Il n'est plus temps que tu reviennes,
Nos nuits dans le passé sont enfouies.
Cet autrefois qui avait le goût des airelles,
Que nous ramassions sous la pluie.
Les images jaunies sont souvent les plus belles,
Dans un vieil album enfermées...
Les images effacées sont parfois les plus belles,
À condition de rester à l'abri,
Que le temps les croit mortes,
Et que nous le pensions aussi.
Tes cris en moi enfermés,
Ne cessent de me hanter.
Ce jadis était-il ce qu'il semble,
Je te suivais, tu me fuyais.
Est-ce de rage que je tremble,
De ce que je fis pour te garder...
Il y a peu de la passion à l'anathème,
Sans pouvoir effacer les mots dits.
Et l'âme erre quêtant l'indice pensable,
Se sachant condamnée à atteindre l'infini.
Les souvenirs se ramassent à la pelle mécanique,
Les journées vides et les demains aussi,
Mais mon agenda électronique,
A disjoncté, comme mon esprit.
Béat, benêt, enfin vide d'envies,
Es-tu plus qu'un spectre à demi moisi ?
Ma vie, dans les poubelles automatiques,
Sous le soleil écrasant qui survit,
Tu es l'ombre qui me suit.
De hier je dois tout oublier,
Ton dernier soupir murmuré,
Je ne veux plus jamais, jamais, me le rappeler.


