Chère amie,
Mon cœur se serre à l'idée que demain vous me prendrez dans vos bras, depuis longtemps nous étions promis l'un à l'autre, enfant déjà je pensais à vous, vous observant à l'occasion sans m'approcher. Peut-être si je l'avais osé nous serions-nous rencontrés plus tôt mais cela aurait pu être l'inverse si votre beauté m'avait effrayé. Il n'en fut rien et ce malgré quelques difficultés dues à des jalousies dont il serait vain de parler ; dans moins de vingt-quatre heures, à tête reposée, cela sera facile.
J'avoue que l'émotion affecte l'expression de mes sentiments, mais cela vous le comprenez n'est-ce pas, je ne serai pas votre premier amant et je doute d'être le dernier.
Dois-je évoquer ma vie quelque peu tortueuse, je pense cela superflu, des institutions qui m'abritèrent durant quelques temps, certaines sympathiques, d'autres moins, toutes voulurent nous séparer, sans méchanceté, considérant que notre union ne pourrait être heureuse, mais moi je sais qu'il en ira autrement, que malgré la brièveté de celle-ci j'en sortirai changé, prêt à affronter sinon une autre existence du moins un avenir différent.
Bien sûr nous ne serons pas seuls sur cette place, en ce petit matin, les voyeurs seront là
pour apprécier notre étreinte. Au moment de notre baiser combien tourneront la tête ?
Ensuite... mais cela est une histoire que nul ne pourrait qu'inventer.

