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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 05:43

 

On n’est plus sérieux, quand on a septante ans

Un beau matin, on se lève, on n’a pas dormi

On dit adieu les rêves, on salue ses envies

On regarde au miroir ses rides de vieil enfant.


On enfile un vieux short, des baskets rose bonbon

On nettoie la bécane, on regonfle les pneus

La selle est un peu molle, propice aux abandons

Le chemin a des parfums mouillés dans les creux


Voilà qu’on aperçoit une casquette bleue

Des yeux rieurs, une barbiche claire, c’est Léon.

Septante ans, poète et vainqueur du Marathon

De New York, Paris ; on l’avait perdu des yeux


Premier mai ! Septante ans ! " - On se laisse griser "

La sève printanière, plus forte que vos artères

Est un alcool capiteux qui vous fait tanguer

- Bonjour ! – Salut ! Ce jour exauce mes prières !


On met un pied à terre, on fait des regards doux

On s’essuie la nuque, on boit à son bidon

Vous aimez pédaler sur la digue, dit Léon

On opine, on lui offre un caramel mou.


Sur la berge de l’Isère tremblent les peupliers

Les neuves hirondelles chassent les moustiques

De nos sacoches kaki, on sort nos pique-nique

Pour lui pain et fromage, pour soi du lait caillé


L’ombre est fraîche, il vous couvre de son K-Way

" Quand on a septante ans, mieux vaut être prudent ! "

Ses yeux brillent comme lacs ; on n’ose dire ouais !

On s’endort pour de vrai dans un décor charmant.


On rêve du temps jadis, on était si sérieux

L’amour unique pour toujours mettait le feu

A chaque heure. On était plein et le monde vide.

A septante ans le monde est plein et le cœur vide.


Léon rampe vers vous, à la bouche une violette

Il dit votre nom les bras pliés sous la tête

Sa main touche la vôtre, il chante un vieil air

" La belle si tu voulais… ", on ne fait pas la fière.


On murmure : " nous dormirions ensemble, lonla "

Il poursuit, tremblant : " dans un petit pré carré "

On s’entête : " sous les lilas et les résédas "

On trouve sur les fougères une couche pour s’aimer


On revient chaque soir au chemin des amants

On récite Rimbaud, on chante du Ferré

Le cœur est plein, le monde aussi, chère liberté

On se fout d’être sérieux quand on a septante ans.



                                                                                                                                MARIE TREIZE

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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