Enfin, mes souffrances trouvent leur terme, étrange que ce soit le mois de février qui ait vu mes yeux se fermer sur un monde qui ne m'apportait plus que douleurs. Je ne m'attendais pas à trouver un lieu de ce genre en guise d'antichambre d'un avenir dont je ne sais rien encore. Est-ce par ironie que je suis là, capable de m'interroger sur moi et cette situation moi qui fit du questionnement ma règle de vie ? Que puis-je savoir de ce lieu, le définir m'aiderait-il à envisager ce qui m'attend, si quelque chose il y a ce dont je ne peux être sûr. J'ai tout autant voulu apprécier ce que je pouvais espérer mais ce point de vue qui est le mien n'est pas éclairant à ce propos, tout au plus ai-je l'impression d'être là comme pour une postface à une oeuvre que je voulus si grande et dont je sais qu'elle est bien en-dessous de l'ambition que j'ai eue.
Est-ce l'occasion d'une vengeance divine m'ayant placé là devant un miroir afin que je comprenne ma petitesse et l'accepte ? Je ne peux penser qu'il s'agisse de cela, la revanche est un sentiment purement humain qu'Il ne saurait ressentir. Je fis ce que je dus, ainsi ai-je vécu avec cette sensation d'accord qui me fit toujours penser arpenter le chemin qu'il me revenait de découvrir sinon de défricher aussi maladroitement que je le fis entre les précipices du scepticisme et du dogmatisme.
Quelle est la valeur de ce que je suis, mon être est-il promis à la dilution définitive ou est-ce une forme d'enfer m'incitant à chercher une introuvable solution ? L'ironie du sort serait grande que je doive trouver une réponse qui n'existe pas.
Jamais je n'ai pensé que la raison pouvait tout expliquer, comment l'élément d'un tout pourrait-il se considérer l'égal de cette totalité ce qui serait sa prétention s'il cherchait à l'englober dans des définitions philosophies ou scientifiques ?
Si je pense avoir une chose à faire ici c'est accepter l'exiguïté de mon esprit même si je reste sans crainte sur ce qui m'attend. Ma vie fut un moment, ayant un commencement, logique qu'elle ait une fin et n'ayant pas de souvenir d'une hypothétique vie précédente pourquoi si suivante il y a en aurais-je de celle-ci ? J'ai voulu définir des mots que je ne fis que réduire à ma petitesse prise dans des idées dont, ici, je ne suis plus sûr qu'elles aient eu d'autres but que contenir mes interrogations.
Si l'âme est immortelle mon être se résume-t-il à elle, n'en fut-il pas simplement l'embryon appelé à se développer dans un ailleurs que je ne peux entrevoir et moins encore définir.
Ce lieu devrait être celui de la contemplation de la finalité mais en aucun cas celui que je suis, encore, ne saurait être en mesure de l'exprimer. Qui sait quel avenir auront ces phrases, aucun il m'est permis de le supposer, mais qu'importe, une pensée exprimée est libérée, sans support physique rien ne dit qu'elle ne puisse être perceptible, compréhensible quitte alors à être réduite en cendres par une intelligence dépassant la mienne. Je sais qu'à vouloir être clair on ne l'est point.

Quelques citations :
- Si tu te fais ver de terre, ne te surprend pas si on t'écrase du pied.
- Une lecture amusante est aussi utile à la santé que l'exercice du corps.
- Nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes.
- On mesure l'intelligence d'un individu à la quantité d'incertitudes qu'il est capable de supporter.

