Comme une ombre je vais en soulignant l'instant,
L'on me fuit si souvent, serais-je terrifiant ?
Tu festoies en riant, t'enivrant de vacarme,
Je suis là cependant quand tu joues de ton charme.
Au fond du verre vidé qui renvoie ta souffrance,
Dans le coeur espéré faisant écho au tient,
Il est si loin déjà que s'estompent les liens,
De toi ne resteront que des souvenirs rances.
Au quotidien le choix est grand pour me dissiper,
La radio, la télé, et la circulation,
Occupent ton esprit, en chassant la tension,
L'envahissant en plein jusqu'à t'anesthésier !
C'est toi que tu voudrais à jamais éviter,
Je ne suis qu'un moyen pour qui veut s'affronter,
Puiser au fond de lui la simple vérité :
Qui suis-je en fait, pourquoi, quel chemin emprunter ?
Existe-t-il pour lui un meilleur compagnon,
Que celui qui est là, amical et serein,
Jamais impératif, aujourd'hui et demain,
Et chaque jour suivant, tous se ressembleront.
Ainsi l'âme est à nue pour qui veut la trouver,
Mais tel n'est pas ton cas tu préfères rêver.
Un jour viendra pourtant, s'approchera l'absence,
Sois confiant, apprécie son héraut, le silence.

