Difficile de traiter un sujet comme l'hystérie alors que viens tout juste de naître la neurologie et que la psychologie est encore à formaliser, (avant d'être formolisée... mais la question n'est pas là). Nous suivons ici Augustine, servante de 19 ans, qui depuis quelques mois fait des crises d'hystérie et se retrouve à la Salpetrière. Nous sommes à la fin du XIXème siècle mais l'accueil semble correct et le personnel attentif.
Ce film souffre de la difficulté de présenter en moins de deux heures un cas clinique complexe qui met en scène deux personnalité très différente. Une jeune fille modeste, pour le moins, et un professeur réputé dont les recherches sont le principal de la vie et comprendre le mot d'ordre qui la gouverne. Impossible d'éviter le spectaculaire et le parallèle entre l'hystérie et la possession qui fut cause de tant d'exactions ecclésiastiques, d'effrois d'une populace ignorante et craintive s'y prête trop bien. Rappelons que l'hystérie, à l'époque, est un terme générique pour la plupart des affections mentales, psychologiques ou neurologique, Charcot participera à débroussailler ce qui est un nouveau monde médical et thérapeutique. Il ne poussa pas plus loin ses recherches, trop marqué peut-être par le corporel pour passer au psychologique, Freud qui fut son élève plus tard sauta la marche avec le succès que l'on sait. Les choses arrivent en leur temps.
Le professeur est contraint par ses obligations, ses représentations, médicales et sociales, ses vêtements mêmes, dans un milieu dont il n'est pas originaire et qu'il obtint par ses mérites et son mariage, Augustine est jeune, sensuelle et frustrée, comme on dirait aujourd'hui, prise entre ses désirs et l'impossibilité de les exprimer, sinon par l'hystérie et ses diverses manifestations. Les relations entre les médecins et leurs patients, quand ceux-ci sont d'extractions modestes sont brutales, attention pourtant à les juger à l'aune de notre vision ''moderne'' de ce qu'elles devraient être. Conditionnel justifié par le fait qu'aujourd'hui encore elles sont loin de cet idéal pour ceux qui font partie du quart-monde où les soins sont un luxe.
La réalisatrice manipule la réalité pour montrer une relation entre le médecin et sa patiente dont rien ne dit qu'elle arriva. Le premier ressenti-il parfois de l'attirance pour une de ces deuxièmes ? Augustine est ''victimisée'' (ça c'est un mot d'aujourd'hui!) comme il se doit, n'est-elle pas la prolétaire face au grand bourgeois, ce que Charcot n'était pas.
Du petit-guignol, bien joué par Vincent Lindon, qui ne ressemble pas du tout à son modèle, et par Soko, qui ne doit pas plus ressembler au sien.
Le sujet était casse gueule, la preuve.
La réalisatriste laisse penser que tout n'était que mise en scène et exploitation de monstres, non de foire mais d'amphi, que Charcot était un tripoteur de jeune fille, c'est surtout révélateur de ses propres fantasmes et frustrations.
Hystérie, vous avez dit hystérie...
Dommage

