Non je ne Péreclise pas, je retrouve seulement un moment important de mon passé, c'était en ... C'était il y a longtemps !
Une bibliothèque de quartier tenue par deux dames, de hauts rayonnages, cette odeur doucereuse de vieux livres et de poussière, l'ambiance calme et feutrée que l'on s'attend à trouver dans ce lieux. J'étais venu m'inscrire en quête de lecture en général mais de Bob Morane en particulier (oui, j'en parlerais bientôt), les formalités effectuées une des dames m'indique une porte au fond à gauche de la pièce. Je m'y rendis donc pour découvrir une pièce éclairée par une haute fenêtre qui n'avait pas connu la chance d'un nettoyage depuis longtemps. Une pauvre ampoule vint à mon aide pour m'y retrouver dans ce local finalement plus accueillant, pour moi, que l'autre.
Je commence à chercher, trouve rapidement ce que je voulais mais continue mon exploration, ainsi je tombe sur un titre qui retint mon attention : Le Carrousel des maléfices ! Le nom de l'auteur ne me disait rien mais je trouvais la couverture si attractive que je décidais de monter moi aussi sur ce manège, j'ignorais qu'il m'entraînerait si loin, je pense même y tourner encore en y prenant du plaisir.
Bref, je m'égare. Cet auteur s'appelait Jean Ray, grâce à lui j'entrais dans le monde du fantastique. Plus tard je découvrais que cet auteur
était l'ami de Henri Verne, l'auteur de Bob Morane, lequel participa au renouveau de l'oeuvre de Jean Ray dans laquelle je venais d'entrer. Oeuvre immense forgée au long de dizaines d'années et
de l'obligation de produire régulièrement pour vivre. Une sorte de motivation qui génère souvent une qualité moindre mais qui dans ce cas vit naître de nombreux excellents contes.
Quelques détails
biographique sur un JR sympathique : Né Raymond de Kremer à Gand le 08 juillet 1887 (lui-même reconnut que le signe du Cancer est celui des aventuriers ce qui me fait plaisir, allez savoir
pourquoi...) il connut une vie aventureuse, moindre qu'il ne se plut à le raconter mais digne d'intérêt malgré tout, laquelle nourrît son oeuvre tout au long de sa vie. Sous le nom de John
Flanders il écrivit en néerlandais nombre de récits dont certains, j'en suis sûr, restent à découvrir et à traduire. Sous ce nom il eut la chance d'être édité quatre fois dans la mythique revue
Weird Tales qui publia de nombreux textes de Lovecraft et autres auteurs fantastiques que je découvris plus tard.
Sans cette première lecture j'aurais pris un autre chemin nettement moins accidenté et intéressant.
Jean Ray mourut dans sa ville natale le 17 septembre 1964 après avoir vu la renaissance de son oeuvre, laquelle fut portée à l'écran plusieurs
fois, jetons un voile pudique sur ces tentatives !

Jean Ray, le regard toujours vers le lointain.
Ce livre contient une vingtaine de textes dans lesquels éclatent le talent, l'imagination et le style si particulier de Jean Ray. Il mélange le fantastique, la science fiction, le macabre et la mathématique, l'ironie et le mauvais esprit, je lui dois donc une partie de ce que je suis devenu et lui en serais éternellement reconnaissant. Maintes fois il s'amuse à guider son lecteur dans un dédale puis à l'y laisser en compagnie d'un rire moqueur qui sera le seul guide du curieux. J'espère vous avoir incité à passer la porte, n'ayez pas peur d'avancer vers la lumière que vous apercevez et si elle semble reculer à mesure de votre avancée dites-vous que vous arrivez malgré tout quelque part.
Réédition chez Néo
Où, ça... Laissez Jean Ray vous prendre par l'imaginaire, probablement nous retrouverons nous quelque part, ou ailleurs !

