Des pattes, des pattes ? Sais-tu combien j'en ai ?
Autant je suis banal, anodin, sans attrait,
Je deviens l'exception pour un membre de plus,
Différent ou troublant, inquiétant, inconnu.
Je vis dans un troupeau, nous nous ressemblons tous.
Êtes-vous différents, par vos colifichets,
vos gris-gris, vos logos, des gadgets pour hochets,
Armani ou Zara, moi j'aurais crié " Pouce ! "
Chez vous, sous votre lit, en prison, dans la mer,
Partout je suis présent, témoin doux, apaisant,
Moqueur ou enragé, parfois j'ai du mordant,
Avant de m'apaiser et retrouver ma mère.
Vous appréciez de moi ma toison et ma chair,
Ma peau et mes tendons, ainsi que ma cervelle.
La vôtre je le sais, mérite la poubelle,
Payer pour vous manger serait toujours trop cher.
Vous nous comptez parfois quand le sommeil vous fuit,
A nous vous revenez pour éviter l'ennui,
Croyant être des loups vos crocs sont en plastiques
Mais l'ovin que je suis ne peut-être ironique !

