Mordre et déchirer, goût de sang mieux que le miel,
Gibier à massacrer, tueur défiant le ciel.
Assassin tout puissant, être dominateur,
Il n’est qu’obéissant, sujet mais pas vainqueur.
Le couteau est souriant, il est avidité,
Instinct omnipotent, fausse sérénité.
Impulsion qui rugit emportant la conscience,
L’explosant dans un cri quand peur et mort se fiancent.
Ce visage est joli, je vais le lacérer,
Quand il sera détruit, moi seul saurai l’aimer.
Les viscères me repaissent et j’apprécie les os,
Craquant et se brisant quand les dents se font crocs.
L’animal me connaît, sur lui je ne peux rien,
Cible privilégiée, le prétendu humain,
Être si mal formé, pantin entre mes mains,
Agité par des fils, envie, rage et instinct.
Miaulant comme un chaton mordant le souriceau,
Ne sachant rien, croyant, noyé dans un ruisseau.
La terreur me distrait, je la vois qui s’enfuit,
Pourquoi la rattraper, le pouvoir me suffit.
Mais la fatigue est là, ai-je droit à la paix,
A regarder plus haut, à me faire oublier?
Du chaos je deviens la représentation,
Allant sans se soucier, assumant sa mission.
Les pleurs ne me font rien, je vis dans les ténèbres,
L’âme en sa caverne n’est que rites funèbres.
Le plaisir est si fort pour qui se livre entier,
Il oublie son destin, le prix à acquitter.
La vie griffe par moi, je ronge qui me cède,
Le bourreau est perdant, maudit qui me possède.
Qui est mort ne m’est rien, qui meurt me fait plaisir,
Comme au jeu en ce temps, vous vous plaisez au pire.
En croyant me chasser, vous vous offrez à moi,
Trop tard ! Je suis bien là ! J’ai perçu votre joie.
Ma faim vous fait jouir, belle voracité,
J’incarne vos désir, je suis
Férocité

