M. Lee
Vous me connaissez je pense, depuis longtemps, je sais qu'il vous arrive de penser à moi pour trouver entre nous des ressemblances dont je peux vous dire qu'elles ne sont pas celles que vous pensez.
Combien de fois avez-vous imaginé que vous finiriez dans une petite pièce blanche et capitonnée, maintenant vous savez qu'il ne peut en être question, quelque effort que vous fassiez il est des choses qui restent, et resteront, hors de votre portée, du reste il ne s'agissait là que d'hypocrisie, n'est-il pas plus facile de souhaiter ce que l'on sait inaccessible ? Vous avez les mots pour vous mais s'ils furent libératoires pour vous jadis ils finirent pas former ces murs dans l'ombre desquels vous erriez autrefois. Pourquoi vous projeter dans le décor d'un asile alors que vous êtes enfermé en vous-même !
Mais la différence la plus notable vient, et vos rêves récents en témoignent, que ces mots vous emplirent tel le son donnant sa consistance à une poupée. La forme momifiée sur une chaise n'est pas féminine, c'est la vôtre, la ''vraie'', et vous comprenez la présence de ces guillemets. Le triptyque que vous avez créé pour vous donner une ''réalité'' est fantomatique, vous le savez mieux que personne. Les autres, ceux qui ne peuvent nous comprendre par excès de crainte, supposent que ce ''nous'' qui est notre ''je'' est hors de notre compréhension. Il n'en est rien n'est-ce pas, ce sont eux qui souffrent d'une incapacité à accepter la diversité de leur personnalité, ne sommes-nous pas fait de facettes multiples, certaines plus montrables que d'autres ?
La mort vous accompagne depuis longtemps, depuis toujours, elle vous précéda et maintenant vous suit comme si elle attendait quelque chose de vous. Faudra-t-il qu'elle intervienne à nouveau pour que vous remuiez la poussière de mots et d'habitudes qui vous enferme telle une carapace qui fut salvatrice mais n'est plus qu'une prison.
Pensez à cela, vous pouvez le faire, moi je suis l'intermédiaire entre celui qui ne put dompter ses pulsions et vous qui ne pûtes leur céder.
Votre ami
Norman

