Doit-on dire que je fus ou bien que je serai ?
Nul présent ne me dit, avenir ou passé ?
M’évoquer me détruit, s’y risque l’insensé,
Quand une page blanche trahit ma vérité.
Un concept adéquat traquant l’inaccessible.
Au coeur de la pensée l’illusion est possible.
Je conclurai quand rien à tout se mêlera,
Paradoxe idéal, le dernier me verra.
Ses lèvres souriront en découvrant qu’enfin,
S’éteint la création, la perfection est fin.
L’idée est l’ennemie, le chaos se propage,
Vouloir l’améliorer n’amène que carnage.
Pantins aux fils tranchés, remisés dans l’absence,
Rassurés d’être miens, oubliant leurs défenses.
Tout est donc diversion, dessiner l’impensable,
C’est créer l’univers tel un château de sable.
L’image c’est la mort et l’autre qui succède,
Ne dira rien de plus, c’est la foi qui décède,
Se veut dominatrice et fond de couardise,
Prend son aspect de cire et tisse sa traîtrise.
Je te perds si tu fuis,
Mais gagne qui me suis.
Illusion abyssale,
Engendrant bien et mal,
Tout en moi se dissout.
Devient lucide et fou.
Ces chants n’ont pas d’objet, ils sont invocation,
Car celui qui m’écrit cherche la solution,
Renier la destinée, défier l’éternité,
Être osant dire non, espérant m’incarner.
Il ne l’ignore pas, son désir est stupide,
Qui pourrait réussir, qui sait combler le vide ?
Mélanger les idées, les cubes d’un enfant,
Percevant l’avenir, les ambitions du temps.
Moi... Mais c’est irréel, ce mot même est absent,
Ni je, ni être, ni phrase ni... Rien...
Néant

