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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 07:45

Franck Thilliez – 2009

 

1982 Claude Dehaene rentre au rez-de-chaussée d'un immeuble, son matos photo dans son sac. Dehors vrombissent les chasseurs-bombardiers israéliens survolant Beyrouth ouest. Il est heureux d'avoir retrouvé Najat mais il va devoir se cacher pour échapper aux soldats. Quand un milicien chrétien libanais, s'approche de sa cachette il craint d'être découvert. Mais non, le phalangiste repart, mais ne referme pas la porte du placard, ainsi Dehaene peut-il voir ce qui se passe.

Le calme revenu il ose enfin sortir de son trou, et découvre des amas de corps dispersés, des survivantes cherchant un mari, un fils. Il est trop tard, ceux qui l'ont aidé sont morts, il ne peut que partir, emmenant souvenirs et culpabilité.

De retour à Paris il ne dit rien, officiellement aucun étranger ne se trouvait dans les camps de Sabra et Chatila.

 

Plus tard quand Blandine, sa femme, mettra au monde leur fille il pensera que c'est Najat qui revient. Mais plus question de photo, ses reportages sont enfermés, la ville l'effraie. La famille part pour le Nord, région d'origine de Claude. Il n'a rien trouvé de mieux qu'une ferme située à 200 mètres d'une nécropole allemande où dorment 36 000 soldats. Claude est heureux, il relit la bible, prie. Malheureusement pour le couple tout désir sexuel est mort en lui.

Lundi 8 10 2007. Laboratoire de psychologie expérimentale. Alice Dehaene passe un dernier test. Le docteur Luc Graham la fait asseoir devant un écran d'ordinateur. Des images vont défiler, elle devra réagir à chacune.

Le but est de la terroriser.

 

Alice arrache capteurs et mentonnière et part sans se retourner.

Claude est chez lui quand il déboule une voiture qui s'arrête près de lui. Une femme en sort, s'approche... et le poignarde deux fois alors que chez lui Luc voit ses travaux lui être volés presque sous son nez. Dorothée Dehaene pense-t-il.

Julie Roqueval s'arrête quand une femme lui fait signe, elle parle d'un homme nu couché sous un arrêt de bus. Rien à faire d'autre que l'emmener à l'hôpital de Lille. Elle le connaît pour y travailler, en tant qu'assistante sociale. Elle demande à ses collègues si le Dr Graham est là. Non. Pourquoi ce M. Dehaene est là ? Pour s'être poignardé lui-même ? Évidemment, la psychiatrie semble s'imposer mais il ne veut pas en entendre parler. Julie n'a rien à faire, elle feuillette le dossier de ce patient, découvre son trajet, craint une récidive. Julie n'est pas en uniforme, Claude pourrait accepter de lui parler.

 

Alexandre se réveille dans un endroit obscur qu'il ne connaît pas, tellement semblable à une cellule. Pourquoi est-il là, ça... Et s'il était arrivé quelque chose à sa famille ?

Alice se demande où elle se trouve et ce qu'elle a pu faire depuis qu'elle a quitté le centre de test, c'est-à-dire, depuis deux jours ! En revanche elle n'a pas oublié son adresse. Son répondeur est plein de messages de gens qu'elle connaît, ou pas. Se souvient-elle de la thérapie suivie avec le Dr Graham ? Celui-ci aime à en réécouter des passages, ce qui l'a conduit à faire d'Alice le cœur de ses recherches. Elle parle de ses rêves, et ce cauchemar qui revient. Elle est nue, plaquée contre un mur de pierre s'étendant à l'infini de chaque côté. On dirait unej geôle du Moyen Âge. Son chien, Don Diego aboie, Dorothée, sa sœur, rit, le serpent jaillit de son ventre... elle crie, et se réveille ! Luc est satisfait, il sent la solution proche.

 

Mais pour Alice réalité et cauchemar semblent se rapprocher jusqu'à se confondre. Sans doute ce qu'il lui faut pour comprendre l'une et l'autre. Quand à sa sœur, Dorothée, quelle idée d'avoir été si proche de luc ! Bref, les pièces du puzzles ne s'emboitent pas, elles se superposent, luttent pour faire leur place au détriment des autres qui résistent sans toujours savoir ni comment, ni pourquoi.

 

 

 

La vraie question est peut-être que la sœur qu'Alice croyait disparue ne le serait pas. Sans oublier Nicolas, 8 ans. Et Birdy ?

 

Les personnages se superposent, les séquences s'entremellent jusqu'à ce que le lecteur soit aussi troublé qu'Alice, aussi inquiet qu'elle. L'esprit est plein de surprises, souvent mauvaises et pour survivre au mal finit par l'intégrer. Ce n'est pas moi qui dirait le contraire. Vous pouvez retrouvez Alice.

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