Regarde ce miroir j'y incarne la grâce,
Je suis cet idéal que toi aussi tu vises.
Moi ? J'y pensais jadis, alors j'étais soumise,
Aux idées dans le vent, à des définitions,
Qui resteront pour moi plus que de la fiction,
L'impossible à trouver. Je connais mes défauts,
Mon visage imparfait, mes pieds, mes mains, mon dos,
Pour couronner le tout je sais que je suis grasse,
Mais intervertissons dans le mot dont tu uses,
A et c pour trouver un qualificatif,
Qui dirait le réel sans jugement hâtif.
Si ton masque est parfait tu sais qui tu abuses.
La jalousie conduit au fond du caniveau,
Qui lui cède un instant et oublie ce qu'il vaut.
Je comprends ta rancoeur, je lis ta frustration,
Tu voudrais m'égaler, connaître la passion.
Tu dis cela pour moi je te renvoie ces mots,
Plongée dans ta psyché tu cultives le faux.
Veux repousser le temps et figer ton image.
Ta quête est illusion, ton espoir est mirage.
Le courant est trop fort, tu admires la plage,
Sans pouvoir l'aborder ni effacer ton âge.
Et alors, qui es-tu pour oser me juger ?
J'ai le droit moi aussi de vouloir oublier,
Que demain n'est pas sûr, que je devrai changer.
Vivre ma vie ainsi ce n'est pas me renier.
Nous sommes opposées mais si complémentaires,
Que sans moi tu serais triste banalité,
Et sans toi moi aussi d'un commun qui attère.
Tel Janus, associées, toi Laideur moi Beauté.

