S'il y a une chose qui nous différencie,
C'est que vous avez besoin d'un espoir ;
De l'illusion que la venue du soir
Verra venir une aube sans soucis.
Le décor devant vous est illusoire,
Papier peint rassurant sur l'infini ;
Rites et doudous tisseront le nid,
Chambre de l'enfant redoutant le noir.
Nul ne choisit l'acuité de sa vue,
Son pouvoir de supporter le vertige,
D'abdiquer la vanité du prestige
Du froid décorum sur fond d'inconnu.
Le vide effraie qui sait lui ressembler.
N'est-il pas, là, au plus profond de vous,
Que vous deviez l'oublier à genoux ?
N'être rien pour cesser de trembler.
L'abîme est un miroir qui me contemple,
Plus dangereux que les yeux de Méduse,
Un regard dans lequel ne se récuse
Que celui qui dans le froid voit un temple.
Figé sans penser, simple minéral,
Que nul souffle jamais n'animera ;
Âme morte née, fantôme fœtal,
Ou regard ouvert sur ce qui sera ?

