En moi tant de trésors, de souvenirs d'enfants,
De moments du passé, du lointain ou d'antan.
Tu me nourris de tout ce que tu ne veux plus.
Des objets de valeur qui un temps t'amusèrent,
Et que, en bon état, ont l'heur de te déplaire,
Tu étais motivé et te voila déçu.
Je connais tes secrets, que peux-tu me cacher,
Dans l'ombre d'un recoin je n'ai qu'à t'observer.
Tu te méfies de tous, tes amis, ta famille,
Mais avec moi tu peux, mieux que te confesser,
Libérer tes instincts, puis ta honte effacer,
Et rester anodin pour ta femme et ta fille.
Sais-tu que elles aussi... mais je ne dois rien dire,
Ma nature est ainsi, je dois me retenir.
Demain matin très tôt, le camion passera,
Tu feindras de dormir et seras soulagé,
Dans un rugissement de machine affamée
Tes sous-produits d'un jour iront nourrir les rats.
C'est un gentil pamphlet, un délicat libelle,
Avant qu'à ton propos un papier soit signé,
Conclusion d'un destin, ton avis de déchet,
Et puis tu t'en iras rejoindre la POUBELLE.

