Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 07:24


Mes amis... mes amis ! Je sais que vous m'entendez, que vous êtes tous là, je ne suis parmi vous que par la voix, vous étiez... pardon, vous êtes, pour encore un certain temps, mes amis. Vous me fréquentiez par intérêt ? Rassurez-vous, moi aussi, vous voyez, la richesse n'étouffe pas toujours la lucidité, en moi cette dernière fut excellente conseillère en préconisant de non seulement vous employer mais aussi de vous regarder comme un entomologiste observe des insectes qui ne se rendent compte de rien.

Y en eut-il un qui s'en rendit compte ?

Je devine vos regards, vous craignez de répondre par crainte de vous démarquez de vos semblables, en surface vous êtes quasi identiques, et en profondeur, aussi, je vous rassure ! Tous similaire dans la vulgarité, si communs que vous vous en rendez compte. J'ai reçu vos confidences, les uns à propos des autres, cela me serait si facile de semer la zizanie entre vous... Cela serait indigne de moi ! Après tout vous me fûtes utiles, me divertissant, sans le vouloir le plus souvent, car vous êtes bêtes, mais les rois acceptent les courtisans, cela fait plaisir d'être encensé, quand bien même saurait-on que ces compliments tombent de bouches à l'air d'anus tant ce qu'elles disent à l'air, et l'odeur pour certain(e)s, d'être de la... Vous me comprenez. Utiliser un vocabulaire plus précis vous gênerait et je ne veux de cela pour rien au monde, pour le moment.


Je vous ai réunis pour vous parler, une dernière fois, avec un regret, étant mort, et oui cela arrive même aux pires, c'est de ne pouvoir lire vos réactions sur vos visages bouffis par la graisse ou vos yeux embrumés par l'alcool. Je passe sous silence les conséquences de vos liftings, mesdames, mieux vaut ressembler à une poupée qu'à une morille ! Finalement je préfère mourir de mon vivant que devoir un jour découvrir que j'ai oublié ma vie et ne sais plus où. Oubliez vos masques pour quelques minutes vous les retrouverez vite. Pas de récriminations, je vous ai dit que je vous connaissais bien, ne me contraignez pas à vous le prouver ce serait facile mais déplaisant, vous savez à quoi vous en tenir sur le comportement de votre épouse monsieur, de votre mari madame, vos couples sont de ceux qui durent car l'intérêt est leur fondation, s'il est question d'amour c'est celui de l'argent.


Défunt je peux me laisser aller à quelques méchancetés sans grandes importances, vous en avez entendu, et supportés en souriant, bien d'autres de ma part.

Vous pardonnerez mes paroles, je suis mort, j'agonise au moment d'enregistrer ce message, mais la perspective de mourir avant vous me chagrine, je m'étais habitué à vous voir, à vous entendre, à vous subir. Même ceux qui me sont inutiles depuis longtemps étaient mes invités régulièrement, on ne se sépare pas d'un chien qui vous amusa parce qu'il devient vieux et fait sous lui.

Vous connaissez mon caractère mutin, cette arrogance de nouveau riche que vous dénonciez, derrière mon dos, alors que vous, pour la plupart, avez hérité vos entreprises, cela explique que j'ai pu en racheter la majorité, aucun de vous n'ayant les aptitudes pour les diriger, être un héritier rend plus facile... de tout perdre.

Mourir est inévitable n'est-ce pas, j'ai appris à savourer ce moment unique qui me conduit vers... Je l'ignore mais j'avance sans crainte ni espoir avec seulement cette curiosité qui fut, je crois, ma force principale. Vous vivrez cela aussi, je ne souhaite pas que ce soit rapidement, cela me ferait une belle jambe, profitez de la vie, de votre argent, regardez vos enfants qui déjà, eux, sont obligés de mériter les choses, et y arrivent, comme quoi, quand l'obligation est là les qualités reviennent, vous n'avez pas eu ces contraintes, tout vous était mâché, préchié pourrait-on dire, ce qui explique quel unique commentaire nous pouvons faire de vos vies et je sais que dans le fond vous serez d'accord avec moi. N'en voulez pas à vos parents, s'ils vous firent du mal c'était involontaire mais la vie est ironique qui fait que celui que l'on veut aider à marcher finit par ne plus savoir que ramper une fois livré à lui-même.

 

Le temps qui m'était imparti s'achève, j'espère que ce repas vous plût, mes dîners étaient courus, vous y fûtes pique-assiettes assez souvent. Cette fois je tenais à vous faire un dernier cadeaux. Ne cherchez pas. Il ne s'agit pas de ces apéritifs et digestifs forts dont vous raffolez, l'organique est votre plus sûre source de plaisir.

La viande était succulente n'est-ce pas, tendre et délicate, vous en avez raffolé, tous repris, j'espère, et cela me fait plaisir.

 

Parfois je vous eu sur les bras, cette fois c'est vous qui allez m'avoir, sur l'estomac...


Vous avez mangé car ceci était ma...

Amusant non ?

Oserais-je vous avouer quel liquide rouge fut incorporé aux vins ?


Il en reste ? Vous voulez en emporter, pour vos petits animaux ? Ainsi vous ne m'oublierez pas, surtout les dames, certaines me connaissaient bien...


A vous tous, comme aux vers qui nettoieront mes os, je souhaite un bon appétit mes amis, un bon appétit...



Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Archives