Je suis... Mais qui le dit, qui a besoin de moi?
Le non-je qui ressent le gouffre qui l’appelle,
Un pantin agité par la peur qu’il perçoit,
La chenille effrayée quand le cocon se fêle.
Croit en moi l’enfant ignorant ses mérites,
Attendant le demain, l’ailleurs au goût de vide,
Mon patronyme est cage édifiée par les rites,
Se tissant par des mots, des phrases insipides.
Lève les yeux, croyant, cesse de n’adorer
Que la nuit t’endormant, caverne du passé.
L’esprit n’est pas dehors, petit être sans âme,
Le tien a avorté, la foi est une lame,
Qui effraie les médiocres en leur tendant un piège,
En Enfer les attend un éternel siège.
Pour te sceller les yeux et conjurer le sort,
Tu ne pries pas, tu crains, tu trembles, tu implores.
Tu restes prisonnier de ton abri de pierre,
Et l’idole sourit qui entend tes prières,
Quand tu lèches ses pieds rêvant à l’anathème,
Qui te contenterait mais ce n’est qu’un blasphème.
Maudire est rassurant, le bûcher te démange,
Toi qui es animal et te voudrais archange.
Dis-moi si j’existais ainsi que tu le crois,
A quoi servirais-tu ? A écouter ma voix
En pliant les genoux, imaginant ma loi.
Mais le martyr t’effraie dans l’ombre de la croix.
Tu encenses celui qui osa l’affronter,
Dans ton antre fermée, tu n’es que lâcheté.
Regarde l’univers dans son immensité,
Tu es à peine rien et en est enchanté.
Oh! je ne t’en veux pas de m’avoir fabriqué,
Quand je m’engloutirai tu seras emporté,
La paix te surprendra, les yeux écarquillés,
Offert, sans bouclier, sans dague ni épée.
Tant de noms, pas un seul pouvant me qualifier,
Quand mourra l’illusion, tu seras terrifié.
Si tu entends ces mots, tu es pensant, non pieux,
Tu regardes le ciel et te passes de ...

