J'étais si bien jadis quand tu étais absent,
Régnant dans l'océan quasiment sans partage,
Du petit au plus gros tous me rendaient hommage,
Rares étaient les frimeurs qui me montraient les dents.
Comme tant j'ai souffert de ton apparition,
Toi qui il y a si longtemps vécu dans mon domaine,
Pourquoi en sortis-tu, quelle envie, quelle haine,
Es tu fils de la vie ou sa malédiction ?
Parfois la chance est là, nous inversons les rôles.
Enfin je peux venger nombre de tes victimes,
Bien que tu dises alors que je commets un crime,
alors que quand c'est toi tu trouves cela drôle !
Tu fis de moi la star d'un film à gras budget,
Un pantin de métal qui fut changé en or,
En exploitant la peur dans de piteux décors,
Par de vils producteurs n'ayant que ce projet.
L'ironie, la vois-tu, c'est que mon patronyme,
Est souvent employé pour désigner ceux qui,
se croient des prédateurs, maîtres de leurs envies.
Eux qui ne sont que des prédateurs anonymes.
Ce qui me fait marrer c'est que par la musique,
Plus gaie qu'il n'y paraît je fêterai ta fin.
Aileron du destin libéré du cynique,
Dans l'océan du temps je resterai REQUIN

