J'ai entrevu une ombre tout au cœur de la nuit,
Comme une amie d'avant que j'aurais oubliée.
Ainsi retrouve-t-on ce que l'on avait fuit,
Chassé de son esprit tel un ancien allié.
Surpris je m'arrêtai portant mon attention,
Vers ce que je voyais, n'osant pas m'approcher.
Était-ce un spectre obscur, la camarde en faction,
L'illusion d'un espoir cherchant à m'entraîner ?
Un pas pour avancer, elle en fit tout autant,
Quand je tendis la main, je vis son bras brandi,
Son visage était froid, plus glacé que le temps.
C'est simultanément que nous avons souri...
Ainsi ces vers obscurs dessinaient l'étranger ;
M'approchant sans méfiance je me mis à les lire,
Souriant de la violence, l'humour la cruauté,
Arpentant à plaisir les mondes du délire.
Le piège était tendu, flagrant mais invisible,
La folie s'éloigna sans que je le comprenne,
Et dans l'ombre des mots, enfin compréhensible,
Je vis sourire mon âme et s'effacer mes chaînes.

