Monsieur, Madame… Je ne sais pas, et vous-même le savez-vous ?
Pourquoi cette lettre ? À vrai dire je ne sais pas mais au moins suis-je certain que vous en prendrez connaissance. Pour vous exprimer mon ennui sans doute. Je voulais être au vert, cette situation ne me convient plus, ce décor est une prison dans laquelle je tourne en rond, pas moyen d’en sortir, où aller, ailleurs serait comme ici, je le sais.
Tout est bien, c’est vrai, trop bien, d’un calme insupportable, d’une routine soporifique, je reconnais que vous avez fait un effort mais la personne qui se trouve avec moi n’a plus la côte. Que dire, que faire ? Aucun divertissement, pas de jeux vidéo, de grands magasins, pas de télévision ni même de radio, pas de disque, même l’écriture reste à inventer, c’est vous dire mon mérite de vous adresser cette lettre !
Rien ne m’appartient, rien…
Ah ! J’aperçois l’autre pensionnaire, on dirait qu’elle discute avec quelqu’un dissimulé dans un taillis, ça a l’air intéressant. Son interlocuteur s’en va, c’est bizarre, je pensais que nous étions seulement deux dans ce jardin.
Elle revient, on dirait qu’elle tient quelque chose dans la main, une pomme, c’est sûrement une idée de vous, succulente d’abord, les pépins ensuite !
Comme enfer autrement qu’y goûter ?
Votre…(Mettez le terme que vous voudrez !)
En pensant : Il aurait pu se taire Adam !

