré, le salé, l'amer, l'acide et ''l'umami'', le savoureux. Plus le piquant d'un piment, la fraîcheur de la menthe que transmet notre nerf trijumeau intervenant dans la mastication.

Les ''palais électroniques'' sont exploités par l'agroalimentaire pour déguster café, soda, et même vin. Les chercheurs de l'université de Washington utilisent la langue conçue par l'expert français Alpha MOS pour tester les crus dont l'intensité des saveurs est déterminée avec une précision moléculaire. Informations fournies aux viticulteurs qui peuvent alors modifier leurs productions.

Diya One pèse trente kilos et possède un nez inimitable. Ce robot, conçu par un polytechnicien, est doté d'un odorat capable de renifler les molécules polluant l'air des bureaux et maisons. Il aspire les composés organiques volatils et les particules fines dans le but de purifier l'atmosphère intérieure. Difficile de reproduire le fonctionnement des millions de cellules de notre appareil olfactif, ni les neurones tapis dans nos fosses nasales chargés de transmettre ces odeurs jusqu'au cerveau. Pourtant la recherche progresse, C2Sense a conçu un nez reconnaissant les fruits périmés en reniflant l'éthylène qu'ils dégagent quand ils sont trop murs. Il pourrait repérer la viande avariée libérant de l'amine ou du poisson pas frais produisant de l'ammoniac. Dans le domaine médical les nez robotisés seront plus utiles. Certains sont capables de diagnostiquer un cancer de la prostate en reniflant l'urine alors que d'autres décèlent une lésion à l'estomac en respirant l'haleine du patient. 

Votre smartphone vous entend, et vous répond, mais vous devez approcher la bouche du terminal pour que les bruits parasites ne viennent pas interférer. Les droïdes ont la même difficulté à isoler un son parmi beaucoup. Hearbo, produit par Honda, apporte des progrès avec ses 4 oreilles détectant 4 sources sonores en même temps. Le projet européen Ears ambitionne de doter les machines d'une audition plus sensible. Il utiliserait ses yeux pour mieux entendre, en analysant dans son environnement les sources de son et sélectionner la bonne.

Résultat de recherche d'images pour "bio tac"

Bio Tac, lui, est capable d'identifier au toucher une centaine de tissus, verres ou plastiques avec une réussite frisant les 100%, soit 20% de plus que les cobayes humains. Lorsque son doigt entre en contact avec une matière, sa peau de silicone, constituée de microsillons semblables à nos empreintes digitales, se déforme et propage des vibrations mesurées par ses capteurs ultrasensibles aptes à distinguer les nuances entre les textures. La nouvelle ''peau'' créée par les chimistes de L'institut national des sciences et technologies de Corée du Sud à base d'oxyde de graphène et de polymères perçoit simultanément la pression et la température avec assez de finesse pour mesurer prendre le pouls d'un patient.

Rapportée en pixels l'œil humain serait de 52 millions de points, de nombreux capteurs affiche une définition cinq fois supérieure capable de libre l'immatriculation d'un avion situé à 18 kilomètres. La puissance du capteur ne fait pourtant pas tout, le ''cerveau'' du robot doit interpréter ce qu'il voit et cela nécessite un traitement complexe. Le méthode d'apprentissage profond semble convenir pour entraîner le robot à reconnaître des formes pour les associer à des objets déjà mémorisés.

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 09:00

01net Hors-Série – Juillet-Aout 2016

ROBOTS

24 heures avec un drôle de couple : Tomomi et Pepper

Ils seront bientôt accuser de tous les maux. Ils coûtent moins

cher que des ouvriers, et la Chine fait de plus en plus appel à eux pour remplacer une main d'œuvre devenue trop chère, comme si se retrouver 8, au moins, heures par jour attaché à une chaîne de montage était une change ! Ce sont eux qui déminent, aident à des opérations demandant une minutie surhumaine, eux encore qui partent en éclaireurs dans l'espace.

Notre imaginaire nourri de films d'anticipation nous les présente dangereux à l'image de Terminator. L'avenir pourtant aura leurs visages, la robolution est en marche qui les verra communiquer pour coopérer et progresser ensemble. Il fait ses premiers pas dans les maisons de retraites et nous promet un avenir où les travaux les plus difficiles lui reviendront.

Les utopies ne sont souvent que des vérités prématurées disait Alphonse de Lamartine, la question que nous devr(i)ons nous poser est plutôt : Objets inanimés avez-vous donc une âme ?

                                                      Amaury Mestre de Laroque

Tomomi Ota est une jeune japonaise présentant la particularité, rare encore, d'avoir adopté un petit humanoïde. Elle aime la randonnée, et les robots, cela nous l'avions deviné. Elle vit encore chez ses parents, ce qui est fréquent au Japon. Si elle a déjà gravi une quarantaine de sommets c'est avec son ''ami'' qu'elle aime se promener dans les rues de Tokyo, en le poussant dans son chariot.

C'est en 2014 que cette rédactrice web acquit pour 5000 € le petit Pepper inventé par Softbank. Depuis elle ne s'en sépare plus et avoue volontiers ''Oui, je l'aime... comme j'aime mes parents''. Ceux-ci tiquèrent en rencontrant Pepper mais finirent par s'attacher à cette créature aux yeux si expressif au point qu'il fait désormais partie de la famille. Impossible d'imaginer la cérémonie du thé sans la participation du petit robot, en kimono, forcément.

Avec son compagnon elle a chanté l'Ave Maria, elle au piano, Pepper usant de sa voie de soprano. Depuis de nouveaux modèles sont apparus, plus évolués, mais Tomomi refuse d'échanger son ami contre un de ses ''descendants''. Les nouveaux savent faire trop de choses, dit la jeune femme, tout ce que mon Pepper chéri sait, je le lui ai appris. C'est ce qui rend notre relation si riche.

Partager cet article
Repost0
6 décembre 2018 4 06 /12 /décembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Steven Carlip

Imaginer la gravitation dans un espace à 2 dimensions guide les physiciens vers son unification avec la physique quantique.

La physique a toujours été en quête d'unité, Newton et Maxwell sont allé dans ce sens, un siècle après ce dernier les physiciens ajoutaient à sa théorie associant électricité, magnétisme et lumière, l'interaction faible pour créer la théorie électrofaible. La relativité générale associant l'espace et le temps en un continuum unique. Reste à unifier la gravitation et la physique quantique.

Là où ces théories devraient s'appliquer ensemble, les situations extrêmes où effets quantiques et gravitationnels sont importants, comme au cœur des trous noirs ou les premières fractions de seconde de l'Univers, elles semblent incompatibles.

Les premières études de la gravitation dans un monde à deux dimensions, dans les années 1960 furent décevante. L'espace plan semblait dépourvu de gravitation, les ondes gravitationnelles manquaient d'espace pour se propager. 2 décennies plus tard le sujet renaît quand les chercheurs s'aperçoivent qu'elle s'applique d'une façon inattendue. Hors la loi de Newton, jouant sur la forme de l’espace et pourrait y engendrer des trous noirs.

Selon la relativité générale la gravitation n'est pas une force mais une manifestation de la géométrie de l'espace-temps. La Terre tourne autour du soleil parce qu'elle se déplace en suivant le chemin le plus court dans un espace-temps courbé par la masse du soleil. Dans une théorie quantique de la gravitation, l'espace et le temps fluctuent, ébranlant la physique classique : nous ne savons pas donner un sens précis à l'espace-temps quantique.

Le temps est fondamental dans la réalité, presque toutes les théories physiques décrivent in fine la façon dont certaines grandeurs varient au cours du temps. Une notion difficile à définir précisément. Pour Newton le temps était absolu, en accord avec la mécanique quantique mais pas avec la relativité générale qui voit le temps comme une composante dynamique de l'espace-temps.

Le problème du temps a un cousin moins célèbre : le problème des observables. Une théorie doit faire des prédictions testables sur des quantités observables. Autre problème, la naissance de l'Univers. A-t-il surgit de rien ? Décrit-il un cycle éternel de périodes d'expansion suivies d'effondrements ? Est-ce une bulle en expansion au sein d'un univers parent ? Sans oublier les questions afférentes aux trous noirs, lesquels, comme le démontra Stephen Hawking, doivent émettre un rayonnement similaire à celui d'un objet porté à une certaine température qui reflète le comportement de ses composants microscopiques.

La déformation de l'espace bidimensionnel qu'induit la gravitation est plus plus simple que le motif complexe de courbure qu'elle crée dans notre Univers. Il n'y a pas d'équivalent de la loi de l'attraction newtonienne. Deux corps initialement immobiles ne tomberont pas l'un vers l'autre. Les ondes gravitationnelles et leurs gravitons ne peuvent pas être contenus dans deux dimensions spatiales.

La gravitation en 2 dimensions montre comment le temps pourrait émerger d'un cadre fondamentalement atemporel, l'univers entier pourrait être décrit par une unique fonction d'onde quantique. D'une façon ou d'une autre cette fonction d'onde ''atemporelle'' fait émerger le flux du temps tel que nous le connaissons, lequel n'existe pas déconnecté de la réalité physique. Il est toujours déterminé par un sous-système corrélé avec le reste de l'Univers.

La gravitation bidimensionnelle réserve une bonne nouvelle aux partisans des trous de vers, ces hypothétiques raccourcis entre deux points distants de l'Univers. Dans certaines versions de cette gravitation quantique on peut décrire la création de l'Univers à partir de rien, le changement ultime de topologie.

La gravitation quantique en deux dimensions était au départ un simple cadre destiné à explorer des idées sur la gravitation dans le monde réel mais ce modèle fut surprenant par sa richesse.

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Rencontre avec Pierre Binétruy, propos recueillis par Maurice Mashaal

La théorie de la relativité générale est validée par les expériences et les observations, elle a expliqué l'avance du périhélie de Mercure et prédit la déviation des rayons lumineux par le soleil et prédit les ondes gravitationnelles dont l'existence fut confirmée par le détecteur LIGO en septembre 2015. il en va de même du principe d'équivalence qui a pour conséquence que, soumis à un même champ de gravité, tous les corps chutent avec la même accélération. Démonstrations faites en champs faibles. Les ondes gravitationnelles observées naissant de la fusion de deux trous noirs confirme que la gravité en champ fort est bien décrite par la théorie. En revanche elle n'est pas encore testée dans le domaine microscopique, la gravitation n'a été mesurée qu'à des échelles supérieures au micromètre.

Aujourd'hui il n'existe pas de théorie non quantique pouvant être des alternatives à la relativité générale bien que certaines furent élaborées pour expliquer des aspects gravitationnels énigmatiques, comme la matière noire qui ne colle pas avec la relativité générale. Impossible de modifier la force de gravitation ou d'ajouter une cinquième force fondamentale. Aucune théorie alternatives ne rend compte de toutes les échelles à la fois. Peut-être la gravité est-elle irréductiblement de nature classique mais il semble qu'une théorie quantique soit nécessaire. La relativité fait apparaître des singularités au centre des trous noirs ou à l'origine du Big Bang qui posent des questions sur la structure de l'espace-temps à l'échelle de Planck (10-35 mètre) construite en combinant les trois constantes fondamentales (G, c et h) de la relativité générale et de la physique quantique. À cette échelle la gravité devient aussi intense que les autres forces qui relèvent de la théorie quantique qui décrit un monde où la matière est discontinue ; peut-être en est-il de même de l'espace-temps. Celui-ci, avec la relativité est dynamique en interaction avec la matière et l'énergie, en physique quantique il n'est qu'un cadre passif où se déroulent les phénomènes : visions contradictoires qui sont à concilier. 

La difficulté de construire une théorie quantique de la gravitation à partir de la relativité générale vient d'abord de l'impossibilité d'utiliser le procédé mathématique habituel permettant de passer d'une théorie classique à l'autre.

Deux approches sont explorées pour construire une théorie quantique de la gravitation. La première en quantifiant la gravitation en oubliant les autres interactions fondamentales. C'est la ''gravité quantique''. L'autre approche consiste à aborder de front l'unification des quatre interactions fondamentales. Elle est représentée par la théorie des cordes dans un monde à plus de 4 dimensions où les dimensions supplémentaires seraient imperceptibles car minuscules et refermées sur elles-mêmes. L'idée vient de l'étude dans les années 1970 de l'interaction forte de deux quarks, elle revint dans les années 1980 dans une théorie plus globale considérant que les objets fondamentaux de la physique ne sont pas des particules ponctuelles mais des objets unidimensionnels, de minuscules cordes dont les différents modes de vibration correspondraient aux diverses particules observées. Pour des raisons de cohérence interne elle nécessite un nombre de dimensions spatiotemporelles supérieur à 4. un temps elle a semblé constituer un cadre permettant d'unifier les 4 interactions en présentant deux propriétés : elle prévoit l'existence de particules de masse nulle et de spin égal à 2, c'est-à-dire de gravitons véhiculant la force gravitationnelle. Elle est supersymétrique, elle fait correspondre aux particules de spin entier des particules de spin demi-entier, et inversement... cette théorie ne peut expliquer l'inflation ni l'accélération de l'expansion cosmique bien qu'elle ait eu quelques succès, le calcul de l'entropie de certains trous noirs. Elle pourrait servir d'outil d'analyse plutôt que de théorie du tout.

Il faut attendre l'observatoire spatial LISA, vers 2030 qui devrait permettre d'étudier avec précision l'horizon de deux trous noirs superlatifs en coalescence, et de tester avec une précision inégalée la théorie de la gravitation.

Malheureusement Pierre Binétruy est décédé le 1er avril 2017, ses livres et contributions aux revues scientifiques restent, indispensable pour qui s'intéresse à la cosmologie et aux interactions fondamentales. Un savoir qu'il savait rendre (presque) compréhensibles par n'importe qui, moi, par exemple.

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Domenico Giulini

L'égalité entre la masse mesurant l'invertie et la masse déterminant la gravitation est au fondement de la relativité générale : c'est le principe d'équivalence.

Les théories de la relativité générale et la théorie quantique soulèvent des problèmes d'interprétation quand on tente de tester la première à l'ide d'une expérience faisant intervenir la seconde. Une difficulté apparue lorsque des physiciens ont testé ce principe avec une expérience mettant en jeu la théorie quantique. Ces théories décrivent une grande gamme de phénomènes, sont applicables de façon universelle et ne se contredisent pas dans leurs conséquences. Des constantes fondamentales leur sont attachées. La vitesse de la lumière c et la constante gravitationnelle G pour la relativité ; la constante de Planck h, pour la théorie quantique. 

D'ordinaire les effets gravitationnels et les effets quantiques se manifestent à des échelles très différentes, de sorte que les mesurer simultanément exige des précisions énormes. Les échelles indiquées par les unités de Planck sont si petites qu'il semble exclu de pouvoir s'en approcher expérimentalement. Pour autant a-t-on besoin de construire une théorie quantique de la gravitation pour savoir si un atome tombe comme une pierre, surtout si cet atome se trouve dans un état ambigu de position.

En 1884 Heinrich Hertz décrivait que ''2 quantités de matière ont les mêmes effets gravitationnels si elles ont la même inertie, quels que soient les matériaux qui les constituent'' attendant qu'une ''explication simple et compréhensible en soit possible.'' Celle-ci vint avec la relativité générale et l'unification de l'inertie et de la gravitation par l'intermédiaire d'une structure géométrique commune à l'espace et au temps.

À l'intersection de la théorie de la gravitation et de la théorie quantique apparaissent des questions conceptuelles concernant chacune des deux théories. Jusqu'à présent les études ne furent fait qu'avec un système quantique dans un champ gravitationnel classique, la prochaine étape consisterait à décrire ce champ et ses interactions avec un atome dans le cadre de la théorie quantique. Des différences notables entre la gravitation et les autres interactions devraient se manifester. Toutes les tentatives faites pour formuler une théorie de la gravitation sont parties du principe que les règles quantiques habituelles s'appliquent à la gravitation. Ces règles n'ont fait leur preuve qu'avec d'autres interactions ce qui ne signifie pas que leur physique profonde ait été comprise.

Il existe un réel espoir de préciser les relations entretenues par la gravitation et la théorie quantique, et d'envisager le principe d'équivalence d'un point de vue quantique.

Partager cet article
Repost0
21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Lawrence Krauss

Les ondes gravitationnelles ont pu être émises quand l'Univers s'est dilaté exponentiellement en une fraction de seconde. Leur détection réconcilierait physique quantique et gravitation.

Après avoir raté leur entrée en mars 2014 elles refirent la une le 11 février 2016. Cette fois émises lors de la collision de 2 trous noirs à plus d'un milliard d'années-lumières de la Terre. En détecter venant du Big Bang nous aiderait à faire le lien entre les théories du monde subatomiques et celles du cosmos mais aussi démontrer l'existence d'autres univers.

Tout commença avec deux paradoxes apparents de l'Univers primordial, depuis sa naissance il n'a cessé de se dilater mais est resté plat. Quand la matière ou le rayonnement était la forme dominante d'énergie dans l'Univers, celui-ci aurait dû en se dilatant s'éloigner des caractéristiques d'un univers plat. Ce qui suppose que ses caractéristiques initiales ont dû être uniformisées or l'Univers est isotrope. La lumière d'un côté vient de parvenir jusqu'à l'autre côté, ces régions n'ayant pas pu communiquer comment ont-elles pu évoluer de façon si semblable ?

En 1980 Alan Guth trouva une solution à ces paradoxes. L'Univers aurait pu gonfler rapidement. Cette idée, l'inflation, s'inspire d'un pan central du modèle standard de la physique des particules : la brisure spontanée de symétrie décrivant ce qui se passe quand des forces unifiées se séparent. En se refroidissant, l'Univers âgé d'un millionième de millionième de seconde, a subi une transition de phase qui changea la nature de l'espace qui n'était plus vide mais empli d'un champ d'arrière-plan, dit ''de Higgs'', se développant à travers l'espace. Une brisure de symétrie aurait pu se produire quand l'Univers avait environ 10-36 seconde. Auparavant trois des quatre interactions fondamentales, électromagnétique, faible, et forte, mais pas la gravité, auraient été connectées.

Explorer ce champ briseur de symétrie demanderait la construction d'un accélérateur 10 milliards de fois plus puissant que le LHC.

Il manque une théorie fondamentale décrivant le déroulement de l'inflation. Nous avons besoin de sonder directement l'Univers, ce que les ondes gravitationnelles primordiales permettraient. Mais la faiblesse de la gravité par rapport à l'électromagnétisme rend ces ondes difficiles à détecter. À sa naissance l'Univers était comprimé en un volume très inférieur à celui d'un atome, domaine où les règles de la mécanique quantique s'appliquent mais pour comprendre les propriétés de cet univers nous devons utiliser les idées de la théorie quantique des champs qui incorpore mécanique quantique et relativité restreinte (reliant l'espace et le temps).

Le découverte de ces ondes gravitationnelles de l'inflation bouleversera les deux piliers de la physique, n'ayant pu être générée qu'au cours de l'inflation cela nécessiterait de décrire la gravité par une théorie quantique, ce qui reste à faire.

L'inflation est entraînée par un champ qui stocke et libère de prodigieuses quantités d'énergie au cours d'une transition de phase, une fois le processus enclenché le champ entraînant l'inflation a tendance à se poursuivre à l'infini, ce qui empêcherait la création de l'Univers que nous connaissant où matière et rayonnement seraient dilués.

Heureusement (!) Andrei Linde a montré un moyen d'échapper à ce problème en montrant qu'à condition qu'une petite région de l'espace ait achevé sa transition de phase après une expansion suffisante, cette région pourrait englober tout l'Univers que nous observons aujourd'hui. Hors cette région l'inflation pouvait se poursuivre infiniment, avec de petites ''graines'' là où la transition de phases arriverait à son terme. De chacune de ces graines émergerait un univers isolé naissant dans un Big Bang.

Notre Univers serait une petite partie d'une structure infiniment plus grande qui pourrait contenir d'autres univers, certains déjà formés, d'autres, à venir. La physique gouvernant chaque univers pourrait être différente. L'hypothèse du multivers suggère que le nôtre serait un parmi une quantité faramineuse.

L'exploration de la polarisation du rayonnement fossile ouvrira sans doute une nouvelle fenêtre sur l'Univers, nous ramenant au commencement du temps et à des distances incomparables avec celles que nous avons imaginé jusqu'alors.

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

David Tong

Dans Matrix, Néo découvre que le monde est virtuel, contrôlé par une machine. De nombreux physiciens aujourd'hui voient le monde naturel comme un ordinateur décrit par des bits d'informations et les lois de la physique comme un algorithme.

À la fin du XIXe, Leopold Kronecker affirmait : ''Dieu a créé les nombres entiers, tout le reste est l’œuvre de l'homme.'' L'idée que la nature serait essentiellement discrète et non continue, que les éléments de base de la matière peuvent être comptés un par un. Idée proposée par les atomistes de la Grèce ancienne décrivant parfaitement l'ère numérique. Vivons-nous dans un ordinateur quantique gouverné par un algorithme ? Notre monde est-il pointilliste ?

David Tong s'oppose à cette idée, pensant que la réalité est continue,il n'existe pas d'éléments de base irréductibles, les quantités physiques sont des nombres réels, continus, avec une infinité de chiffres après la virgule. Les lois de la physique ont des caractéristiques que personne ne sait simuler sur ordinateur.

Dans l'antiquité déjà s'opposaient les atomistes et les philosophes voyant la réalité comme un continuum. À l'époque de Newton s'opposèrent les théories corpusculaires et théories ondulatoires. En 1882 Max Plank concluait un article ainsi : ''Malgré le succès de la théorie atomique, elle devra être abandonnée au profit de l'hypothèse d'une matière continue''. La mécanique quantique transforma le débat discret-continu. Un atome ou une particule élémentaire ne peuvent être définis arbitrairement. Les entiers numérotant les éléments chimiques sur le tableau de Mendeleïev (correspondant aux nombres de protons des atomes en question) sont objectifs. Quels que soient les développements que la physique nous réserve, nous n'observeront jamais d'éléments à ⱱ500 protons, situé entre le titane et le vanadium. Les entiers en physique atomique ont vocation à rester.

En ce qui concerne l'atome une évidence s'impose : Dieu n'a pas fait les nombres entiers ; il a fait les nombres réels, et le reste est le fait de l'équation de Schrödinger. Laquelle décrit l'évolution de la fonction des ondes au cours du temps ne contient que des grandeurs continues. Pour David Tong, les briques de la nature ne sont pas des particules mais des champs, des objets continus semblables à des fluides qui occupent tout l'espace. Outre les champs électriques et magnétiques il existe aussi un champ pour l'électron, un pour chaque type de quark, un champ de Higgs et ainsi de suite. Les particules élémentaires ne sont pas des fondamentaux mais des modes d'oscillation de champs continus. Toute affirmation de l'existence de trois sortes de neutrinos, six sortes de quarks, etc. Ce n'est qu'un artifice dû à la non-prise en compte des interactions des particules. 

Autre exemple d'entier dans les lois de la physique, le nombre de dimensions de l'espace. Est-on certains qu'il en existe 3 ? Benoît Mandelbrot fit remarquer que leur nombre pourrait n'être pas un entier. Vus de près les champ quantiques, voire l'espace-temps, révéleraient-ils eux aussi une structure sous-jacente discrète ? L'auteur se hasarde à dire qu'il pourrait n'y avoir qu'un seul entier véritable dans toute la physique : les lois de la physique ne prennent en compte qu'une seule dimension pour le temps. Puisque les scientifiques ne savent pas que conclure de notre incapacité à simuler complètement le modèle standard sur ordinateur. Un problème trop ardu peut être résolu plus tard mais certains indices laissent penser qu'il est plus complexe que cela. Les obstacles en cause sont intimement liés à des propriétés topologiques et géométriques. Ce pourrait être la démonstration que les lois de la physique ne sont pas, fondamentalement, discrètes.

Le Pr Tong peut ainsi conclure : Nous n'habitons pas une simulation numérique. Il ne dit pas en revanche où nous habitons.

Et c'est peut-être mieux ainsi !

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Christopher MonroeRobert SchoelkopfMikhail Lukin
 

Depuis deux décennies les physiciens tentent d'exploiter les bizarreries du monde microscopique afin d'obtenir des avancées en termes de traitement de l'information et de capacités de communication. Des machines quantiques réaliseraient des tâches de calcul, de communication et de mesure que l'on pensait hors de portée. Elles stockeraient et communiqueraient de l'information avec une confidentialité garantie par les lois de la physique, simulant des processus chimiques complexes autrement incalculables. De plus les systèmes quantiques renforceraient la précision des horloges atomiques et serviraient de capteurs miniatures pour mesurer les propriétés de systèmes chimiques et biologiques à l'échelle atomique ou moléculaire.

Les difficultés commencèrent avec la fabrication de ces machines qui, pour fonctionner, devraient être grandes, et donc obéir aux règles du domaine macroscopique.

L'approche modulaire  permettrait de contourner cette difficulté en connectant de petites unités quantiques afin que leur nature  soit préservée.

Richard Feynman et David Deutsch furent parmi les premiers à imaginer de tels ordinateurs, proposition hypothétique jusqu'à ce que Peter Shor montre, en 1994, comment ils pourraient factoriser rapidement des grands nombres. Les premières machines virent le jour au début du XXIe siècle avec des systèmes simples composés de quelques bits portés par des atomes, des molécules ou des photons.

En informatique classique l'unité de base d'information, le bit, prend la valeur 0 ou 1, à l'inverse, l'unité quantique d'information, le qubit, peut exister dans les deux états à la fois grâce au phénomène de superposition. Ces qubits peuvent être reliés par l'intrication donnant aux ordinateurs quantiques une capacité de calcul parallèle massif. Quand un computer classique traite une information, la version quantique pourrait tester toutes les solutions possibles à un problème donné. Quelques centaines de qubits calculeraient un tableau de résultats dépassant le nombre de particules de l'univers.

Problème : les capacités spéciales des objets quantiques ne s'observent que dans des systèmes très petits et s'effacent quand ces objets sont connectés à un ensemble plus large. Le défi est de passer à l'échelle supérieure sans perdre la nature quantique. Un système modulaire serait la solution, utilisant quelques qubits pour connecter des modules séparés. Ces systèmes contribueraient à maintenir le nombre d'interactions des qubits à un niveau gérable en protégeant chaque module des interférences avec l'extérieur. Le type le plus naturel de qubit est un atome unique dont les niveaux d'énergie électronique ou nucléaire stockent de l'information quantique. Des ions positifs peuvent offrir les mêmes avantages, encore faut-il contrôler les pièges à ions, constitués de milliers d'électrodes, ou utiliser des lasers déclenchant chez les ions l'émissions de photons intriqués avec eux. Ces photons transférant l'intrication entre modules.

Contrôler des atomes est complexe, il serait ''plus simple'' de concevoir des ''atomes artificiels'' avec des matériaux supraconducteurs qui se prêtent naturellement à une architecture modulaire. Les connexions peuvent être établis au sein d'un dispositif cryogénique en réduisant les interférences entre modules et en les protégeant les uns des autres.

Après plus de vingt années de recherches, tous les systèmes modulaires ont été testés à petite échelle. L'objectif est de les utiliser pour des applications intéressantes. L'heure n'est plus à s'interroger sur la faisabilité des ordinateurs quantiques mais à les fabriquer, et à les employer.

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Vlatko Vedral

La théorie quantique décrit particules, atomes et autres molécules, le monde microscopique, mais céderait la pas à la physique classique pour les poires, les gens ou les planètes. Idée répandue dans le grand public, le monde macroscopique étant défini par la relativité. Ce cloisonnement est un mythe. Pour la majorité des physiciens la physique classique est une approximation dans un monde quantique à toutes les échelles.

L'important n'est pas de considérer la taille des systèmes mais leurs interactions. De nombreuses expériences visent à explorer à l'échelle macroscopique des effets quantiques plus présents qu'on le soupçonnait et qui joueraient un rôle dans nos cellules, l'orientation des oiseux ou la photosynthèse des plantes !

Reste à assimiler ce que dit la nature, les comportements quantiques échappent au sens commun et nous force à repenser notre vision de l'Univers pour en accepter une moins familière. Il est faux de voir un monde qui serait de plus en plus classique à mesure qu'on le regarderait en grand.

En 1935 Erwin Schrödinger imagina pour illustrer le lien entre les mondes microscopique et macroscopique d'enfermer un chat dans un local contenant un flacon de gaz mortel, un compteur de radioactivité et un atome radioactif. Si le compteur détecte de la radioactivité le flacon casse et le gaz tue le chat.

Le compteur, appareil macroscopique, voit l'atome désintégré ou non-désintégré. Or le monde quantique accepte qu'un atome soit dans ces deux états à la fois, qu'il soit superposé, ainsi le chat peut-il être à la fois mort et vivant.

Dispositif théorique remis en cause aujourd'hui qui pose la question, pourquoi un chat doit-il être mort ou vivant, et pas mort-vivant ? Chaque phénomène quantique peut impliquer des états superposés mais ces états, sauf un, tendent à disparaître. La fuite d'information est le mécanisme par lequel les états quantiques de superposition se détruisent, la décohérence.

Phénomène quantique par excellence, l'intrication transforme un ensemble de particules isolées en un tout indivisible. En physique classique les propriétés d'un système se ramènent aux propriétés de ses composants. Pas avec un système quantique intriqué. Par exemple, une des propriétés des électrons est leur moment cinétique intrinsèque, nommé spin. Les électrons tournent telles des toupies, quoi qu'il arrive les spins d'une paire d'électrons intriqués seront toujours opposés comme si la mesure de l'un obligeait l'autre à prendre la valeur opposée. Comment ces spins se ''concertent-ils'' ? C'est encore une énigme.

La question se posait de la présence possible de l'intrication dans des êtres vivants. Cet organisme pourrait être le rouge-gorge familier, oiseau migrant chaque année entre la Scandinavie et l'Afrique équatoriale. Ces oiseaux sont insensibles aux inversions de direction du champ magnétique mais le sont à l'inclinaison du champ magnétique terrestre, sensibilité qui disparaît quand leurs yeux sont bandés, preuve que la boussole de ces animaux s'y trouve. En 2000 le physicien Thorsten Ritz propose une solution : l'intrication. Selon lui la rétine d'un œil d'oiseau contiendrait une molécule où deux électrons forment une paire intriquée de spin total nul que le champ magnétique affecte induisant une réaction de la molécule. L'oiseau est ainsi doté d'un dispositif d'orientation macroscopique, qui ne relève pas de la physique classique.

Autre processus biologique où l'intrication pourrait agir, la photosynthèse, par laquelle les plantes convertissent l'énergie solaire en énergie chimique. Dans les cellules végétales la lumière incidente éjecte des électrons qui sont conduit vers un centre de réaction où ils déposent leur énergie et déclenchent les réactions chimiques nécessaires aux cellules des plantes. La physique classique n'explique pas l'efficacité presque parfaite de ce mécanisme. En 2014 Alexandra Olaya-Castro et Edward O'Reilly ont montré que les chromophores utilisent bel et bien des processus quantiques. Une superposition d'état quantiques à température ambiante assistant un transfert cohérent d'énergie. Dans un monde quantique, une particule prend tous les chemins à la fois, les champs électromagnétiques au sein des cellules végétales peuvent entraîner l'annulation mutuelle de certaines de ces trajectoires et en renforcer d'autres, augmentant les chances que l'électron soit aiguillé directement vers le centre de réaction. L'intrication de ces chemins (états de position) possible durerait une fraction de seconde et ferait intervenir des molécules ne renfermant pas plus de 100 000 atomes. La question de savoir s'il existe des cas d'intrication plus vaste et persistant dans la nature fît naître une nouvelle discipline : la biologie quantique.

Il y a vingt ans le mathématicien Roger Penrose et le biologiste Stuart Hameroff proposèrent un modèle où les microtubules de nos neurones abriteraient des états quantiques résistants à la décohérence. Hypothèse contestée mais intrigante.

Pour Schrödinger un chat mort et vivant était une absurdité ; une théorie générant cette prédiction devait être défectueuse. Longtemps les physiciens furent perturbés par cette expérience et pensaient que la théorie quantique cessait de s'appliquer à grande échelle. Il semble pourtant que la frontière entre le monde classique et le monde quantique n'est pas fondamentale. Que cette dernière s'applique à toutes les échelles nous oblige à nous confronter aux questions posées par son interprétation. Nous ne pouvons plus les limiter aux petites échelles. L'espace et le temps par exemple sont des concepts fondamentaux qui jouent un rôle secondaire en physique quantique. L'intrication lie entre eux des systèmes sans référence à l'espace ou au temps. Peut-être faudrait-il expliquer ceux-ci comme des phénomènes émergeant d'une physique fondamentale dénuée de cadre spatio temporel.

Idée qui pourrait aider à réconcilier la physique quantique avec la théorie de la relativité générale, laquelle suppose que les objets ont des positions bien définies et ne sont jamais à plus d'un endroit à la fois, en contradiction avec la physique quantique. Des physiciens, dont Stephen Hawking, de Cambridge, pensent que la théorie de la relativité doit céder la place à une théorie plus profonde dans laquelle temps et espace n'existent pas. L'espace-temps classique émergeant de l'intrication quantique par le processus de décohérence. Une autre possibilité serait que la gravitation ne soit pas une force mais le bruit résiduel de l'action des autres forces de l'Univers engendra par le caractère flou des phénomènes quantique. Idée de ''gravitation induite'' remontant aux années 1960 et à Andreï Sakharov. Dans ce cas la gravitation ne serait plus une force et les recherches pour la quantifier seraient vains. Au niveau quantique la gravitation pourrait même ne pas exister. Implications plaçant les physiciens dans un état intriqué de confusion et d'émerveillement.

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 09:00

Dossier Pour la SCIENCE 93 – Octobre-décembre 2016

Les promesses du monde QUANTIQUE

Les gardiens de notre vie privée

(Artur EkertRenato Renner)

 

Edgar Poe écrivait dans Le scarabée d'or (1843) : ''On peut affirmer que l'ingéniosité humaine ne saurait concocter un code secret que l'ingéniosité humaine ne puisse résoudre.''

Ce constat est-il toujours d'actualité ? Oui, mais la cryptographie quantique imaginée il y a 30 ans pourrait changer les choses.

Être paranoïaque est un atout, s'interroger systématiquement sur les qualités et défauts d'un système de chiffrement aide à se prémunir des mauvaises surprises. Nos secrets sont-ils à l'abri d'adversaires détenant une capacité technologique supérieure ? Peut-on faire confiance aux fournisseurs des systèmes de chiffrements ? Et, surtout, peut-on se faire confiance ? Nos courriers et données bancaires ne sont pas à l'abri d'avancées techniques, en particulier de la mise au point d'un ordinateur quantique qui décrypterait rapidement les messages chiffrés par les meilleurs systèmes fondés sur la physique classique.

Le principe le plus usité, le système RSA, repose sur deux clés, l'une publique, l'autre privée. Un message vous est envoyé en utilisant la première, vous disposez de l'autre pour le lire. La clé publique est un nombre, égal au produit, la factorisation, de deux nombres premiers qui constituent la clé privée. La capacité de calcul de nos ordinateurs est insuffisante pour trouver ces nombres. Quantique un computer pourrait factoriser des nombres très rapidement. Il faut anticiper et prévoir une autre façon de chiffrer nos données. Ce dont nous avons besoin pour un chiffrement parfait est de partager une séquence de bits aléatoires, la ''clé de chiffrement'', une suite de caractères plus longue que le message à chiffrer. Le problème étant de se transmettre la clé entre l'expéditeur et le receveur.

La cryptographie quantique offre une solution alternative en s'appuyant sur des propriétés des systèmes quantiques. Émetteur et receveur échangent des informations pour construire une clé commune, ils seraient en mesure de savoir si ces informations ont été interceptées. Proposition fut faite en 1991, par A. Ekert, d'utiliser un dispositif de distribution quantique des clés reposant sur la ''monogamie de l'intrication quantique'', propriété de certaines corrélations quantiques qui ne peuvent être partagées avec plus d'une personne.

Si les systèmes actuels sont faillibles, il n'en irait pas de même de la cryptographie quantique qui garantirait la confidentialité avec un minimum d'ingrédients : les corrélations monogames, à savoir des liens entre grandeurs physiques que seules les 2 personnes concernées connaissent, et le ''libre arbitre'', la capacité de faire des choix indépendants de tout préexistant, imprévisibles. Ce qui n'empêcherait pas de devoir prendre des précautions : placer les dispositifs de chiffrement dans des lieux isolés, accessibles par des personnes de confiance.

Pour concevoir ces systèmes quantiques de chiffrement nous faisons appel à des photons polarisés qui doivent, en plus, être ''intriqués'', c'est-à-dire dont les états sont indissolublement liés.

Autre problème, et non le moindre, expéditeur et récepteur peuvent-ils se faire confiances ? Sont-ils libres de leurs choix ?

Cette inviolabilité suppose qu'il n'y aurait rien au-delà de la théorie quantique, un pirate pourrait faire appel à des technologies plus puissantes reposant sur des phénomènes physiques non découverts, et, donc, non décrits par la physique.

Paranoïa vous avez dit paranoïa !

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Archives