Pet Sematary - Stephen King – 1983 – Albin Michel

Louis Creed venait s'installer à Ludlow avec sa femme, Rachel, Eileen sa fille, et le chat de celle-ci, Winston Churchill, et Gage, le petit dernier. Le voyage de Chicago jusqu'à cette bourgade perdue du Maine avait duré 3 jours et la maison qui leur était promise était une bâtisse de style colonial avec 3 grandes pièces au rez-de-chaussée, 4 chambres à l'étage et une remise, le tout entouré d'une étendue de gazon. L'ensemble à la limites de terres appartenant à l'état du Maine.
Rachel et Eileen parurent ravie, Louis en soupira de joie. Après quoi elle joua à la balançoire, tomba et se mit à saigner. Gage suivit en se mettant à hurler, heureusement Louis était médecin, et pouvait affronter les risques encourus par un nourrisson. Il examina son fils et découvrit une protubérance au-dessus de sa nuque, ainsi qu'une petite créature velue que Eileen aperçut aussi, ce qu'elle crut l'autoriser à crier ''Une abeille !''
Venant de derrière lui Louis entendit une voie affirmer ''Y'a qu'à retirer le dard et frotter avec un peu de bicarbonate, et hop ! L'enflure s'en va''. Ces mots prononcés avec un telle accent qu'ils parurent une bouillie sonore pour le nouveau venu.

Louis Creed fit ainsi la connaissance de Judson Crandall. Rencontre opportune, le vieil homme était sympa et avait un jeu de clés laissé par les anciens propriétaires. Au passage Eileen l'interroge sur un chemin aperçu à la limite de la propriété.
L'installation se fait sans autres incidents. Le soir venu Louis laisse sa famille se coucher alors qu'il va voir son voisin, rien de mieux pour connaître les lieux. Judson sait tout sur tout et une seule chose lui déplait, la route qu'emprunte de nombreux camions de jour comme de nuit. Pour Louis, habitué au vacarme de Chicago le calme paraît extraordinaire.
Au passage Jud lui parla du sentier observé par la fille de Louis, il expliqua à ce dernier qu'il conduisait à un cimetière d'animaux. La route est impitoyable !
Une paire de bière ingérées Louis rentra chez lui, au moment de

se coucher il aperçut par la fenêtre la cigarette de son voisin. On dirait qu'il monte la garde, qu'il guette quelque chose.
Les semaines suivantes Louis fit connaissance avec l'université où il allait travailler, ce qui ne l'empêchait pas d'aller retrouver Jud presque chaque soir.
C'est la rentrée, chez les grands, pour Eileen. Ses parents étaient plus angoissés qu'elle mais elle rentra ravie.
Plus tard Louis s'en fut mettre le bébé au lit, le soleil de la fin d'après-midi éclairait l'escalier, parvenu au palier il ressentit d'un coup un pressentiment horrible et ténébreux et la chair de poule envahir ses bras et son dos. L'impression se dissipa et il sourit, conscient d'être tombé dans une espèce de trou psychologique, une perte de conscience brève dont les épileptiques ne sont pas seuls à souffrir.

Bizarrement il lui revint une vision du ''hall d'exposition'' de son oncle Carl, l'entrepreneur de pompes funèbres.
Bientôt c'était Louis qui allait faire sa rentrée. Une après-midi Jud vint les voir et proposa à la petite fille de lui montrer le chemin qu'elle avait remarqué le jour de son arrivée. Un copain d'école, George Buck lui avait expliqué où il conduisait. Finalement toute la famille Creed suivit le vieil homme.
Le chemin leur permit de découvrir des paysages magnifiques, nimbés d'une impalpable brume d'or estivale. Trajet long, fatigant pour Louis qui portait Gage sur son dos, arrivés ils passèrent sous une espèce d'arcade constituée de vieilles planches abîmées au centre de laquelle une main malhabile avait écrit SIMETIERRE. L'inscrit était en partie effacée mais toujours lisible.
Ils découvrirent une clairière d'une quinzaine de mètres de diamètre, un périmètre de gazon couvert de petits monuments funéraires édifiés par des enfants. Les tombes formaient des cercles concentriques. Jud leur montra la tombe qu'adolescent il avait creusé pour son premier chien, Spot, décédé en 1914.
C'est Eileen la plus marquée par ce cimetière qui l'amène à s'interroger sur la mort en général et sur celle de Church en particulier, avec l'affirmation que ce chat est à elle, il n'est pas question qu'il disparaisse ! Rachel l'a remarqué et refuse qu'elle y retourne, elle aussi a mal supporté la visite et s'emporte à propos du malaise de sa fille pour dissimuler le sien !
La nuit suivante, incapable de trouver le sommeil, il ne put retenir ses souvenirs de défunts familiaux.
Enfin Louis peut prendre son poste de médecin chef de du centre de médecine de l'université d'Orono, la vie continuait, normale. Jusqu'à ce qu'un jeune homme soit amené à l'infirmerie avec un trou dans le crâne augurant mal de son avenir à court terme.
Pour comble de malchance l'ambulance était en panne !

Le blessé eut pourtant la force de murmurer quelques mots : Le Simetierre des animaux ! Louis est tétanisé par ces mots mais l'homme poursuit : Un cœur d'homme a un sol plus rocailleux encore, Louis. On y fait pousser ce qu'on peut... et on le soigne.
Le médecin est choqué cette fois que le mourant l'appelle par son prénom. Mais il était seul pour accompagner la victime, personne n'avait entendu ses ultimes paroles. Victor Pascow est mort, une jeune fille avec laquelle il faisait du jogging put donner son nom.
L'enquête conclut que Pascow avait franchi un carrefour protégé, une voiture l'avait heurté et projeté contre un arbre.
L'année commençait mal !
Au moins Rachel s'évertua-t-elle à lui faire passer un bon moment pour oublier l'incident. Louis s'endormit rapidement mais un bruit violent l'arracha au sommeil, il ouvrit les yeux et grâce à la lune aperçut dans l'encadrement de la porte Victor Pascow qui l'invita à faire un petit tour.
Bien sûr qu'il rêvait, alors autant jouer le jeu, et suivre le défunt. Jusqu'au Simetierre !
Victor y affirme à Louis qu'il est son ami et lui conseille de ne jamais passer le portail et que sa destruction ainsi que celle de ceux qu'il aimait était proche.
Quand il s'éveilla, réellement, Louis n'avait rien oublié.
Et ses pieds étaient couverts d'une croûte de boue séchée mêlée d'aiguilles de pin que Rachel ne doit pas voir.

SK prend son temps pour présenter personnages et environnements, histoire que nous nous familiarisons avec eux, ainsi pouvons-nous suivre les événements, dramatiques, qui vont se succéder et partager sentiments et effrois vécus par les uns et les autres.
Laissez-vous prendre par la main, le sentier est long mais vous verrez de beaux paysages, arrivé, observez les tombes, les noms, les dates, ensuite vous pourrez, ou non, continuer.
Qu'aurais-je fait si j'avais eu cette possibilité ? Je ne le saurais jamais, heureusement.


