Pourquoi est-ce ainsi, depuis ma naissance,
Fruit d'un passé dont je suis héritier
Au goût envahissant de sa puissance
Jusqu'au recoin que j'avais oublié.
Qui sait en d'autres temps quel général
J'aurais pu devenir, quel conquérant,
Mais ce temps est passé, dans le banal
Je suis englué , pauvre et ignorant.
Il est trop tard pour feindre des regrets
Dont il n'y a aucune trace en moi ;
À un poteau je vais être attaché,
Comme si j'avais jamais eu d'autre choix.
Des fusils pointés dans ma direction,
Les yeux moqueurs d'un destin implacable,
Je ne ressentirai rien, ni passion,
Peur ou effroi face à l'inévitable.
Les détonations sembleront un rire,
Comme une marionnette aux fils tranchés
Je m'effondrerai en écho aux tirs,
L'odeur de mon sang pour m'accompagner.

