- Vous suivez toujours le même chemin pour votre jogging, n'est-ce pas ?
- Vous le savez, combien de petits matins avez-vous passé à m'observer alors que je courais ?
- La question n'est pas là.
- Où est-elle alors ?
- Dans votre besoin de conserver cet itinéraire, pour quelqu'un comme vous c'est... signifiant.
- Joli mot commissaire, vous faites psycho en cours du soir.
- Vous vous moquez LEE, c'est votre style.
- Style est un grand mot, ce n'est qu'un tic, une façon de m'affirmer.
- Vous ne serez ni vexé ni surpris si je vous dis que je ne vous crois pas.
- Vous vous mettez à l'ironie, à croire qu'à me fréquenter je déteins.
- Changez de sujet ne nous avance pas, je propose donc de revenir à nos moutons.
- Vous voulez dire vos moutons commissaire ?
- Le loup serait plus dans vos goûts.
- C'est un animal protégé, sa consommation est interdite.
- Donc vous courez, toujours le même trajet.
- Quel jogger agit différemment ? Connaître le terrain permet d'adapter ses efforts.
- C'est possible, voyez-vous, moi je ne cours pas.
- Dommage, vous prenez du ventre.
- Ce que je pense c'est que cet itinéraire vous permet de profiter de votre crime. Pas de trophée dans une vitrine, de mèche de cheveux dans une enveloppe. En courant vous sentez, si j'ose dire, sa présence ; qui sait si même vous ne lui parlez pas, comme à une amie, une confidente qui ne risquerait pas de vous trahir.
- Une confidente ?
- Oui.
- Pourquoi une commissaire, pourquoi une seule ?

