La pensée me distingue et veut me contenir,
Espoir de tant d’esprits redoutant de finir.
Tout pour moi est instant, même les millénaires,
S’enfuient en un présent, autant de souffles d’air.
Mon passé est si grand, l’avenir tout autant,
Prisonnière et figée dans le gouffre du temps.
Ces termes sont envie, désir d’une conscience,
De savoir préciser en usant de science,
Ce qu’elle a deviné, un abîme en attente,
Sur quoi nous avançons, irrémédiable pente.
Tu devrais reculer, couper l’aspiration,
Que l’artiste ressent, implacable pulsion,
L’incitant à chercher la vraie définition,
D’une réalité qui pour lui est Passion.
L’absolu comme un jeu, s’il n’est pas illusion,
Une photographie avant dissolution,
Sur le néant figé, masqué... pour quelle fête ?
Qui pourrait m’expliquer ce pour quoi je suis faite ?
Rares sont les déments tentant de me connaître.
Un génie inspiré en entendant ma voix,
Désirait me comprendre en explorant les mots
Sa cause était perdue, sa quête sonnait faux.
Je conduis en enfer quiconque pense à moi,
C’est la malédiction de qui n’eut pas à naître.
Quand le temps est jouet et demain certitude,
Errer est mon destin, mon ombre est solitude.
Incluant l’univers, infiniment petit,
Le hamster a raison, dans sa roue tient la vie.
La réponse est perdue mais a-t-elle existé ?
Je tourne moi aussi, je suis l’
Éternité

