07
- L’image est jolie.
- Vous connaissez les faits.
- Ils montrent sans expliquer, disent en cachant, révélant l’apparence. L’iceberg a un tiers hors de l’eau, l’acte c’est moins encore. Derrière se trouvent les motivations. Êtes-vous réel, pure imagination ? J’ai sauté, le temps s’écoule autrement, j'agonise entre deux mondes, une situation digne de moi. Je suis un enfant, les mots sont des cubes, j’échafaude une situation, elle ne me convient pas alors je détruis tout pour en édifier une nouvelle, qui me plaira un moment avant que… Et le cycle se reproduit. La mort serait cet état de doute continuel. l’Enfer m’étant destiné vous seriez le diable en personne.
- En ai-je l’air ?
- Baudelaire disait que la plus grande force du diable était de faire croire qu’il n’existait pas.
- Cela ne fait pas de moi Satan.
- Ce rôle me revient.
- Vous vous sentez mort ?
- Je ne me suis jamais posé la question aussi franchement. Enfant la mort était hors de ma conscience. Je fonctionnais mais vivais-je pour autant ? Seul, sans regard m’atteignant, comment exister ? L’enfance colle à mes semelles. Je suis enfermé, coupable d’un acte signant mon anormalité, une agression contre moi ou autrui.
- Coupable... L’est-on de sa vie, des circonstances nous poussant à l'inéluctable du fait de ce que nous vécûmes ?
- Dissoudre la culpabilité ! La psychiatrie excuse sans expliquer.
- Le temps pourrait lui donner raison.
- Ou tort ! Combien de vos patients finirent-ils en taule ?
- Ceux méritant d’y être. Vous avez raison pour certains, mais la folie peut pousser un être à des actes qu’il ne maîtrise pas.
- A quoi me poussa-t-elle ?
- J’aimerais que vous me le disiez.
- Ma mémoire défaille, coupable ou innocent, un mélange des deux peut-être, pour conserver une case de chaque couleur. Quelque part cela me plairait d’être un monstre, un de ces tueurs en série que le cinéma utilise, entouré d’autres criminels dont aucun ne serait pire que moi. C’est plaisant à imaginer. A vivre…
- Cet hôpital ne fut et ne sera jamais une prison. Trop facile pour les autorités qui évitent leurs responsabilités en classant déments qui ne le serait pas. Vous avez envie d’avoir commis des crimes atroces ?
- Ce serait une vie peuplée de visions terrifiantes qu’aucun traitement ne pourrait endiguer. Je joue avec mes mots cubes sans rien édifier. Je suis un instant qui s’enfuit déjà, le temps fuit entre mes pensées. A quoi m’accrocher ? Des questions acérées, des images douteuses, il me reste des impressions dont chacune s’effriterais si je l’observais de plus près. La vie organique n’est pas un avantage professeur.
- Vous regrettez le minéral ?
- Cet arbre au centre du parc, voilà l’exemple de mon idéal. Nous sommes incapable de comprendre un végétal et pourtant ce qu’il montre révèle la vie qui est en lui, cette force à laquelle nous ne pouvons accéder.
- Être une plante est mal vu.
- Mais nous pouvons fonctionner ainsi, limité à nos besoins vitaux. Est-ce une qualité de pouvoir agir comme nous le faisons ? C’est une force, d’accord mais si individuellement l’arbre est faible devant nous, le monde végétal pourrait être une forme de vie où l’individu n’aurait pas de sens, où la conscience toucherait à l’immortalité du fait de pouvoir se reproduire à l’identique. Une durée de vie supérieure à l’humain, cent fois pour certains. Arbre… Je suis là pour parler n’est-ce pas ? Dire ce qui me passe par la tête, désirer devenir plante, m’enterrer à demi, ne plus bouger. J’aurais été déclaré humain par erreur, la nature parfois se trompe de sexe, peut-elle se tromper de règne ? Ayant eu ce comportement ma présence ici s’expliquerait.
- Vous savez qu’un de vos condisciple est atteint de cette affection avec cette particularité de ne pas fixer la chlorophylle ! Il vit dans le noir, se nourrit d’eau et d’engrais.
- Amusant.
- C’est une façon de voir. Moi qui le rencontre régulièrement je vous assure qu’il est prisonnier d’une psychose gravissime. Imaginer est une chose, vivre, et endurer, est bien différent.
- Cela ne peut venir que d'un vice de construction, il a conservé des traces d’existences pré-humaines. La chaîne nous amenant au présent est longue, complexe, parfois un maillon coince, colle au précédent, et provoque un mélange imprévu se traduisant par le comportement que vous décrivez. Je ne me moque pas, c’était par jeu que je me voyais m’enterrer. Je ne le ferais jamais, trop fatigant ! Quelle erreur se produisit-elle dans mon évolution, quelles esquilles du passé sont-elles remontées vers moi, empreintes qui, perdurant, finirent par affleurer à ma conscience. La folie vient de quelque part professeur, je ne vous l’apprends pas mais vous le répète avec plaisir. Se limiter aux parents c’est faire fausse route, c’est oublier cette suite de formes que prit la vie et dont nous ne sommes que le maintenant. Vous ne ferez rien de cette piste ? Ce n’est pas grave pour moi mais je sais qu’elle est bonne, qu’elle est une solution.
* *
Ou une dissolution par volonté d’associer des éléments incompatibles.
Nous restâmes silencieux longtemps, chacun perdu dans ses pensées, moi cherchant à percer le brouillard m’entourant, lui à comprendre ce que je venais de dire pour tenter de le réfuter en cherchant dans son éducation s’il en trouvait l’écho. Il m’observait et cela m’arrangeait. A trop de solitude correspond la difficulté à se sentir vivant. A l’époque où je vivais en famille elle était déjà là, comme si l’on me regardait sans me voir, en me voulant différent de celui que j’étais. Pas de question mais la perception de cette incohérence me formatait d’une façon particulière. J’ai cherché, espéré, un regard porté sur moi sans jamais le rencontrer dans les yeux des femmes que j’ai croisées. Finalement toutes voulurent me façonner selon leur désir.
L’imagination fut ma porte de sortie sur un monde où j’existais, la réalité ne m’admettait pas, la réprobation m’entourait, le refus, voilà le terme exact, j’était présent en apparence mais devant accepter le moule. Je n’en veux pas à ceux qui m’imposèrent cela, ils n’étaient pas conscient de leurs pensées, de leurs motivations, ils obéissaient à des contraintes difficilement compréhensibles de l’intérieur. C’est maintenant qu’il m’est permis de réaliser ce qu’ils firent.
L’imaginaire scinda ma personnalité, une partie consacrée à la communication, l’autre abritant mon vrai moi. Dans ces conditions j’avais devant les yeux l’entrée de l’asile psychiatrique et ne la voyait pas. Pourtant on m’en parlait, du fait de la proximité géographique d’un établissement spécialisé. L’ironie du sort serait que j’y sois sans le savoir. Je rêvais, maintenant deux personnalités jusqu’à ce que je doive en privilégier une. L’étrangère, la vraie ? Contraint de rester au contact de la vie sociale je me serais perdu, séparé définitivement.
- Vous êtes bien pensif ?
- Je tourne en rond. Le réel, l’imaginé, comment différencier l’un de l’autre sinon en fraisant appel à des références imposées ? Les échos de nos paroles roulent en moi, se superposent, je voudrais retenir nos propos, en saisir le sens profond mais c’est difficile. Comme quand j’écrivais je me laisse emporter, le présent compte et encore suis-je spectateur de ce que je dis. Je m’écoute difficilement, les phrases se forment en moi, ma bouche les prononce mais sont-elles miennes ? Elles passent, courant dans lequel je tente de pêcher une idée nourrissante, mais je reste insatisfait, espérant en un avenir inaccessible. Je devrais m’allonger sur un divan et vous prononcer quelques mots qui me feraient réagir, par analogie. Méthode inutile, je me souviens que je fus toujours dans cette position, j’aimais faire face à… Ennemi est un mot trop fort, ami ne saurait convenir, disons : à mon partenaire psychiatrique. En face de moi, comme le papier sur lequel l’encre inscrivait les mots que je savais miens, et le regrettant.
- J’ai l’air d’une feuille ?
- Pour ce qui est de la couleur un peu. Vous restez trop enfermé, ce n’est pas sain, le corps a besoin de lumière, de soleil, d’exister, il n’est pas l’emballage de l’individu. Il en fait partie. Et pourtant… Je ne vivais qu’en écrivant, enfermé, nourrissant le chariot de ma machine, bouche avide jamais repue. Une feuille de plus, malgré ma fatigue j’en rajoutais une puis une autre, puis… Puits sur lequel j’étais penché, aspiré, vision faussement blanche mais marquée d’obscurité, l’encre projetée par mes peurs, mon refus d’ouvrir les yeux. Je sais pourquoi je ne parvenais pas à suivre, je courrais, je fuyais, je souhaitais m’arrêter et quand cela arrivait je me sentais mal à l’aise, en moi bouillonnaient des forces qui se formaient comme autant de monstres qui, restant à l’intérieur m’eussent dévoré.
- L’image est parlante.
- Criante, hurlante, vous n’entendez pas professeur, vous n’entendez rien ? Est-ce trop loin pour vous, devrais-je hurler réellement ? L’ai-je fait, frappant à la porte, griffant les murs, tombant à genoux, front contre la douceur d’une paroi matelassée, cherchant à contrôler la violence circulant dans mon âme, finissant par pleurer, par implorer une paix que je ne voulais pas. Le piège ! Attendre, lutter encore mais je subissais, j’endurais, prisonnier d’une croix imposée par qui ou quoi ? Tant de mots, d’instants figés par la parole qui déjà font partie du passé puisqu’un autre se présente. Parler moins, réfléchir, entendre mes paroles, les canaliser pour en augmenter la force. A se disperser on se gaspille sans rien faire de bien. Y’a-t-il une logique dans mes divagations ? Le souhait d’atteindre un but ? Je m’attends au bout du chemin mais plus j’avance plus ma destination recule. Je tends les bras, les pensées, espère m’atteindre et serre dans mes mains l’ombre que le brouillard avait créé pour me tromper. Le chaos paraît échapper à toutes règles. Faux ! Il porte un espoir perceptible. Je crus me disperser, ce fut le moyen de redistribuer des cartes battues depuis longtemps. Une nouvelle donne fut faite, à moi de l'utiliser. Ne pas lutter contre ces pressions internes. Si une forme d’organisation manipule le chaos tenter de la décrypter eut été un obstacle incontournable. L’abîme de la démence m’eut absorbé, comme tant de vos patients je geindrais dans un coin, allant de droite à gauche pour me donner l’illusion du passage du temps.
- Vous disséquez votre cas avec beaucoup de lucidité. Tant prennent ce qu’ils croient pour ce qu’ils sont.
- Je suis votre patient, je ne suis pas censé comprendre ce que je dis, ni même tenir un discours cohérent. A quoi bon sinon par souci de la normalité. Je ne l’ai pas, ce qui me tient c’est savoi pourquoi je n’ai pas cédé. Je me souviens d’une nuit profonde venant vers moi, m’entourant, pénétrant mon esprit avec l’ambition de ne laisser qu'une apparence, vide, coquille à peine capable de souscrire aux exigences de la nature. Elle voulut me laminer, me détruire, me… Tous les synonymes que vous trouverez s’appliqueraient. Elle est passé mais le jour n’est pas là. Entre chien et loup ? Non, c’est le soir, entre loup et chien ! Je fus rongé par un feu intérieur intense qui m’a débarrassé d’un lourd héritage, reste à ouvrir les yeux.
- Le plus difficile.
- Est-ce même possible ?
- Vous portez la réponse en vous. Je vous donne quelques indications, je suis votre miroir, être le regard qui vous manqua. Voilà mon rôle.
- A combien avez-vous été totalement inutile ?
- Plus que je voudrais. Je m’occupe de cas complexes, me contentant de dépressifs mon taux de réussite serait centuplé, quel intérêt ? Je ne fais pas ce métier pour m’ennuyer.
- Il est des cas inespérés. Comment remodeler un esprit ? La thérapie génique modifie le corps sans inverser le temps. Un jour vous pourrez reculer l’être, en modifier la structure génétique, le contexte évolutif, éducatif, alors vous guérirez tout le monde, mais vous ferez des individus si proches de la perfection qu’ils ne mériteront plus le nom d’êtres. Ils seront les images d'un impossible idéal.
- Il n’y a pas de solution ?
- Chacun porte la sienne par l’utilité pour lui-même qu’il génère. Quand l’effondrement est total il ne reste aucun moyen d’accès.
- Mais vous ?
- Ai-je exhibé tous les symptômes d’une psychose définitive ? Quelles ressources ai-je utilisé ? Avais-je prévu ce qui arriverait, trouvé le moyen de me protéger, non en résistant mais en accompagnant. Je comprends que mon cas sollicite votre intérêt mais pour qu’il soit utile à d’autres il faudrait que vous formiez le malade ?
- Vous savez que c’est impossible.
- Qu'apprendre d'expériences connues ? Combien d’esprits avez-vous disséqués en cherchant une solution, et combien le furent par vos prédécesseurs ? Vos expériences sont fragiles, vous intervenez trop tard, vous ne pouvez reculer dans le temps, l’anamnèse apporte des réponses parcellaires. Quelle partie de ma vie avez-vous reconstitué ? Suffisamment pour me comprendre ? J’en doute, moi-même j'ai oublié ce que je fis et connus. Pourquoi me charger de souvenirs inutiles puisque d’eux je n’ai rien à apprendre. Vous ne pouvez remonter en-deça de de ma vie. Mon expérience ne suffit pas, pour le reste vous ne trouverez que des réponses partielles. Suffisante pour certains, mais pas aussi instructives que vous le voudriez, que le voulut votre grand-père. Vous avez un parc profitons-en. Jeune j’aimais marcher des heures, réfléchissant ainsi. Attitude qu’eurent bien des penseurs. Ce qui n’indique pas que j’en sois un mais l’analogie me plait. Vous mettez les pieds dans les empreintes fantomatiques mais présentes spirituellement de votre aïeul.
- Bonne idée mais ce n’est rien d’extraordinaire.
- Pour vous. Je ne sais depuis combien de temps je suis enfermé, l’air du dehors est un trésor que vous n’apprécierai jamais. Je me voulais dense, contracté jusqu’à ne rien laisser sourdre de moi, aucune lueur, pas la plus petite pensée. Je pensais qu’un tel voyage était à sens unique, mais on dirait que non, que je suis proche d’une réalité que je comprendrais peut-être comme un film avec une fin surprenante, une histoire conçue pour égarer le spectateur me plairait. Combien d’heures ai-je passé à vagabonder mentalement, sans penser à rien de précis. Une image remonte des abysses. Un soir d’automne, j’erre en cherchant je ne sais quoi, ou qui. Les rues sont vides, je ne peux aller plus loin ni adresser la parole à quiconque. Je rentre, dans l’appartement d’abord, dans mon placard ensuite où je m’interroge sur la cruauté du destin. Des mots tissent un décor racontant une vie qui paraît avoir été la mienne, paraît seulement puisque je ne suis sûr de rien. Ballet des caractères sur le papier, les pages s’accumulent, le temps transmuté en histoires disant le désespoir que je percevais, ce qui paraissait être moi. Moi ? Marchons professeur, tournons en rond sans nous interroger plus avant, sans regarder le bout du chemin.
- Nous savons ce qu’il est, d’ici-là que de découvertes, de rencontres.
- Un tunnel, une lumière…
* *
Je me tus, mains dans le dos, regard en quête de pensées intérieures fugaces. Le temps c'est ce chemin. Avancer et recommencer.
Chaos, confusion, tout devient possible, la vérité est multiforme. Cortège de fantômes, ballet spectral m’accompagnant pour nulle part.
Derrière ces murs trouverais-je mon placard-bureau ? Montant sur le faite du mur je me pencherais sur mon épaule, verrais les mots expliquant que je monte sur mon épaule, regarde un texte disant que je… La boucle se refermerait, j’aurais devant moi, une éternité de démence à vouloir briser un cercle que rien ne saurait plus rompe.
Démence pour ambition, avenir assuré, nourri, logé, blanchi, ce que je fus si longtemps !
Image du tour, de la case départ, une chance de la retrouver, de la comprendre, d’avoir cette fois les yeux ouverts sur le cri libérateur de tant d’angoisses accumulées. J’ai voulu hurler, cela m’arrivait parfois, pour me vider d’une pression intérieure devenue intolérable.
Ouvrir les yeux, apprendre le décor, naître enfin de moi-même. Folie-accoucheuse libérant l’esprit de ce qu’il fut formaté pour croire être. Formulation compliquée ? Précise malgré tout. La folie en sage-vie, allant prendre l’âme au cœur des habitudes comportementales et sociales, au cœur de l’appris, du contraint. Combien en prit-elle dans ses mains attentionnées, combien la virent et n’y survécurent pas ?
La démence s’interrogeant par elle-même, une conscience sur ses limites, de qui suis-je le héraut ? Les réponses alternent au gré des mots. Saisir au passage plus qu’une masse de brouillard sur laquelle ma main se referme en restant vide.
Ouvrir les yeux sur une vérité dont je soutiendrais le regard, ambition d’une vie, la mienne, s’utiliser pour comprendre. C’est ce que le prof ou son grand-père ne comprirent jamais, ce n’est pas par l’étude des autres que l’on apprend, c’est en s’autopsyant directement.
Méthode risquée mais ce qui est sans danger laisse dans la bouche une impression d'absence.
Lire dans les murs la vérité qu’ils murmurent, leur utilité. Oui, pas d’animosité, une complicité dissimulée sous un aspect antipathique, un jeu mental. Ne pas céder à la représentation que l’on a d’une chose, savoir dépasser ses à-priori et ne pas reculer. La lucidité appelle la compréhension.
Sans chercher au travers de quels yeux je peux regarder l’inverse me tente. Quel regard attend de plonger en moi. Paupières ! Belle incarnation, celles de l’espoir sur les yeux de l’avenir, me relevant j’admirerais un destin prodigieux, un futur...
Je glisse sur la pente fatale de la mégalomanie, me prendre pour un messager, un porteur de lumière ! Je le serais si ce rôle n’était déjà pris. Apporter la vraie clarté, pas celle rassurant en éliminant les zones d’ombres, au contraire, celle qui inquiète en les avivant. La lumière aveuglant qui la verrait sans la mériter.
Je me vois prophète prêchant dans une étendue emplie d’âmes égarées. Ils viendraient à moi ces moutons apeurés par un loup virtuel, ils viendraient à moi et seraient heureux de me suivre, ils viendraient à moi pour abandonner les interrogations angoissantes auxquelles ils ne sauraient plus échapper, sans deviner que l’avenir vers lequel je les guide est leur abîme intérieur.
Sur lui ils avanceraient avant d’ouvrir les yeux, de réaliser qu’ils ne croient pas en leur destin et la peur du vide les ferait tomber dans celui-ci.

