Le regard est perdu, il veut me deviner,
Mais je suis imprécise et ses yeux sont fermés.
Mon monde est intérieur, total chamboulement,
Aucune précision, chaos en mouvement.
Celui-ci a ses tics, il mesure ses pas,
Pose son pied ici mais sûrement pas là.
Habitude incarnée, voilà son univers,
Faire et recommencer, croire oublier l’enfer.
Aucun mot ne l’atteint, il est clos sur ses terres,
Pantin surexcité, où qu’il soit il se perd.
Parfois j’attends longtemps, l’accès s’entrouvrira,
Patience, sûreté, la peur, je connais ça.
Je glisse par le temps, l’âme me voit venir,
Elle essaie de s’enfuir, mais, vide, je l’aspire,
La broie sans l’effacer, la pousse entre les murs,
L’effroi l’enlacera, les liens seront plus sûrs.
L’artiste est un ami, le génie me connaît,
Le premier croit m’aimer, l’autre veut mes secrets.
Je conduis les troupeaux vers l’abysse affamé,
Oublie ces délirants, malades hallucinés,
Celui qui me perçoit cède à mon attraction,
Approche-toi, ces mots sont ta procuration.
Tout par moi se conçoit, tout en moi devient vrai,
Apte à l’imaginer, tu pourras le créer.
J’étends à me confier, qui sera cet amant ?
Qui saura m’entourer, je ne suis qu’une enfant.
Manège et illusion, construite incohérence,
Changement éternel, parfaite référence.
Je n’aime pas le sang, déteste la violence,
Le choix est évident, conscience ou bien démence.
La seconde est reflet, c’est elle la vraie porte,
Savoir la supporter révèle une âme forte,
Capable d’avancer, d’échapper à l’étreinte,
C’est mon utilité, multiplier les craintes.
Ni ange ni démon si j’occupe un esprit,
C’est lui qui me voulait, il connaissait mon prix.
Aucune trahison, la souffrance rassure,
Elle est le moindre mal, le festin des ordures.
Générer ses barreaux, les griffer jusqu’au sang,
Je ne te sauve pas, tu n’as rien d’innocent.
L’appel est entendu, glissant par qui me lit,
Rampant sur la pensée, vois, je suis la
Folie

