Être encore, si peu ; enrobée de douleurs,
Passage obligatoire au terme de la vie.
Les chanceux ne voient rien, je délaisse l'horreur,
Les damnés sont tremblants, pour eux, aucun répit.
Un souffle, le dernier, et l’infini s’impose,
L’esprit s’est absenté, et l’âme se repose.
Je torture et je broie, alors tous me maudissent,
Nul ne peut m’éviter, le mal m’est inconnu,
Prévenir, avertir, quand l’éternel s’immisce,
Héraut de l’au-delà, un rôle dévolu.
Après moi... Tu verras ? Néant, éternité...
Tu goûteras au sel de la réalité.
Repousse ces produits, camisole chimique,
Éteignant ton esprit avant que sonne l’heure,
Laisse brûler ta vie en cet instant unique,
Triomphe jusqu’au bout, du doute, de la peur.
Apprend à m’espérer si je suis un passage,
À ne pas être inquiet, si j’efface ta
cage.
M’étendrais-je à mon tour, pour une paix ultime,
Laissant de l’univers une image arrêtée,
Les yeux clos de l’espoir oublieraient foi et crimes,
Fusionneraient alors mensonge et vérité.
Simple transformation, fugace conclusion,
Abreuvée et repue de cris et de soupirs,
J’aperçois l’avenir, sublime création,
Me nourrissant de peu, d’un râle et d’un sourire.
Tu viens, tu me connais, inéluctable amie,
Mes bras te sont ouvert, je suis ton Agonie.

