Stephen King – 2013 – Albin Michel 
Automne 1973, le plus beau de la vie de Devin Jones, quarante ans plus tard il peut le dire ! À cette époque le ciel de la Caroline du Nord était dégagé et l'air doux, même à 7 h du matin quand il quittait son appartement.
Son rituel est bien établi, un arrêt chez Betty, la boulangère, pour acheter deux croissants.
Le plus bel automne qui vit son cœur se briser à cause de Wendy Keegan. Ils s'étaient connu au cours de leur première année à l'université du New Hampshire. Tout allait bien entre eux, jusqu'à ce que Wendy trouve pour l'été un boulot chez Filene, à Boston. Elle lui murmura qu'ainsi elle pourrait avoir sa chambre... eux qui n'avaient eu l'occasion de le faire.
Lui retrouvait son travail à la cafétéria, à nettoyer le sol, à remplir les lave-vaisselle.
Pourquoi ne pas trouver un autre travail, et cette petite annonce proposant un job à Joyland ? Wendy l'avait poussé à postuler.
Quarante ans plus tard Devin se demandait encore pourquoi il n'avait pas été assez bien pour elle qui avait préféré le lit du premier venu.
Joyland était un parc indépendant, suffisamment grand pour en mettre plein la vue, et quand le jeune homme s'y rendit, encore en travaux avant la saison. Histoire de faire connaissance avec les lieux il commence par un tour de grande roue, avec arrêt au sommet.
Génial !
Histoire d'être plus près de son travail il peut s'installer chez Mrs Emmalina Shoplaw, il sera à quelques minutes du parc et pourra venir à pied.
Et puisqu'il fait partie de la maison son nouvel ami, Lane Hardy, lui avoue qu'il y a une maison hanté dans le parc. La Maison de l'Horreur. Ce n'est pas qu'une attraction, le train fantôme en l’occurrence, il y a une vraie fille fantôme à l'intérieur.
Mrs Shoplaw possède quatre chambres mais n'a qu'une autre pensionnaire, miss Ackerley, la bibliothécaire.
Quand au fantôme la logeuse ne peut l'affirmer, en revanche il y a bien une histoire de meurtre. Et puisque Devin veut en savoir plus elle veut bien lui raconter ce qu'elle sait. La victime s'appelait Linda Gray et venait de Florence, en Caroline du Sud.
Son meurtrier l'avait égorgé à la moitié du train fantôme.
Un journaliste découvrit quatre autre crimes pouvant être imputé à l'assassin de Linda Gray. Celui-ci n'avait pas été arrêté, tout ce que l'on savait de lui est qu'il avait un tatouage d'oiseau sur la main.
Vous connaissez Stephen King et imaginez des scènes atroces, des créatures fantastiques et terrifiantes. Rien de cela ici ou l'intrigue sert de justificatif au roman qui est plus le regard d'un homme sur son passé, King lui-même peut-être est arrivé à l'âge de regarder en arrière plutôt qu'en avant. Devin est plein d'ambitions, il se voit écrivain, marié, père... alors que la vie va raboter ses illusions et lui apprendre que les rêves se réalisent rarement. Pour autant que ce soit une bonne chose qu'ils le fassent, mais que c'est dans la nature de l'être que de se projeter dans le futur en l'auréolant de réussite professionnelle et personnelle.
L'existence pourtant est faite de petites joies qui avec le temps ramènent les grandes peines à une plus juste proportion.
Sympa de regarder le monde du haut de la grande roue, mais il faut redescendre. Ce qui n'est pas si mal.
Non ?

