坊っちゃん – Natsume Sôseki – 1906 – Le serpent à plume éditions – traduit du japonais par Hélène Morita 
Tout commence par un aveu, celui du narrateur qui reconnaît n'avoir pour héritage reçu qu'une nature impulsive et risque-tout lui valant depuis sa petite enfance de perpétuelles mésaventures. Écolier il avait sauté du premier étage de son école et perdu, pour une semaine, l'usage de ses jambes parce qu'un condisciple lui avait lancé ''Eh, tu ne serais pas capable de sauter d'ici... Poltron va !''
Même motif, même punition quand il voulut montrer la qualité de son canif ! La cicatrice sur le pouce est toujours là.
Ces ''exploits'' avaient été nombreux durant son enfance, peut-être pour attirer l'attention d'un père ne montrant aucune affection ou d'une mère préférant son aîné.
2 jours avant que sa mère ne meurt il s'était cogné les côtes à l'angle du fourneau de terre ; à la suite de quoi sa mère lui avait hurlé qu'elle ne voulait plus le voir. C'était donc chez un proche qu'il avait appris son décès. Une fois rentré son frère lui imputa la responsabilité de cette disparition, ce qui entrainé en réponse une gifle suivi de critiques sévères.

La vie à trois s'installa, le frère qui apprend l'anglais mais présente un tempérament de nature féminine, et le père, inactif, lui serinant à la moindre occasion qu'il n'était qu'un raté.
Dans la maisonnée seule Kiyo, la servante, lui manifestait de l'affection, sans qu'il en comprit la raison.
La vie continua ainsi durant les cinq ou six années qui suivirent le décès de sa mère, jusqu'à la mort du père suite à une attaque d'apoplexie. Lui obtint son certificat d'étude et son frère ainé un diplôme de son école de commerce et un emploi dans une société de Kyûshû. Les biens familiaux furent vendus à un chineur, la maison à un homme fortuné, de l'argent dont l'aîné profita largement. Les frères se séparèrent, restai Kiyo à laquelle il ne restait qu'à demander asile chez son neveu, greffier dans un tribunal. Avant de partir pour Kyûshû son frère lui remit sa part, 600 yens, dont il pourrait profiter à sa guise, et 50 yens à donner à Kiyo.
N'ayant aucun but dans la vie c'est la vue d'une annonce pour recruter des étudiants pour l'École de physique qui l'incita à s'y inscrire. Durant trois ans il étudia et réussit à obtenir son diplôme. Une semaine plus tard le directeur le convoqua et lui proposa un poste de maître de mathématiques dans une école secondaire au Shikoku. Pourquoi ne pas accepter ? Avant de partir, et de quitter Tôkyô il rendit visite à son ancienne servante et lui parla de son projet, lui promettant de revenir aux prochaines vacances d'été.
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Le village qu'il découvre le déçoit. Le trajet jusqu'au collège l'obligea à prendra une barque, un train, puis un rickshaw. Malgré cela il arriva trop tard. Il s'installe dans l'auberge Yamashiroya. Il fait chaud mais la nourriture est bonne, c'est déjà ça !
Le lendemain il peut enfin rencontrer le directeur, celui-ci le fit penser à un blaireau avec ses moustaches clairsemées, son teint foncé et ses grands yeux. Il va lui falloir se présenter à chacun des autres professeur, chose qui le désole, et au sous-directeur, habillé d'une chemise rouge, censée être un remède pour le corps. Ses cours commenceront le surlendemain. Il profite de son temps libre pour découvrir la ville, et réaliser que le temps n'avait pas joué en sa faveur. À l'auberge il obtient une meilleure chambre et prend le temps d'écrire à Kiyo pour la rassurer.
La visite de son collègue prof de math, le ''Porc-Épic'', le surpris mais celui-ci le convainquit de la nécessité de changer de logement, il connaissait justement une pension qui l'accueillerait, s'il le recommandait. Finalement il jugea celui-ci moins désagréable qu'il l'avait cru, de plus c'était le plus populaire des professeurs.
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Botchan est près à commencer ses cours, à découvrir le monde de l'éducation, la province... et cela sera bien loin de la vie qui était la sienne dans la capitale. Un grand roman de Sôseki, un classique qu'il rédigeât après son séjour à Matsuyama. Le Japon change et s'ouvre au monde. Son héros est un homme du peuple alors que Kiyo vient d'une noblesse vaincue par le temps. Le narrateur n'est pas chez lui, il le sent, les autres en sont sûrs eux aussi.
Parviendra-t-il à trouver sa place dans un espace aussi étriqué ? Si vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez le savoir. Un remarquable, et instructif, roman que j'aurais peut-être manqué sans le mois Sôseki proposé par PatiVore.

