Qui peut-il plus que moi incarner les contraires,
Représenter l'effroi, paniquer ou bien plaire ?
Dans les champs, les forêts je suis représentant,
De la raison qui fuit, dissoute en un instant.
Je reste un animal et toi un primitif,
Inapte à la pensée comme à la réflexion,
Quand tu es effrayé pris par l'appréhension,
Gorgé d'obscurité, de jugements hâtifs.
Au fond, ce que je suis, c'est d'abord le symbole,
De la sauvagerie que tu veux extérieure,
Tu te vois pur et doux, saint avec l'auréole,
Mais tu en es si loin que cela te fait peur.
Mes pas sont silencieux, ma faim inextinguible
Me fait sortir du bois, guignant ta bergerie,
Tu es trop répugnant pour devenir ma cible,
Je t'observe de loin, dans mon coin je souris.
Un jour, j'en suis certain, tu auras disparu,
Finalement vainqueur, j'arpenterai tes rues,
Plus d'auto, de camion, de pollution, de haine,
Je pourrais triomphant pisser sur La Fontaine !

