Viens, plonge en moi, cherche ta vérité,
Domine ton émoi, face à l'obscurité,
La profondeur en toi est semblable à la mienne,
Pour t'y retrouver acceptes-tu la tienne ?
Gorgés d'effroi tes yeux craignent de s'ouvrir,
De creuser dans la nuit pour croiser un sourire,
La tentation est belle, le risque est son péage,
Son baiser glacé a un goût d'orage.
Un pas suffit, penche-toi davantage,
Délaisse l'émotion qui te tient en otage.
Nombreux sont les affects, tu sens qu'ils te submergent,
Tu peux désormais oublier la berge.
Le mieux n'est pas de contempler les cimes,
Nietzsche le dit autrefois : Qui regarde l'abime,
est par lui à son tour observé jusqu'au cœur.
Qui veut la dompter doit aimer sa peur !
Tu ris et pleures, jouis autant que tu souffres !
Qui saurait mieux t'enseigner la vraie destinée,
Te montrer ce pourquoi la Création est née,
Qui pourrait tout cela mieux que le gouffre
?

