Le vent souffle dans la rue Babiluka, vous savez, cette bise glaciale venant du fond des steppes où paissent ces chevaux habitués du froid de Mongolie qui règne dans les rues d'Oulan Battor.
Sur la place du marché, déguisé comme à son habitude, Diabolik se promène, reconnaissant les lieux de son prochain forfait. Il le sait, au premier étage de l'immeuble qu'il observe vit Kurt Cobain, le vrai, qui après avoir simulé son suicide, en quête du vrai nirvana, s'éloigna de l'occident vénal et toxique pour trouver le chemin de l'illumination sans passer par la case coke, pire que la case prison et qui lui coûta, si souvent, plus de 20 000.
Déjà en Australie le célèbre criminel avait failli rejoindre Kurt, alors en visite chez des aborigènes installé au cœur du quartier russe, rue du vison pourpre, de la capitale économique de l'Australie. La cohue des Jeux Olympiques aidant l'ex-chanteur avait pu lui échapper, cette fois pareille mésaventure ne se reproduirait pas, son plan était parfait, sa cible était repérée, son petit appartement n'avait qu'une sortie, s'enfuir par les fenêtres était impossible, Diabolik les avait collé avec de la superglue, cyanolite néoprène, vendue en pack de 3 tubes au Continent de son quartier.
Une volée de marche, le bois grince sous ses pas, bien qu'il fit attention de poser ses pieds le long du mur. Enfin il atteint le palier, la serrure lui résiste, il met une demie heure avant de comprendre que la porte n'est pas fermée.
Il se glisse dans le logis, referme, écoute... Un ronflement vient de la chambre, il s'avance, risque un œil. Une forme humaine est allongée sur le lit, Diabolik s'approche, dans la main il tient un objet pointu que la pénombre nous interdit de distinguer clairement.
Il s'assied, réveille son hôte en lui maintenant la bouche fermée.
- Kurt, tu me le signe cet autographe ?
L'autre marmonne des mots incompréhensibles.
Diabolik relâche la pression de sa main gantée.
- Tu t'es gouré connard ! C'est moi, Elvis !

