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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 06:06

          Les levers étaient durs par les matins d'hivers,

 

          Je n'avais pas envie d'affronter les frimas,

 

          Mais il le fallait bien, la vie est un combat,

 

          Répétaient mes parents en guise de prière.

 

 

 

          J'ai maudit le patron, la cadence infernale,

 

          Qui me tordait les bras dans un tel tintamarre,

 

          Que penser même était devenu cauchemar,

 

          Le temps me dissolvait, terrifiant cannibale.

 

 

 

          Des amis je me fis, compagnons de labeur,

 

          La camaraderie dans la difficulté,

 

          Trouve ainsi un terrain où pouvoir s'exprimer,

 

          Et l'usine cessa d'être source de peur.

 

 

 

          Ma machine devint une partie de moi.

 

          Je n'avais pas compris que c'était le contraire,

 

          Mon corps et mon esprit se noyaient dans le faire,

 

          J'étais bien, j'étais rien, affirmant : C'est mon choix !

 

 

 

          Un autre matin vint semblant pareil aux autres,

 

          Nous étions plus de cent devant la grille ouverte,

 

          Moutons pressés d'entrer dans la gueule aux dents vertes,

 

          D'accomplir ce destin que je sais être nôtre.

 

 

 

          Le portail ricana, nous nous précipitâmes,

 

          Trouvant les bâtiments, des hangars aux plateaux,

 

          Vidés totalement, plus de presses, de bureaux...

 

          L'absence devant nous semblait rire de nos âmes.



 

 

 

          Nous étions stupéfait avant que la colère,

 

          Soulageant notre effroi ne s'empare de nous,

 

          En vain évidemment, debout ou à genoux,

 

          Devenus superflus, la vie restait derrière !

 

 

 

          Désormais les matins ont un goût de sueur.

 

          Chaque chose a son prix mais je crains que le mien,

 

          Infinitésimal, soit à un poil de rien !

 

          Je suis un numéro dans le flot des chômeurs.


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commentaires

A
J'adhère à cette idée. Nous sommes des matricules et rien de plus, le reste est langue de bois. Je me souviens, j'accomplisais à l'époque mon service militaire, d'un mot du colonel à ses troupes, c'est à dire nous : il parlait de la "générosité de notre jeunesse" !Mon grand-père et mon père ont dû être bien généreux, l'un mort à la guerre, l'autre blessé !  Bon, ne nous échauffons pas, il est tard !Amitiés
Répondre
L
<br /> Mon grand-père aussi fut blessé à Verdu, avoir 20 ans dans les tranchées devait être terrifiant, il n'en parlait jamais. S'il survécut ce fut avec des éclats d'obus dans le corps,<br /> <br /> J'écris parfois sur les tranchées, pour ne pas oublier de me souvenir... Militaire j'ai défilé pour le 11 novembre, c'est bien loin de la réalité de la guerre mais j'en fus satisfait.<br /> <br /> Amitiés pacifiées<br /> <br /> <br />

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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