Génial ce film, si, si, je t'assure. Au début on se dit que ça va être un polar comme les autres, on en a tant vu que plus rien ne semble devoir nous étonner. Bon, le décor est d'un banal à pleurer, une cuisine qui vient de chez... tu sais qui, ou de son concurrent, quelle importance, elles se valent toutes, bref, décor d'un commun, on aurait tourné chez moi que ça aurait pas été mieux, ni pire, mais je m'égare, ça c'était le cadre, je situe juste, on sait qu'il s'est passé quelque chose, forcément, lentement on découvre les taches de sang un peu partout, on imagine le pire, c'est dégueulasse, encore un crime commis à coups de couteau, d'un autre côté je comprends, c'est spectaculaire, le poison c'est plus propre mais y'a moins à montrer. Donc le sang, il a giclé partout comme si la victime avait cherché à échapper à son agresseur, là encore c'est logique, le scénariste s'est pas foulé, il a copié la réalité. On suit les traces dans l'entrée puis dans le salon, mieux que la cuisine mais ça sent la petite bourgeoisie qui veut paraît sans en avoir les moyens, c'est te dire si j'étais dépaysé ! Y'a des gens, des types en blancs qui relèvent des trucs et des machins, des cheveux sans doute, pour l'ADN, maintenant c'est toujours comme ça, avec un poil de... enfin un poil quoi, tu trouves l'assassin, quand j'étais jeune c'était pas ça, les flics méritaient leurs salaires, maintenant c'est l'affaire des techniciens, des scientifiques, peut-être que tuer est une science aussi, va savoir ! Ils ont l'air sérieux, c'est rassurant, des acteurs que je connais pas, mais pour les petits rôles ils prennent pas des vedettes, il faut attendre les enquêteurs, le commissaire ou je ne sais qui.
On avance encore. Ah ! Le cadavre sous un drap, logique, comme si ça pouvait le gêner qu'on le regarde, peut-être est-ce par respect, pour ne pas lui rappeler les mauvais souvenirs de sa fin de vie... On entend des voix, la description des faits, il est question de taille de la lame, de la sauvagerie du crime, ça c'est le légiste qui donne son avis en attendant d'avoir le temps de faire son rapport.
Une autre pièce, des types qui discutent, une femme assise avec des menottes, la tueuse sans doute, on la voit mal derrière les flics mais elle doit être connue, sa silhouette me dit quelque chose, enfin ça devient intéressant.
Ce qui est bizarre c'est que je suis seul dans la salle, tant mieux, je serais pas ennuyé par des toux ou des sonneries de portables, personne dans mon dos pour me donner des coups de pieds, j'aime le confort, quoi que... je trouve qu'il fait pas chaud, ils font des économies sur tout maintenant.
On recule, le grand policier que je suppose être le chef s'approche du cadavre, je suis sûr qu'il va y avoir des flash-backs et tout, on va comprendre ce qui s'est passé, un crime passionnel sans doute, c'est rare qu'une femme tue violemment, je suppose qu'elle en avait marre d'être trompée, un mobile vieux comme le monde. Elle endure et puis elle craque, banal, ça doit arriver tous les jours des histoires comme ça, moi-même... La question n'est pas là, peut-être qu'elle sait mais elle est trop molle pour se plaindre, alors pour le reste, pas la peine d'en parler.
Il se baisse, va soulever le drap, j'espère que c'est une vedette.
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M... ais c'est moi. C'est quoi cette histoire, qu'est-ce qu'il dit le flic ?
Non, pas l'autopsie, noooooooooon...

