Le bruit et la fureur,
Des éléments déchainés,
Quand la nuit et la peur,
Sont venues m'entraîner.
Tout en moi se rappelle,
Les craquements, les cris,
L'effroi qui ensorcèle,
Moi aussi je gémis.
L'avenir n'a plus de sens,
La vie n'est qu'un mot,
Quand demain est errance,
Et la mort un cadeau.
Le calme est revenu,
Sur mon pont de bois,
Où le mat abattu,
Se demande pourquoi.
L'ouragan se fit cruel,
Laissant des survivants,
Tous marqués de séquelles,
Hébétés, implorants.
J'ai bien trop de blessures,
Pour espérer voguer longtemps,
Par plus de cent morsures,
L'eau envahie mes flancs.
Quand demain est mort sure,
Les marins se querellent,
Pour l'infâme pâture,
Trouvée dans la poubelle.
Peu à peu englouti,
Dans l'océan complice,
La paix est mon amie,
Au cœur des abysses.
Parfois de forts courants,
Vers le haut m'enverront,
Effrayer les vivants,
Qui par malheur me verront.
Dans les profondeurs de l'esprit,
J'aperçois le réel,
Mon âme a compris,
Malédiction éternelle.
Des spectres m'accompagnent,
Équipage de maudits,
Folie pour compagne,
S'exprimant en mots dits !

