Le calendrier me regarde, moqueur, comme à son habitude, sachant que je vais me tourner vers lui pour savoir quelle nouvelle contrainte saugrenue sera à observer aujourd'hui. Une fête probablement, la mienne un jour, que nul ne me souhaite jamais. Qui voudrait me faire un cadeau qu'il jugerait dispendieux ? Moi-même ne peut m'y résoudre, le manque d'argent étant plus une excuse qu'une explication.
Des dates bien rangées, le temps maîtrisé, mais si, palimpseste moderne, nous regardions derrière l'apparence imprimée pour voir la réalité verrions-nous des mots ou des secrets dépassant nos intelligences, nous montrant que notre cerveau n'est qu'un cartilage, une masse limitant son activité au minimum.
La nouvelle année est encore jeune mais sûre déjà de son existence et qu'aucun pouvoir, fut-ce celui d'un roi, ne pourra entraver sa marche en avant. Quelle faculté prodigieuse serait de pouvoir se téléporter au dernier jour, faisant de l'an qui passe une fulgurance épiphanique, une respiration fugace, le battement d'un cœur immortel, celui des ailes d'un papillon de papier, menace d'une catastrophe attendant de fondre sur l'impudent imprudent.

