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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 05:30
 

Des ombres, des êtres, ou des choses qui, jadis, méritèrent ce terme, des formes humanoïdes, vues de loin. De près que reste-t-il de ce qu'elles furent, avant, pour celles qui connurent une autre vie, normale, un métier, une reconnaissance sociale ? Et la crise frappa, les temps devinrent difficiles. Malheureusement il n'y eut pas de guerre, pas ici, question de civilisation, impossible de se laisser aller à des exactions de ce genre. Comment se plaindre d'une situation faisant si peu de victimes visibles ?

Dignité ?

Curieux mot, la télévision ne l'emploie plus, bientôt il disparaîtra des dictionnaires, si ce ne sont pas ces derniers qui meurent les premiers. Chacun possède un ordinateur dans lequel il y a les mots, des phrases toutes faites, pratique ! Il suffit de savoir quel numéro taper puis de lire, et encore, le nec plus ultra du progrès, l'ordinateur parlant, à la place de celui qui, ainsi, économise son cerveau. Il n'a plus rien à faire, il n'a plus rien, il n'est plus rien, il n'est plus, il est rien, il, rien, rien…

Les ombres sont-elles à plaindre ? La conscience se paye, elle est une charge, sciant les habitudes plus que les épaules, modifiant les comportements. Elle est un poids qui aide à se relever, c'est pour cela qu'elle fait si peur, qu'elle fait si mal.

Elles errent, poussées par le désir ou/et la peur, habituées à fuir des ennemis les tirant comme des proies molles et gorgées de sang.

Elles marchent, sensibles à tout, les nerfs tendus, le corps prêt à bondir, les jambes à courir, les yeux guettant dans toutes les directions, le danger peut venir d'un coin d'ombre paraissant accueillant ou d'une zone éclairée semblant inoffensive, tout est problématique, chaque battement de cœur est une victoire, à demi vécue, puisque pouvant être le dernier.

Elles savent où elles vont, une grande villa, depuis quelques temps elles observent, notent des habitudes, des comportements, le temps n'est plus à l'attente, il faut agir, vite, le danger menace, la faiblesse les gagne, et tant pis s'ils ne survivent pas. Survivre ? Un mot étrange, il indique l'avenir mais se projeter dans le temps leur est interdit, les mots leur manque, la conscience les dévore, la peur les détruit, la faim les dirige.

De hauts murs surmontés d'une rangée de fil de fer barbelés. On se méfie, mais pas assez ! La faim fait sortir le loup du bois et le pousse à s'aventurer de plus en plus loin de son antre, elle fait sortir les ombres de la nuit encore plus facilement.

Passer l'obstacle, pyramide humaine, une grosse couverture sur les pointes acérées, des peaux s'accrochent, abandonnant sangs et lambeaux mais quelle importance ? Des ombres se laissent tomber au sol, s'infiltrent en territoire ennemi.

Le silence les accompagne, plus loin la maison est illuminée, des invités papotent, des femmes élégantes discutent de leurs dernières opérations esthétiques, les hommes des problèmes économiques dont ils ne souffrent pas mais profitent, l'avenir leur est ouvert.

Non !

Les ombres se rapprochent, leurs regards se font douloureux devant l'opulence, devant ce miroir renvoyant l'image de ce qu'ils ne sont pas, mais aussi, surtout, de ce qu'ils sont, c'est le pire, ce temps de lucidité sur soi qui leur murmure qu'en eux la haine a disparue, ils sont en dessous, la conscience est une ennemie à dévorer avant que ce ne soit l'inverse.

Elles contournent la bâtisse, justement une porte est restée ouverte, comme si elles étaient attendues.

Les mâchoires se tendent, les crocs luisent dans l'obscurité, les sourires se font féroces mais les regards sont lourds de regrets, la vie commande, la vie… Mérite-t-elle ce prix, vaut-elle de descendre si bas, est-ce son plaisir que pousser ses pantins dans des comportements qui les font souffrir sans qu'ils puissent s'en défaire ?


L'aube est de sang, les cris de la nuit s'éteignent doucement, les ombres ont disparues les épaules chargées de lendemains.


Le futur est sans nom, le présent est sans âme, le temps se distrait comme il peut. La mort lance les dès, ils roulent, roulent, roulent…

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commentaires

A
Ton remake des morts-vivants ?
Répondre
L
<br /> Une forme d'état intermédiaire, un no life land, ou, pire, un no life/death land !  Et pourquoi ne pas néologismer (!) un No Leath Land !<br /> <br /> Si la langue est en glaise normal qu'elle soit pâteuse !<br /> <br /> <br />

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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