S'il est un écrivain dont le nom est connu alors que son œuvre ne l'est pas c'est bien Sade. L'imagination se met en action aussi ce patronyme murmuré, tortures, violence, viols, j'en passe et des pires. Le divin marquis est recouvert d'une pellicule de sang et d'ordures, sous laquelle il se mit lui-même, jusqu'à ce que ne surnage que la part la plus brutale. Contempteur de la religion muselière, plus ou moins souple, de la nature humaine il se vautre dans la bestialité comme si la conscience, repue de plaisir, préférait s'abrutir.
Si vous parcourez ce blog depuis un moment vous y avez découvert beaucoup de violence, de noirceur et de proximité avec la mort mais quasiment pas de passages érotiques ou pornographiques. Il ne s'agit pas de la crainte de la censure over-bloggienne qui m’amènerait à dissimuler une partie de ma production mais simplement que c'est un domaine qui ne m'intéresse pas, je pourrais compter sur les doigts d'une main les paragraphes qu'au long de ma ''carrière'' j'écrivis qui pourraient être taxés de suggestifs. Sans doute fus-je plus tenté de libérer par des mots ce que je ne pouvais exprimer réellement.
Cette digression personnelle nous éloigne du sujet pensez-vous (?) mais non, ainsi je me place dans l'ombre de Donation, côté sadien mais pas sadique, déchiquetant les conventions, les rites-cages qui servent de béquilles à tant d'esprits trop mous pour exister par eux-mêmes.
Annie Le Brun, ainsi que le souligne Jean-Jacques Pauvert en quatrième de couverture, découvre Sade, le dégageant de la cangue de poncifs durcis par le temps, l'usage et l'ignorance, pour nous permettre de l'approcher, de le connaître enfin, quand à l'apprécier ou non cela relève du goût de chacun et bien des choses dans les pages de Sade me déplaisent, au moins est-il bon de goûter un breuvage afin de savoir si on l'apprécie ou non, qu'il soit doux n'est pas forcément une qualité, mais l'inverse pas davantage.
Une dernière chose : je suis bien déçu de n'être pas l'auteur de ce titre !

