D'abord il y eut du bruit. Dans le placard où je me trouvais il me parvint étouffé. Je n'y prêtai pas plus d'attention que cela, l'habitude !
Allongé dans le fond je laissais voyager mon esprit, l'obscurité me protégeait du monde et depuis le temps cet endroit m'était devenu familier, sinon amical. À l'époque je n'imaginais pas une autre vie pour un enfant de mon âge.
Depuis...
Les voix ne me dérangeaient plus, elles venaient d'un autre monde et si elles atteignaient mes oreilles mon esprit ne percevait qu'un vague et incompréhensible murmure.
Quelque chose pourtant était différent ce soir là, les cris plus aigus, des sons différents et une sensation étrange dans le ventre, une angoisse naissant de la nouveauté. Je me suis levé, ait posé une oreille contre la porte de bois, les cris étaient des plaintes, des gémissements répondant aux chocs sourds des coups. Me baissant j'ai pu regarder par une fente mais je n'ai vu que le couloir et la lumière venant de la chambre à quelques mètres sur la droite.
Il y eut un coup différent, un cri et un silence qui vint jusqu'à moi telle une ombre dont je ne compris pas sur le champ ce qu'elle signifiait.
Des pas puis une silhouette que je vis sortir de la chambre, regarder autour d'elle, curieuse sans doute de savoir s'il y avait quelqu'un d'autre dans l'appartement, mais un placard n'est pas un endroit où quelqu'un, fut-il un enfant, est censé vivre.
Je vis l'homme de dos, il ouvrit la porte palière et sortit en la faisant claquer derrière lui. J'attendis que la porte de fer de l'entrée claquât pour sortir de mon refuge et aller voir ce qui se passait.
Quelques secondes avant d'entrer dans la chambre je pris ma respiration comme avant de plonger dans une piscine dont je ressortirai différent.
Le sang était encore frais, son odeur me prit à la gorge alors que j'approchai de son corps. Le plus étrange était était le poignard sortant de son ventre.
Quand la police vint je lui expliquai ce qui s'était produit, ce que j'avais vu d'où je me trouvais et pourquoi j'y étais. On m'écouta, nota mes dires et l'enquête suivit son cours jusqu'à l'arrestation du meurtrier et sa condamnation ultérieure à une lourde peine de prison.
À sa sortie je l'attendais, j'avais grandis, appris ; j'étais prêt à faire ce qu'il fallait.
Personne ne retrouva jamais son corps !
Je pensai que prendre les devants était nécessaire, durant le procès il avait affirmé n'avoir porté qu'un seul coup, je ne voulais pas qu'il vienne me poser des questions.

