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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 05:11
 

Tu es pierre et sur cette pierre, j'élèverai des murs de pierre pour des êtres à l’âme de pierre.

 

Les pires forfaits sont commis au nom d’écrits par qui ne sait pas lire.

 

Joli nounours, jouet rassurant, lui donner un nom, lui parler, finir par l’écouter. Se faire pantin, danser au bout de ses fils, ou faire semblant.

Qui est dans la grande malle ? Qui marche dans le grenier ?

J’ai très envie de jouer.

 

Dieu est la peluche idéale de qui veut rester enfant. L’ami rêvé, le maître parfait, celui à qui l’on peut obéir en oubliant que c’est son propre désir qui s’exprime, la conscience n’ayant besoin que d’un alibi.

Joli joujou donnant envie d’inverser les rôles.

 

Bien sûr nous nous moquons de ces sociétés que nous taxons de primitives et qui pratiquaient les sacrifices humains. Sommes-nous plus évolués pour autant ? Toutes ces morts qui pourraient être évitées ne sont-elles pas un tribut inconscient que l’homo sapiens verse à un Dieu qui n’a jamais changé ? Qu’est la violence qui progresse, qui s’impose, sinon le sourire feulant de la bête avide de satisfaire sa voracité. Ne croyez pas que dénoncer son existence soit une qualité, c’est une lâcheté. Elle n’est qu’en soi.

 

Jésus, descendu de sa croix, se retourna pour la regarder, souriant en imaginant ceux qui se précipiteraient pour s’y faire crucifier ou la supporter pour les plus faibles. Aucun n’ayant compris que le plus important, le plus difficile, est de la laisser derrière soi.

 

Le primitif sanctifie ses instincts. Il veut oublier sa nature, la repousser au loin comme s’il était permis d’effacer ce que l’on est. Refuser l’animal accroît son influence, la peur qu’il inspire est sa vraie force.

 

Le pire en moi : Satan, promettant de bestiales jouissances diluant l’esprit. Tentation christique d’un désert où la mort semble préférable à la victoire.

N’est-il pas trop tard quand glissent sur soi les peurs qui s’estompent ?

La peur se nourrit d’elle-même. Le croyant marmonne ses prières sans parvenir à découvrir un sens qu’elles n’ont pas. Elles n’ont d’utilité que dans la rumination, l’acte absorbe la pensée, les mots sont une réalité, pas une vérité. Le fond disparaît au profit de la forme, mais la religion n’est que cela: l’adoration du vide derrière le miroir de la mort. L’idole de pierre est l’image du paradis perdu.

 

Dieu ! vieux jouet abandonné au fond d’une malle oubliée dans un grenier qui n’est plus visité depuis longtemps. Boule de son n’attendant que l’occasion de tomber en poussière.

 

S’il peut être incarné en une représentation extérieure, le salut ne vient jamais que de soi. Chacun porte son christ mais rares sont ceux réalisant ce qu’Il est.

 

Satan s’ennuie depuis que Dieu a pris sa place. On n’est jamais trahi que par les siens.

 

Frôlant l’humanité en se redressant, l’animal devint bête en tombant à genoux. Regarder au loin est effrayant.

Ou excitant.

L’un va-t-il sans l’autre ?

 

Comme punition du sorcier le Paradis n’est-il pas tout indiqué ? L’Enfer ne saurait lui être hostile.

 

La pensée est blasphématrice par nature.

Essaie, allons... n’aie pas peur.

 

Une fausse réponse suffit à qui a oublié la question.

 

L’Enfer a l’apparence de l’univers primordial ; le Paradis, celle de la fin des temps.

 

En Dieu le croyant imagine une perfection que seul le néant propose. En Satan il dessine ce qu’il se sait être, ce dont il veut s’éloigner. Par le premier, il refuse son âme ; par le second, il refuse son être.

 

Le martyr est le terreau de la religion. Seul celui qui ne possède aucune vie digne de ce nom est prêt à s’en débarrasser.

Rien ne sert de mourir, il faut martyr à point.

 

L’Enfer est gavé de bonnes intentions.

 

Qui s’effraye d’être né cherche dans un lieu de culte un ventre glacé et rassurant.

 

Un vampire ne peut pénétrer dans une maison sans y être convié, ses efforts se limitent à le demander, il ne peut pas agir. Ainsi Satan s’impose dans l’esprit qui le veut bien, qui affecte de le combattre pour mieux lui céder.

 

Ni Dieu ni mettre. Je n’ai jamais désiré me faire maître.

 

Fille aînée de l’église, la France est devenue celle de l’industrie pharmaceutique. Elle peut chanter: “Non, je n’ai pas changé...”

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