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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 07:00

 

Les recherches avancent lentement, je sais ce que dit le proverbe mais je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le cas, cette maladie est nouvelle et nous amène à nous interroger. Heureusement pour l'instant elle ne semble pas promise à progresser dans toutes les couches de la société.


Des mois se sont écoulés depuis que j'ai jeté quelques remarques dans ce cahier, je n'en ai plus le temps, je passe la majeure partie de mes journées dans mon labo, et il me faut reconnaître que mes nuits sont occupées de la même façon, j'ai de moins en moins l'occasion de rentrer chez moi, ma femme s'en plaint, mes enfants également mais ils font semblant de comprendre que je ne peux pas faire autrement, le problème est complexe, si j'osais, et je puis me le permettre ici, je dirais qu'il est passionnant. En public je me dois de parler des malades et de la nécessité de faire progresser nos recherches rapidement, ce n'est pas faux, mais le plus excitant c'est l'interrogation scientifiques et ce qui s'y rapporte, c'est un champ de recherche inconnu qui s'offre. Je suppose que j'aurais un point de vue différent si j'étais praticien hospitalier.


Je prends quelques minutes pour relire ce que j'écrivais il y a déjà plusieurs années, le temps glisse entre nos mains et me donne tort, je pensais que cette maladie resterait localisée, il n'en est rien, elle s'est développée socialement et géographiquement, personne ne semble pouvoir être à l'abri, sauf à vivre quasi hors du monde, ce qui est peut-être le cas de certaines peuplades qui ne nous fréquentent pas, et réciproquement, elles au moins ne changent pas leurs modes de vies et en cela elles prouvent que ce que nous appelons progrès n'en est peut-être pas un. Nous voyageons, nous consommons des produits inhabituels, rencontrons des gens différents, cela semble un bien et pourtant les faits infirment cette opinion.


Oui, c'est de pire en pire, pourtant nous avançons mais il apparaît que la maladie mute constamment, nous courons derrière elle sans pouvoir faire mieux que balayer ses traces, éradiquer les formes qui ne l'intéressent plus. Mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Sans doute nos voies de recherches sont-elles mauvaises puisque nous progressons lentement, c'est l'opportunité de nous remettre en cause, d'explorer des voies de recherches nouvelles, je sais que je parais bizarre pour mes collègues, eux persistent à penser "à l'ancienne" comme si demain devait ressembler à hier, quoi qu'il en soit s'ils ont raisons ils trouveront, sinon...


Les choses avancent mieux que je le pensais, enfin, de mon côté, pour ce qui est de la maladie au contraire ses dégâts ne font que croître, c'est comme si la nature se déchaînait contre nous, je sais que certains le pensent, le disent aussi, de plus en plus fort, c'est peut-être vrai, peut-être... Mais ce ne sont pas les questions que je dois me poser maintenant, j'ai tant à faire.


Je vais faire mes premiers essais cliniques, discrètement, personne ne fait trop attention à moi, je passe pour un doux dingue dans mon coin, ce n'est pas plus mal, si j'échoue au moins éviterais-je les quolibets derrière mon dos.


C'est bien, c'est très bien, je jubile, intérieurement, pas question que quiconque devine ce que je fais et que mes résultats sont positifs.


Une totale réussite ! Ça paraît grandiloquent et pourtant les malades que j'ai traités sont désormais exempts de toute infection, c'était pourtant simple, tellement simple.


J'ai réinjecté le virus à mes patients, j'ai besoin d'un temps de réflexion avant de savoir que faire, que valent mes découvertes et, même couronnées de succès, seront-elles utiles, je veux dire qu'une maladie vaincue n'est-elle pas un défi pour la nature et notre espèce vaut-elle d'être sau... non, le terme est impropre, prolongée me semble le qualificatif adéquat, oui, en vaut-elle la peine, et encore ai-je tort de parler d'espèce puisqu'il semble qu'il y ait certaines populations qui ne soient pas touchées, comme si nos civilisations n'étaient que des culs-de-sac et nous appelés à nous éteindre. Nous étions une expérience qui aura échouée, si j'étais la Vie je hausserais les épaules et recommencerait, autrement. Nous agonisons mais luttons comme si nous étions poussés dans nos ultimes retranchements afin de jauger nos aptitudes. J'ai beau lever les yeux je ne vois rien, c'est ce qui m'attriste le plus, je contemple l'infini, je sais qu'il y a quelque chose mais qui dépasse mes perceptions, mes capacités.

Que dois-je faire, brûler mes résultats, les rendre publics, je ne sais pas, je ne sais pas...



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commentaires

A
Tu sais puisque tu viens de les "publier" !
Répondre
L
<br /> Evidemment je garde mes découvertes pour moi, et ce blog bien sûr !<br /> <br /> <br />
P
Sourire, et puis se taire ... :-)
Répondre
L
<br /> être le dernier à le faire.<br /> <br /> <br />

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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